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Représentation d'anciens soldats de l'armée grecque.
Représentation d'anciens soldats de l'armée grecque.
©DR

A la force des baïonnettes

La Grèce, l’Europe et la question qui tue : sommes-nous prêts à payer le même prix que les États-Unis pour assurer l’unification du continent ?

La Grèce n'en finit pas de concentrer les regards et les inquiétudes, tant du côté de ses créanciers que des institutions européennes. Fragilisée de toutes parts, l'Europe doit faire des choix clairs. Reste à savoir à quels sacrifices ceux qui la composent sont prêts à consentir.

Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue

Alexandre Delaigue est professeur d'économie à l'université de Lille. Il est le co-auteur avec Stéphane Ménia des livres Nos phobies économiques et Sexe, drogue... et économie : pas de sujet tabou pour les économistes (parus chez Pearson). Son site : econoclaste.net

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Gérard-François Dumont

Gérard-François Dumont

Gérard-François Dumont est géographe, économiste et démographe, professeur à l'université à Paris IV-Sorbonne, président de la revue Population & Avenir, auteur notamment de Populations et Territoires de France en 2030 (L’Harmattan), et de Géopolitique de l’Europe (Armand Colin).

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  • Malgré l'optimisme affiché par toutes les parties en présence lors des négociations autour de la Grèce ce weekend, le pays reste dans une situation extrêmement précaire.
  • Le gouvernement d'Alexis Tsipras a fixé des "lignes rouges" qui n'emportent pas l'adhésion de ses créanciers, et régulièrement l'Etat se retrouve sur le point de ne plus être en capacité de payer les fonctionnaires.
  • Le spectre d'une sortie de l'euro et d'un effet domino n'est pas exclu.
  • Le cas grec place l'Europe à la croisée des chemins : celle-ci sortir de l'indécision et du marasme qui la caractérisent actuellement.
  • L'idéal d'une Europe fédérale sur un modèle américain n'a jamais été aussi éloigné.
  • L'unification des Etats-Unis d'Amérique s'est faite au prix de grandes violenceS, les Etats du nord ayant imposé à ceux du sud la marche à suivre.

Atlantico : L'espoir longtemps caressé par certains de voir les Etats-Unis d'Europe émerger est-il désormais d'un autre temps ? Pourquoi est-il illusoire d'arriver à un modèle à l'américaine ?

Gérard-François Dumont : Effectivement, dès le 21 août 1849, Victor Hugo, à l'occasion du Congrès international de la paix de Paris, plaide pour des « États-Unis d'Europe ». Mais les conditions d’une telle création ne se sont pas trouvées réunies. En outre, au moins depuis 1945, cet intitulé semble illusoire car la création des Etats-Unis d’Amérique est un cheminement spécifique. Elle s’est construite sur une guerre d’indépendance contre la colonisation britannique ainsi que sur la constitution d'une armée ayant la fonction de parvenir à l’indépendance, puis de la garantir. Au XVIIIe siècle, dans le cadre des premières terres nord-américaines participant à cette lutte d’indépendance, les futurs Etats-Unis d’Amérique ont d’abord établi une politique de défense et étrangère commune.

Lire également : Comment la gestion de la crise grecque a renvoyé les Grecs pauvres à leur situation des années 1980

Quant à la logique fédérale états-unienne, elle est encore plus originelle, inspirée du pacte du Mayflower des pères pèlerins de 1620 qui édictait les règles de leur vie en commun et les principes de leur futur établissement en terre inconnue. Jetant les bases d'une démocratie locale, ce pacte continue à inspirer le fédéralisme étatsunien, avec des pouvoirs importants des États fédérés sans recherche systématique d’homogénéisation.

Aujourd’hui, la création éventuelle d’Etats-Unis d’Europe se trouve dans un contexte fondamentalement différent au moins à deux plans. D’une part, les pays européens n’assurent guère leur indépendance puisqu’ils continuent à se placer sous la protection du parapluie militaire américain. En dépit du retrait de nombreuses troupes américaines de l’Europe ces dernières décennies, cette protection leur est plus que jamais nécessaire puisque les pays européens ont, ces dernières années, considérablement réduit leur budget de défense, auparavant déjà insuffisant. D’autre part, contrairement au fédéralisme étatsunien qui ne suppose pas l’homogénéisation systématique de toutes les réglementations, dans l’Union européenne, l’homogénéisation semble la règle ou un objectif. C’est déjà le cas en matière de TVA et les textes des autorités européennes ou de nombreux discours politiques plaident pour une homogénéisation étendue à tous les autres impôts, car ceci serait soi-disant profitable au développement économique. Pourtant, aux Etats-Unis, il existe près d’une centaine de régimes d'équivalent TVA selon les cinquante Etats fédérés et cela n’y est nullement un obstacle à la compétitivité. Dans l’Union européenne, on se refuse à considérer que l’émulation fiscale peut être un levier favorable à la croissance économique, alors que les cantons suisses voisins semblent en apporter la preuve.

