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Les espoirs de l’immunologie
©HERWIG VERGULT / BELGA / AFP

Défenses

Les espoirs de l’immunologie

De l’immunité innée et acquise, une des deux, au moins, peut être améliorable. Ce sont les espoirs de l’immunologie. Dernier article d'une série en trois parties consacrée à l'immunité.

Béatrice  de Reynal

Béatrice de Reynal

Béatrice de Reynal est nutritionniste Très gourmande, elle ne jette l'opprobre sur aucun aliment et tente de faire partager ses idées de nutrition inspirante. Elle est par ailleurs l'auteur du blog "MiamMiam".

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A (re)lire, les deux premiers articles de la série :
Partie 1 : Comment notre alimentation peut agir sur notre immunité
Partie 2 : La peau, pièce maîtresse de notre immunité

Nous ne sommes pas tous égaux devant l’immunité. Certains sont forts et polyvalents, d’autres faibles voir déficients. Le rêve de la médecine est d’apporter secours aux plus faibles, celui de l’humaniste est d’apporte une justice immunitaire. Or, de l’immunité innée et acquise, une des deux, au moins, peut être améliorable. Ce sont les espoirs de l’immunologie.

Immunologie génétique

On le sait : à parents forts ou faibles, enfants plus ou moins forts ou faibles. Mais ce n’est pas tout. L’immunité peut aussi se transmettre par épigénétique : c’est l’empreinte que laisse un évènement nutritionnel ou médical sur le génome de l’individu. Les gènes ne sont pas modifiés, mais l’utilisation qui en sera faite pourra l’être. Ainsi, le parent qui a traversé une vie avec des « rencontres immunitaires » peut les transmettre par épigénétique à sa progéniture. Force ou faiblesse, d’ailleurs. Ainsi, on sait maintenant que les sujets fortement éprouvés par les camps de concentration ont impacté leur descendance post camp par épigénétique, et ceci sur au moins 2 générations (enfant et petit enfant). Des sujets qui auraient eu à combattre et à gagner une maladie infectieuse se dotent alors d’une immunité acquise qui pourrait se transmettre par épigénétique.

Connaissant ce phénomène, peut être pourrons nous, un jour, faire acquérir par des vaccins des compétences immunitaires à des individus, en faisant en sorte qu’elles puissent se transmettre ensuite.

Les vaccins et les vagues de virus

Les grandes pandémies qui furent pour certaines extrêmement cruelles, on induit des avancées médicales qui ont permis de produire des vaccins. Vacciner à très grande échelle des populations permet de réduire la propagation des virus en question, et conduire à sa disparition. C’est ce qui est survenu à certains virus comme la variole.

La petite vérole ou variole a tué des dizaine de milliers de gens chaque année en Europe. Grâce à un vaccin et à une stratégie de surveillance et de confinement dès les années 58, elle a été totalement éradiquée dans les années 1980 suite à un programme de vaccination mondiale de l’OMS.

L’épidémie de rougeole de 2008 à 2014 avec plus de 23 000 cas repérés en France qui ont provoqué des encéphalites (infection du cerveau) et des décès est la preuve que la couverture vaccinale pour cette maladie était devenue insuffisante. Trop de Français sont devenus « anti-vaccin », persuadés par des militants ignorants que les vaccins seraient dangereux ou qu’ils n’ont d’autres buts que d’engraisser les laboratoires pharmaceutiques, les médecins et l’état.

Une concertation citoyenne en 2016 a permis d’élargir l’obligation vaccinale des enfants de moins de 2 ans à 8 vaccins supplémentaires en plus de DT Polio (diphtérie, tétanos et poliomyélite) : coqueluche, hépatite B, Méningocoque, Haemophilus influenzae B, pneumocoque, rougeole, oreillons et rubéole.

Compétences vaccinales

Ce qui est intéressant, c’est qu’un vaccin pour un virus donné pourrait permettre d’élargie les compétence du sujet vacciné contre des virus de même famille. Ainsi, on sait que ce sont des coronavirus qui provoquent les épidémies de « gastro » fréquentes au printemps et à l’automne chaque année. Avoir dominé une gastro récemment pourrait donner plus de compétences pour lutter contre d’autres virus de même famille. Ceci reste à démontrer dans le cas de la Covid-19, mais ce phénomène a déjà été démontré sur d’autres familles virales.

Devenir fort

On le sait maintenant avec certitude : la « mode » des conseils de nutrition pédiatrique des années 80 recommandant aux parents de tout stériliser, les biberons, les tétines, choisir une eau en bouteille, se désinfecter les bouts de sein avant chaque tétée… toutes ces précautions ont induit des sujets moins compétents immunitairement que leurs ainés. Moins compétents mais aussi bien plus allergiques.

Sans mettre le bébé dans le tas de sable dans l’idée qu’il mange le sable et toutes les crottes qui peuvent y trainer, il est recommandé aujourd’hui de laisser le bébé acquérir ses flores : intestinales, buccales, épidermiques. On se lave, oui, mais sans détergents, sans alcool, sans bactéricides, jamais.

On donne de l’eau du robinet si celle-ci est sans nitrate, et on ne stérilise plus aucune vaisselle ni biberon. On lave et on fait bien sécher avant réutilisation.

On ne donne pas autre chose que du lait avant 4 mois (légume, fruit), mais on commence impérativement la diversification avant 9 mois.

Entre immunité et allergie, les processus sont les mêmes : ce sont des compétences immunitaires trop fortes ou trop faibles qui feront tous les symptômes et le risque pour la santé est, dans les deux cas, augmenté.

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