Marc Simoncini : "La plus belle chance de ma vie a été de perdre tout mon argent" | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
Marc Simoncini.
Marc Simoncini.
©DR

Série de l'été : ces échecs qui mènent au succès

Marc Simoncini : "La plus belle chance de ma vie a été de perdre tout mon argent"

Pour lancer le site de rencontre Meetic, Marc Simoncini finance son projet par un emprunt gagé sur des actions issues de la vente de sa précédente affaire. Mais quand un matin la bourse s’effondre, il faut trouver une solution rapide pour sortir du cauchemar.

Marc Simoncini

Marc Simoncini

Informaticien et entrepreneur, Marc Simoncini est le fondateur et ancien propriétaire du site de rencontre Meetic. Depuis 2010, il dirige le fond Jaïna Capital qu'il a créé et finance de nombreux projets entrepreneuriaux. Marc Simoncini est également actionnaire minoritaire du site Atlantico.fr

Voir la bio »

J’avais développé à la fin des années 1990 une première société dans l’Internet, iFrance, que j’ai revendue à Vivendi. De cette somme, j’ai touché un premier tiers en cash, les deux autres en actions. J’avais tellement travaillé sur le développement de iFrance que je m’étais mis en tête de créer Meetic, mais d’en faire juste un petit business sympa en France "pour m’amuser". Je ne voulais pas bosser autant que sur la précédente boite, juste une petite affaire pour m’occuper. J’ai donc payé mes impôts sur ce que j’ai gagné avec le premier tiers et les banquiers m’ont conseillé de garder mes actions qui allaient grimper, j’ai donc emprunté pour financer le développement de Meetic, un emprunt gagé sur ces actions Vivendi.

Je suis parti d’un métier où je bossais 15 heures par jours à, un matin, un job où il ne se passait plus grand-chose. Je vivais cela très mal dans ma vie personnelle, j’avais un côté un peu dépressif même. Et puis, un beau jour, l’action Vivendi passe de 70€ à 8€ ! C’était un cataclysme je passais de quelqu’un "qui avait beaucoup" d’argent à quelqu’un "qui devait beaucoup d’argent" ! Deux jours plus tard, je reçois un courrier de la banque m’indiquant que j’avais seulement quelques jours pour lui rembourser ces millions d’euros : j’avais des dettes pour le restant de mes jours. La seule chance de me sortir de ce cauchemar, c’était d’arriver à développer une entreprise capable de rembourser les dettes que j’avais accumulées avec la chute de l’action.

"Meetic est passé d'un hobby à une planche de salut"

La plus belle chance de ma vie, ça été de perdre tout cet argent gagné. Je me suis remis à travailler énormément pour faire passer Meetic d’un petit site français à un leader européen. C’était ma seule chance, et puis finalement j’en ai fait le co-leader mondial. Meetic est passé d’un hobby que j’avais pour m’occuper à une planche de salut. Je n’aurais jamais travaillé comme j’ai travaillé si je n’avais pas tout perdu et Meetic n’en serait pas là aujourd’hui.

Le plus surprenant, c’est que j’avais négocié avec les banques, à l’époque, un contrat qui me garantissait le cours de l’action Vivendi. Si je l’avais signé je n’aurais rien perdu.. mais j’ai oublié de le signer ! Aujourd’hui, je suis convaincu que c’est un acte manqué et, qu’au fond de moi, je voulais "perdre" cet argent parce que je savais que cela me poserait des problèmes et m’obligerait à un moment à me bouger pour sortir du trou.

"Ne pas se retrouver un matin à compter les canards au bord du lac Léman"

Le conseil que je donne souvent à des entrepreneurs qui ont la chance de vendre leur boite, c’est qu’il faut toujours prévoir ce qu’il va se passer après. Il faut se trouver une activité tout de suite pour ne pas se retrouver un matin à compter les canards au bord du lac Léman. Tous les entrepreneurs qui vendent leur boite ne savent pas ce qu’ils vont faire. Ils bossent toute leur vie pour que ça marche et quand ils s’en séparent ils sont paniqués parce qu’ils ne savent pas quoi faire. Les gens qui sont de vrais entrepreneurs ne supportent pas l’oisiveté. Prévoyez-vous un après, même si ce n’est pas business, mais vous devez avoir une activité.

[RETOUR AU DOSSIER DE LA SÉRIE]

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !