Ludovic Huraux - Attractive World : "Ma pire erreur a été de sous-estimer la complexité technique de mon projet" | Atlantico.fr
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Ludovic Huraux.
Ludovic Huraux.
©Attractive World

Série de l'été : ces échecs qui mènent au succès

Ludovic Huraux - Attractive World : "Ma pire erreur a été de sous-estimer la complexité technique de mon projet"

A 24 ans, Ludovic Huraux lance Attractive World. Le principe : proposer aux membres de son site de rencontres d’accepter ou non les nouveaux entrants afin d'offrir une sélection de profils plus qualitative que ses concurrents. Très vite, le succès est au rendez-vous mais le manque de connaissances techniques pousse l'entrepreneur à faire des choix qui mettent progressivement en péril son entreprise.

Ludovic Huraux

Ludovic Huraux

Ludovic Huraux a fondé le site de rencontre Attractive World en 2007, depuis il dirige aussi la start-up Shapr et vit entre Paris et New-York.

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Quand nous avons lancé Attractive World en 2007, j’avais 24 ans et assez peu de moyens. Je croyais vraiment à mon projet par rapport aux marchés que couvraient des concurrents comme Meetic. Ayant une bonne idée mais aucune connaissance technique, j’ai donc fait faire un premier site par des étudiants. C’était assez dramatique car il bugguait en permanence, les pages mettaient 15 secondes à charger… Néanmoins, les utilisateurs affluaient au fil des mois et la nécessité de développer un deuxième site plus efficace s’imposait. N’ayant fait qu’une petite levée de fonds, j’ai alors décidé de faire faire le site en Tunisie, car je n’avais toujours pas d’associé au niveau technique. Je crois que c’est la pire erreur que j’ai faite sur Attractive World, sous-estimer la complexité technique de mon projet.

Nous signons un contrat en mai 2008, il devait être prêt en septembre, mais fin décembre il n’y avait toujours rien ! Les gars là-bas me disaient qu’ils bossaient, mais je ne voyais pas l’once d’un résultat. Je décide donc, juste après Noël de me rendre sur place. Nous étions vraiment proches du dépôt de bilan car les actionnaires s’impatientaient, il fallait mettre en place rapidement le nouveau site pour passer au modèle payant et dégager un chiffre d’affaire. C’est ainsi que je me retrouve le soir du réveillon du jour de l’an, avec ces développeurs tunisiens qui me parlaient avec leur jargon technique auquel je ne comprenais rien ! Je ne voyais pas comment m’en sortir.

"J’étais dans tous mes états, moralement c’était vraiment dur"

Début 2009, on réussi enfin à sortir le site. Mais la technologie était tellement mal maitrisée que pour effectuer la bascule des comptes entre le premier et le second site, on a dû fermer le site pendant trois semaines ! Après ce premier épisode, j’étais dans tous mes états, moralement c’était vraiment dur. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de la nécessité de m’entourer à la fois d’un expert en marketing mais surtout d’un expert technique. J’ai pu recruter, grâce à une levée de fonds suffisante, deux professionnels dans leur domaine. Je dois dire qu’ils m’ont sauvé la mise. C’est seulement après cela que l’on a pu mettre en place notre modèle payant, générer un chiffre d’affaires et ainsi développer l’aventure et le succès que l’on connait aujourd’hui.

Au délà d’une idée ou d’un marché, réunir une équipe avec des complémentarités fortes en terme de compétences, c’est essentiel. Souvent, les jeunes entrepreneurs sous-estiment ce besoin : il ne suffit pas de faire la même école de commerce et de bien s’entendre. Il faut prendre le temps d’analyser l’idée, ne pas se jeter la tête la première sur le développement de son projet. Plus qu’en 2007, la compétition s’est aujourd’hui clairement renforcée et la technologie s’est complexifiée. Il y a de belles histoires de start-up qui commencent au fond d’un garage et qui finissent valorisées à plusieurs millions de dollars. Mais n’oublions pas que la réalité pour la majorité des entrepreneurs c’est surtout de la complexité technique et beaucoup de temps à trouver les bons collaborateurs.

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