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Les robots, c’est maintenant : petit guide de tous ceux que vous utilisez au quotidien sans vous en douter
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Ils sont partout

Les robots, c’est maintenant : petit guide de tous ceux que vous utilisez au quotidien sans vous en douter

Des stores automatisés à l'iPhone, nous vivons entourés de robots, sans nécessairement nous en rendre compte. Pourtant, le mot robot reste associé à la figure de l'humanoïde de fer, de mécanique et d'acier créé par l'Homme et qui l'anéantira.

Ronan MacDubhghail

Ronan MacDubhghail

Rónán MacDubhghaill est en thèse en sociologie au CEAQ Sorbonne, Université Paris V, en co-tutelle avec l’Université de Londres. Ses recherches portent sur la mémoire collective, les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, et la violence. Il est publié dans Le Monde Diplomatique, Les Cahiers Européens de l’imaginaire, Excursions, et Cacao, une revue bilingue qu’il dirige

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Atlantico : Le robot est perçu dans l'imaginaire collectif comme un humain de mécanique et d'acier. Pourtant, nous vivons aujourd'hui dans un monde relativement robotisé. D'où vient cette perception que nous pouvons en avoir ? Finalement qu'est-ce qu'un robot ?

Ronan MacDubhghail : La définition d’un robot c’est une machine capable de faire des opérations (plus ou moins) complexes, contrôlé  par un ordinateur ou non. Du coup, on voit toute de suite que oui, bien sur, notre monde est relativement robotisé. Et de plus en plus. C’est drôle de penser qu’un distributeur d’argent peut être défini comme un robot. Il y a des applications plus classique, comme dans les usines, ou bien des jouets, ou des robots sont de plus en plus populaire - rappelez vous  Furby ou les nouveaux jouets de Lego. Il y a des autres robots qui peuvent faire le ménage, et au Japon ils viennent de produire un costume ‘robotisé’ pour aider aux personnes âgées à se déplacer. Juste quelques exemples.

Portant, c’est vrai que la figure du robot a souvent un visage plus ou moins humain. Je pense aux sagas Terminator, la trilogie Matrix, ou bien I-Robot. Pour moi, cette image est liée intimement avec notre culture judéo-chrétienne, où nous sommes nous mêmes des créations d’un autre ‘être’, l’être suprême, dieu. Il me semblait que le golem de Prague est un récit assez archétypal.

Pourtant, en dépit du fait que nous les côtoyons quotidiennement, les robots restent dans la plupart des cas une représentation dangereuse. La science-fiction en fait régulièrement l'ennemi mortel qui éliminera la race humaine. Ce problème ne vient-il pas du fait que le mot robot est mal employé ? Si nous parvenions à nous défaire du sens attaché à ce mot, ne parviendrions-nous pas à avancer dans la recherche ?

Je ne pense pas que c’est une question de mots, mais plutôt une question de l’imaginaire, comme je viens d’aborder. Dans la série Battlestar Galactica (la nouvelle série...) cette même question est abordée. Le problème est plutôt pour nous, que le vrai danger (perçu ou représente, au moins) est une que l’on refait l’espèce humaine grandeur nature. De Frankenstein au Terminator, cela finissait rarement bien, et souvent très mal. Finalement, l’essence du robot est celle qu’on lui donne, comme dieu à donné à Adam - et c’est là la vrai menace.

L'internet des objets est en pleine expansion, et donne toujours un peu plus d'autonomie aux machines auprès desquelles nous vivons tous les jours. Ne s'agit-il pas d'une avancée vers le robot tel qu'il est décrit par Asimov ? Qu'est-ce que cela représenterait réellement pour notre société ?

Les lois des robots comme décrit par Asimov concernent des robots capables d’actions et de décisions autonomes, presque conscients. Heureusement ou malheureusement, on n’en est pas encore là avec notre univers robotique. Pour nos sociétés, les robots restent plutôt des objets utiles et technologiques que des êtres conscients. Il s’agit plutôt donc d’un mode d’utilisation plus capable de profiter des possibilités dans chaque domaine, une éthique technologique. Avant d’être concerné par la possibilité de créer des autres formes de conscience, il faudrait qu’on comprenne le nôtre…

Pour autant, selon Ray Kurzweil, les ordinateurs pourraient être plus intelligents que les Hommes d'ici 15 ans… dans quelle mesure cette crainte du robot est-elle justifiée ? 

Je me demande quels sont les critères d’intelligence selon Ray Kurzweil ? L’intelligence émotionnelle, artistique, relationnelle ou une capacité de faire des calculs ? Et pourquoi cela évoque nécessairement une crainte - est-il impossible pour l’intelligence humaine de coexister avec des autres formes d’intelligence ? Avant d’inventer des nouvelles formes de peurs, il faudrait comprendre la racine de cette peur dans l’imaginaire collective. Et c’est intéressant de voire que - comme je disais - ceci est une peur bien occidentale, qui prend ses racines dans notre culture judéo-chrétienne. Chez les Japonais, par exemple, les représentations des robots sont des thématiques populaires des mangas et ne sont pas nécessairement une forme de menace, mais souvent le contraire.  

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