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Le coup de coeur de la semaine : "Le dernier vice-roi des Indes" : du grand cinéma, merci !
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Le coup de coeur de la semaine : "Le dernier vice-roi des Indes" : du grand cinéma, merci !

Le dernier film de Gurinder Chadha, c'est le retour (nostalgique?) aux grandes super-productions comme "Lawrence d'Arabie" ou "Gandhi", reflets magnifiques des civilisations et de leur évolution. C'est vraiment grandiose.

Gilles Tourman pour Culture-Tops

Gilles Tourman pour Culture-Tops

Gilles Tourman est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA
LE DERNIER VICE-ROI DES INDES 

Grande-Bretagne/Inde. Couleur. Fresque historique de Gurinder Chadha. Avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Manish Dayal, Huma Qureshi, Lily Travers, Jaz Deol, Om Puri, Michaël Gambon, Neeraj Kabi, Denzil Smith, Simon Callow, David Hayman.

RECOMMANDATION

EN PRIORITE

THEME

1947, New Dehli : accompagné de sa femme Edwina et de sa fille Pamela, Lord Mountbatten débarque pour négocier l’indépendance du joyau de l’Empire britannique : les Indes. Simultanément, Aalia Noor, musulmane, est engagée pour accompagner Pamela et Jeet Kumar, hindou, recruté comme aide-valet du Lord. Un jour, les deux jeunes gens se croisent dans les jardins du Palais. Stupeur ! Jadis, alors qu’il était policier, Jeet a aidé le père d’Aalia, emprisonné après avoir manifesté en faveur de l’indépendance. Tandis que Lord Mountbatten reçoit les diplomates anglais représentant les provinces, Nehru le Congrès Hindou, Jinnah la Ligue Musulmane et le Mahatma Gandhi… Jeet tente de convaincre Aalia de l’épouser. Mais son père l’a promise à Asif.

POINTS FORTS

- Voilà longtemps que l’on n’avait pas eu le bonheur d’assister à un tel spectacle ! Grandiose dès le premier plan, ample et délié dans sa mise en image, lumineux dans ses couleurs et maîtrisé comme rarement dans son Art d’entremêler en parfait équilibre - et sans jamais nous égarer - la petite histoire (celle du couple Mountbatten et, en miroir, de celui formé par Jeet et Aalia) à la grande : l’Indépendance de l’Inde.

- La reconstitution des décors est tout juste magnifique et le rythme prenant de bout en bout.

- Outre d’être solide et palpitante jusque dans ses détails, la narration historique ménage un rebondissement final sidérant qui nous en apprend encore un peu plus sur les capacités de réalisme ou de perfidie de l’Angleterre (chacun choisira) en matière de défense de ses intérêts.

- Parmi les comédiens, tous impeccables, on accordera une mention plus particulière à la quasi méconnaissable Gillian Anderson qui, avec une subtilité de jeu confondante, rend un hommage aussi touchant que juste à l’intelligence de cœur de Lady Mountbatten, du moins tel que l’ont relatée les témoins de l’époque, tous camps confondus.

POINTS FAIBLES

Les esprits chagrins regretteront sans doute qu’on n’y parle que la langue de Shakespeare. Reconnaissons la légitimité d’une telle remarque. D’aucun pourront encore sourire au happy end final. Pour sa défense, nous recommandons de lire avec attention le poignant générique de fin qui, au détour d’une photo de la grand-mère de la réalisatrice et de son parcours miraculeux, nous permet de considérer cette conclusion romanesque comme un hommage aux prodiges de la vie.

EN DEUX MOTS

On estime à environ 14 millions les personnes déplacées au cours de la Partition et à un million celles d’entre elles qui ont trouvé la mort. Les conséquences dramatiques de ce temps fort de l'Histoire continuent d’influer sur notre époque. Par ailleurs, si la réalisatrice s’est appuyée sur de nombreux ouvrages, on ne saurait trop recommander de (re)découvrir le superbe et très complet livre de Lapierre et Collins : “Cette nuit, la liberté”.

Rappelons enfin que Lord Mountbatten a été assassiné  le 27 août 1979 des suites de l’explosion d’une bombe posée dans son bateau, le Shadow V, par l’IRA provisoire, mettant un terme tragique à l’existence du dernier survivant des protagonistes historiques vus dans ce film.

UN EXTRAIT

“La Liberté approche. Mieux vaut être proche du Pouvoir et l’observer que l’affronter. Sinon, comment le remplacer ?” Gupta à Jeet. 

LA REALISATRICE

Née à Nairobi le 10 janvier 1960, soit treize ans après la division de l’Inde en deux nations, et ayant grandi à Londres, la scénariste et réalisatrice Gurinder Chadha débute comme journaliste pour la BBC puis réalise des documentaires primés pour le British Film Institute, la BBC et Channel Four. En 1995, elle réalise pour la BBC, Rich Deceiver, un drame qui réunit 11 millions de téléspectateurs. 

En 1997, sort son premier long métrage : Une balade à Blackpool, qui raconte l’excursion d’un groupe de femmes asiatiques à Blackpool. Ce film décroche plusieurs prix dont une nomination au Bafta Award et à l’Evening Standard British Film Award du meilleur premier film. 

What’s Cooking ?, son deuxième long, fait l’ouverture du festival de Sundance 2000, est le premier scénario anglais à participer au Writer’s Lab du Sundance Institute et obtient le prix des New York Film Critics. 

En 2002, le délicieux Joue-la comme Beckham, véritable triomphe public et critique, est le film anglais le plus lucratif du box-office britannique et caracole en tête des classements américain, australien, néozélandais, suisse et sud-africain, remportant même le prix du public aux festivals de Locarno, Sydney et Toronto. 

S’ensuivent Coup de foudre à Bollywood (2004), premier film à s’inscrire en tête du box-office au Royaume-Uni et en Inde le même jour, Le journal intime de Georgia Nicholson(2008), It’s a wonderful After-Life (2010).    Entretemps, Gurinder Chadha reçoit plusieurs doctorats honoris causa d’universités anglaises et est faite officier de l’Empire britannique (2006). 

Parallèlement à ses activités, sa société, Bend It Networks,produit du contenu pour le cinéma, la télévision, la scène et les nouveaux médias, notamment pour Sky Atlantic, BBC Drama et BBC History.

 

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