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Le stress est-il en cause dans l’apparition et le développement d’un cancer ?
©Reuters

Bonnes feuilles

Le stress est-il en cause dans l’apparition et le développement d’un cancer ?

Comprendre le stress, savoir d'où il vient, comment il agit, comment le gérer au mieux par de saines habitudes alimentaires, une vie intellectuelle, affective et intérieure apaisée, voici ce que propose le professeur Joyeux, pour qui la lutte contre le stress est l'un des premiers remèdes contre le cancer.

Henri Joyeux

Henri Joyeux

Le Professeur Henri Joyeux est professeur de cancérologie et de chirurgie digestive à la Faculté de Médecine de Montpellier, et chirurgien des Hôpitaux et de l’Institut du Cancer de Montpellier. Il est également Président de “ Familles de France ”.

 

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D’une manière générale, médecins cancérologues et psychologues ne mettent pas en cause le stress dans l’apparition et le développement d’un cancer. Pourtant, les patients ne partagent souvent pas le même point de vue. La plupart des patientes atteintes d’un cancer du sein, en particulier, trouvent, dans les mois ou années précédant le diagnostic, un ou des événements psychologiques qui les ont marquées négativement et auxquels elles attribuent la cause de leur maladie. Bien que l’incidence n’ait cessé d’augmenter, les statisticiens ont observé un début de diminution – moins 7 à 10 % (plus encore aux États-Unis) – suite à l’arrêt brutal des traitements hormonaux de la ménopause (réduction de 62 % du THM ou THS) entre 2000 et 2006. Cela prouve bien l’hormono-dépendance de ce cancer que l’on peut fabriquer en trois à cinq ans après la ménopause avec un traitement hormonal dit de substitution.

Prescrit d’abord et poussé avec grand renfort de publicités dans les magazines féminins par les laboratoires pharmaceutiques pour des soi-disant raisons de santé (rajeunissement, prévention des cancers…) puis de confort, le THS est désormais contre-indiqué, sauf pendant un temps très court (quelques mois). Aujourd’hui, les laboratoires tentent de nouveau de le proposer, en occultant ses effets cancérigènes. Nul doute que nous verrons réapparaître ces effets nocifs, et que le stress ne sera pas directement en cause, sauf pour justifier les traitements substitutifs. Les fabricants de THS prennent des conseils auprès de publicitaires pour médicaliser les émotions, en transformant une période délicate de la vie, la ménopause, en une authentique maladie. Et les abus thérapeutiques suivent… Les démonstrations scientifiques indiscutables prouvant la relation entre stress et cancers manquent. En 2010, nous constations ceci :

Le traumatisme psychologique ou le stress(11) à lui seul n’a rien à voir avec les causes de cancer du sein, sauf s’il est responsable d’un retard de diagnostic, d’une prise de médicaments à action indirectement hormonale (antidépresseurs, anxiolytiques, hypnotiques…), d’un refus de traitement ou d’une interruption de traitement(s)(12)

Près de sept ans après cette publication, les données scientifiques sont en cours de changement. Depuis près de quinze ans la psychologie a pris une grande place en cancérologie, et ceci à tous les stades de la maladie (13). Les psychologues cliniciens sont désormais présents dans toutes les structures de soin, où ils apportent leur regard et leur compétence au service des malades. Et les malades les réclament de plus en plus. Les femmes et les hommes atteints veulent à tout prix éviter une récidive qui aggrave considérablement le pronostic, sauf à un âge très avancé. Or, il est déjà établi que les stress mal gérés augmentent les risques de récidives après une première atteinte cancéreuse.

On comprend alors pourquoi certains médecins n’hésitent pas à proposer à leurs patients des séances de psychothérapie individuelle ou en groupe, des séances d’hypnose ou de silence intérieur (14). En général, les stress s’associent à la prévention chez les femmes ou les hommes dits « à risques », c’est-à-dire porteurs d’un des deux gènes BRCA1 ou BRCA2 des cancers qui peuvent atteindre les seins, les ovaires, la prostate. Ces lésions bénignes ou suspectes, dites dysplasiques, mises en évidence dans un sein ou dans la prostate, risquent de dégénérer, c’est-à-dire de se transformer en authentique cancer. Les inquiétudes sont les mêmes face à de petites anomalies pulmonaires, rénales ou ganglionnaires, gastriques ou coliques, qui font craindre des cancers débutants…

11. Qui n’a pas, dans les cinq années précédant telle ou telle période de sa vie, subi un choc psychologique : perte d’un être cher, trouble professionnel ou familial, accident de toute nature ? Aujourd’hui, on voit apparaître en cancérologie le « tout psychologique ». Cette dérive très « tendance » plus ou moins consciente est souvent entretenue par des psychologues désinformés par des cancérologues trop accros des médias. C’est une magnifique orientation qui permet de ne pas voir les véritables causes et de trouver le « bouc émissaire » au fond de l’être du malade ou dans sa famille.

12. H. Joyeux, B. Arnal, Comment enrayer l’épidémie des cancers du sein et des récidives, op. cit.

13. A. J. Cunningham, K. Watson, « How psychological therapy may prolong survival in cancer patients : new evidence and a simple theory », Integrative Cancer Therapies, vol. 3, n° 3, 2004.

14. T. Jansen est le plus sérieux en ce domaine avec La solution intérieure (Fayard, 2007) et La maladie a-t-elle un sens ? (Fayard, 2008). Voir aussi G. Corneau dans son livre Revivre ! (L’Homme, 2011).

Extrait de Lutter contre le stress, un remède anti-cancer, éditer aux éditions du Rocher

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