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Madame Bovary : magistral André Salzet
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Madame Bovary : magistral André Salzet

Charles Chatelin pour Culture-Tops

Charles Chatelin pour Culture-Tops

Charles Chatelin est chroniqueur pour le site Culture-Tops.
 
Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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THEATRE

Madame Bovary

De Gustave Flaubert

Adaptation et mise en scène : André Salzet et Sylvie Blotnikas

Avec André Salzet

INFOS & RESERVATION

Théâtre du Lucernaire

53, rue Notre-Dame-des-Champs

75006 Paris

Tél. : 01 45 44 57 34

         http://www.lucernaire.fr

Jusqu’au 3 septembre.

RECOMMANDATION 

           EXCELLENT 

THEME

Gustave Flaubert fait un rêve, dans lequel un bourgeois mi-espiègle, mi-sérieux (André Salzet, seul en scène), s’invite à lui raconter le roman que lui, Flaubert, n’arrive pas à écrire, et sur lequel il s’acharne depuis presque cinq ans : “Madame Bovary”. Le pauvre Gustave ne s’y retrouve plus entre ses personnages, le couple Emma et Charles Bovary, Léon et Rodolphe, les amants de Madame, le funeste boutiquier Lheureux, sans compter une escouade de personnages secondaires… Mais voici que notre bourgeois lui déroule magistralement l’intrigue si bien qu’au réveil, l’écrivain tient son chef-d’œuvre !

POINTS FORTS

Epatant André Salzet ! Son adaptation de “Madame Bovary” est un régal : elle distille l’atmosphère du roman, ne gardant que l’essentiel (la pièce se joue en 80 minutes) sans jamais trahir le texte de Flaubert. La justesse des portraits, des situations, les pointes d’humour féroce, le tragique sous l’ironie, tout est là.

Salzet est un vrai conteur : le ton, le rythme, le geste qu’il adopte sur scène donnent matière aux personnages et aux actions ; on “voit” Emma mourir d’ennui à la table familiale, danser jusqu’au matin au bal de la Vaubyessard, défaillir lorsque le platonique (pas pour longtemps) Léon lui annonce son départ à Rouen, mentir à Charles qui ne voit rien, s’enflammer pour ce fat de Rodolphe, claquer la fortune de son mari chez Lheureux ou courir chez le pharmacien Homais avaler un flacon d’arsenic… 

L’acteur s’est fait une spécialité de ces adaptations au Théâtre, Maupassant, Vian, Kafka et d’autres. On se souvient avec bonheur du “Joueur d’échecs” de Zweig, qu’il avait joué au Lucernaire l’année dernière.

POINTS FAIBLES

Je n’en vois pas. Allons, un minuscule point de détail : je suis un peu gêné quand un acteur sur scène dialogue avec une voix offenregistrée (celle de Pierre Forest, qui est Flaubert s’adressant au personnage de son rêve), mais l’échange est bref, au début de la pièce et en conclusion, et je n’imagine pas par quel autre artifice on aurait pu expliquer le contexte de la pièce au spectateur…

EN DEUX MOTS

N’ayant pas, je l’avoue, relu le roman de Flaubert depuis des lustres, j’ai suivi d’un œil presque neuf, fasciné, la quête éperdue d’Emma, culbutée par des goujats tandis qu’elle croit atteindre l’acmé de l’amour romantique. Féminité pure dans un monde étriqué ou petite peste égoïste ? En tout cas, quel personnage ! Mais en fait, en matière de romantisme, le seul qui puisse s’en prévaloir de cœur n’est-il pas le naïf Charles Bovary, lui qui, absolument amoureux, finira par mourir de chagrin ? A en croire la tendresse attristée qu’il lui consacre, André Salzet le pense. On le suivra sur ce point.

UN EXTRAIT

« La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue. »

L’AUTEUR

On ne présente plus l’illustrissime Gustave Flaubert, maître prosateur des Lettres françaises, de “Salammbô” à “Bouvard et Pécuchet” en passant par “l’Education sentimentale”, entre autres… 

“Madame Bovary”, paru en 1857, lui valut un procès fameux pour atteinte aux bonnes mœurs dont il sortit acquitté. On a compris qu’André Salzet pose l’intrigue de son adaptation sur l’acharnement de l’écrivain à atteindre la perfection; Flaubert se corrigeait sans cesse, poussant l’épreuve jusqu’au “gueuloir”, la déclamation du texte pour en mieux déceler les imperfections. L’histoire d’Emma et de Charles, on l’a dit, lui prit ainsi cinq ans d’efforts.

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