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Législatives : petit état des lieux financier chez les partis après la vague dégagiste
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Législatives : petit état des lieux financier chez les partis après la vague dégagiste

En plus d'une défaite totale pour le Parti Socialiste, ces élections législatives risquent de taper très fortement sur les finances du parti.

Jean-Pierre Schmidt

Jean-Pierre Schmidt

Jean-Pierre Schmidt est expert en financements et en investitures au sein des partis politiques. 

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Atlantico : Dans la perspective des législatives, certains partis, comme le PS, semblent en très mauvaise posture. Quelles peuvent être les conséquences financières pour les partis de cette élection ? Quels sont ceux qui ont le plus à perdre ? 

Jean-Pierre Schmidt : Celui qui a le plus à perdre c’est le parti socialiste du fait de son résultat aux élections législatives de 2012. Puisque la dotation de l’état concernant ce parti avoisinait les 30 millions d’euros. Il se trouve que vous avez deux tranches, la première qui est calculé sur le nombre de voix obtenues par les formations politiques lors du premier tour de l’élection législative.

Au niveau de l’Assemblée Nationale on peut penser que le PS qui a 285 parlementaires va pouvoir passer à un groupe de 30 ou 5 parlementaires et va donc avoir une décote de 245 à 250 parlementaires. Il faut savoir qu’un parlementaire rapporte en moyenne autour de 37 000 euros par an. Donc au niveau de l’Assemblée Nationale pour le PS c’est à peu prés 9 millions d’euros de moins. 

Probablement qu’Emmanuel Macron va chercher à faire également un groupe au Sénat. Donc peut être qu’au Sénat le PS perdra la moitié de ses sénateurs. De nouveau on retire 3 ou 4 millions d’euros. Cela a veut dire que sur leurs 30 millions de départ il y en a déjà 15 de perdus. 

Ensuite vous avez la première tranche, c’est  le nombre de voix obtenu au premier tour de l’élection législative. Or non seulement le PS va sortir très affaiblit par rapport à 2012 mais de surcroit cette fois ci vous avez un certain nombre de circonscriptions ou le Parti Socialiste ne présentera pas de candidats. Car leur candidat est passé En Marche au dernier moment et ils n’ont mis personne en face, ou il ‘agit d’un candidat vert.  

La dotation de l’état en nombre de voix est autour de 1.40 euros par voix obtenues. Mais si jamais le PS divise par trois ou quatre le nombre de voix qu’ils avaient obtenus la dernière fois, cela veut dire qu’ils vont probablement se retrouver avec une dotation de 2.8 millions. Alors que la dernière fois ils avaient obtenu 30% de 27 millions. Cela veut donc dire qu’on était autour de 10 millions d’euros. Il n’est pas impossible que le PS passe d’une dotation de 30millions à 5millions. 

A tout cela s’ajoute un nouvel élément : Les principaux élus du PS payaient des cotisations au parti qui étaient comprises entre 5000 et 7500 euros par an. Donc si vous avez 300 personnes de moins qui payent cette somme, cela fait encore 1.5 à 2 millions de perdu. La même chose pour les autres formations politiques mais de façon atténuée. Car si l’on prend l’exemple des Républicains. Il y aura une décote mais elle sera nettement plus faible que celle du parti socialiste. 

Le parti socialiste serait sur le point de procéder à des licenciements pour réaliser des économies sur son fonctionnement. Quelles conséquences pour les partis concernés ? En quoi cette privation de ressources peut elle avoir des effets bien plus concrets que l'absence d'une forte représentation à l'Assemblée ? 

Un parti politique en fonction de la dotation financière dont il dispose peut ensuite redistribuer dans ses départements une partie des sommes pour faire fonctionner les fédérations. Il n’est pas impossible que les moyens que le PS alloue à ses fédérations dans les départements diminuent. Cela veut dire une dotation moins forte pour pouvoir faire des tracts dans certains départements.

Par exemple peut être que des départements verront leurs salariés dans certaines fédérations diminuer. Ils auront moins de moyens pour fonctionner au niveau local (loyers…). Cela signifie aussi une perte pour la démocratie au niveau local. Car un parti politique qui n’a pas de permanence dans un département est sans conteste moins proche de ses élus.  

Face à cette pénurie annoncée, quels sont les moyens de réaction des partis ? Quelles sont les moyens de retrouver des ressources ?

Le moyen principal c’est l’appel aux dons. C’est d’ailleurs ce qu’avaient fait les Républicains (UMP) lorsqu’il y a eu le problème des comptes de campagnes de Nicolas Sarkozy. Ils s’étaient retrouvés en danger et avaient lancé un appel aux adhérents et plus largement aux français. En quelques semaines ils ont récolté 8 millions d’euros, donc c’est un moyen plutôt efficace. 

Un autre moyen serait le fait de repartir sur le terrain pour faire adhérer de nouvelles personnes. Si adhérer au parti En Marche ! est gratuit, l’adhésion d’u individus pour les autres formations politiques peut être entre 20 et 100 euros. Mais cela ne remplace pas u députés perdu. 

 

 

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