Alexandre Delaigue : La construction européenne est un processus très particulier, de dépassement des Etats-nations par la fédéralisation successive de nouvelles prérogatives. C'est un processus qui se bâtit par la crise : chaque nouvelle crise a pour issue "plus d'Europe". La crise grecque ne fait pas exception. Le problème est qu'elle mêle des aspects variés. D'un côté, le gouvernement grec a raison de déplorer le sort qui lui est réservé, l'austérité budgétaire excessive qui est imposée par les autres pays. Un excédent primaire (excédent public hors charge de la dette) de 4.5% du PIB comme le prévoit l'accord actuel, c'est intenable économiquement. Dans le même temps, il y avait des possibilités pour trouver un arrangement, rendues impossibles par le fait que le gouvernement grec a cherché à récupérer un degré d'indépendance intenable dans l'union européenne, et que ce faisant, il s'est aliéné tous les autres gouvernements européens. Dans ces conditions, tout devient possible, y compris une sortie de la Grèce de l'euro.

Les Etats-Unis d'Amérique sont passés par des épisodes particulièrement douloureux pour en arriver à l'Etat nation que l'on connaît : ce type de mutation est-il seulement souhaitable pour nous ?

Alexandre Delaigue : L'unification des USA a pour acte fondateur la guerre de Sécession : on voit mal cela arriver en Europe. Mais cela traduit le dilemme européen. Comme l'a constaté l'économiste Dani Rodrik, si l'on veut un fort degré d'intégration économique, il faut soit renoncer à l'autonomie nationale, et transférer la démocratie à un niveau supranational; sinon, la seule façon de préserver la démocratie, dans un cadre national, est de renoncer à l'intégration. Les USA ont fait ce choix avec la guerre de Sécession : les sudistes ont perdu leur autonomie mais se sont retrouvés citoyens d'une Union dans laquelle ils avaient les mêmes droits que les nordistes. Inutile de dire que cela a été violent. La construction européenne est un processus très différent, d'unification progressive en fédéralisant de nouvelles activités les unes après les autres. Mais il va peut-être falloir bientôt choisir entre l'indépendance nationale et le fédéralisme. Tant que ce qui devient fédéral est abstrait - monnaie, marché unique - il est possible de fédéraliser sans que les gens ne réagissent. Maintenant, plus d'intégration européenne nécessiterait d'intervenir sur la vie des gens : s'il y a un âge de la retraite européen par exemple, cela sera très sensible.

Gérard-François Dumont : Après  leur indépendance acquise, les Etats-Unis d’Amérique se sont élargis par l’adhésion d’autre États, engendrant une extension jusqu’au Pacifique marquée par l’admission de la Californie en 1850. La volonté du Nord de maintien dans l’Union des États du Sud aux caractéristiques fort différentes déclencha la terrible guerre de sécession (1861-1865), dont il importe de rappeler qu’elle est désignée par les États du Nord comme une "guerre civile" et par les neuf États confédérés du Sud comme « la guerre entre les États ». En fait, la question qui s’est trouvée au cœur de la guerre de sécession, c’est-à-dire le niveau de compétence qui doit relever de l’échelle fédérale, continue d’occuper une place dans le débat politique américain. Les Démocrates sont généralement partisans du federal, au sens américain du mot, c’est-à-dire d’une plus grande centralisation, à l’inverse des Républicains, davantage favorable au maintien d’une république états-unienne fédéralisée où le federal a ses limites dans les droits des États fédérés.

Quant à l’ Europe, dans une certaine mesure, elle a, en quelque sorte, déjà eu  des guerres de sécession, puisque les deux guerres mondiales ont d’abord été l’équivalent de guerres civiles européennes. La première a d’ailleurs donné à de premières tentatives de paix durable, avec la SDN et Aristide Briand qui a présenté, en 1929, un plan d’Union fédérale européenne. La seconde a donné naissance à ce qui est aujourd’hui l’UE après le discours fondateur du 9 mai 1950 de Robert Schuman. Pour réussir une Europe de libertés au profit du bien commun de ses habitants, nullement besoin d’autres épisodes douloureux.

Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble, connu pour ses petites phrases contre la Grèce, a provoqué de la class politique française en faisant remarquer que "la France serait contente que quelqu'un (la) force" à réformer, avant d'ajouter que "c'est difficile, c'est la démocratie". Une Europe s'inscrivant dans la continuité de l'héritage impérial des Habsbourg, avec un pays à la tête de toutes les autres nations, est-ce aussi une éventualité ? Avec quels avantages et désavantages ?

Alexandre Delaigue : L'empire est une forme historique très répandue. Ce sont les Etats-nations qui constituent l'exception dans l'histoire, et les empires la réalité la plus fréquente. La différence est que les empires se sont historiquement constitués par conquête alors que l'Europe se constitue par consentement, actif et passif. Quoi que l'on puisse penser de la déclaration de Wolfgan Schäuble, il rappelle une réalité : l'Union oblige à renoncer aux prérogatives nationales. C'est peut-être un bien mais il faudrait commencer par l'expliquer aux Français. Si le FN prenait le contrôle d'une région française, tout le monde trouverait normal que ses capacités soient limitées, qu'il n'ait pas la liberté d'appliquer son programme en contradiction avec les lois républicaines. C'est la même chose en Europe dans le fond : on peut en trouver les règles absurdes, mais l'alternative, c'est d'en sortir.

Gérard-François Dumont : La communauté européenne a correctement fonctionné pendant les premières décennies de son existence parce qu’aucun pays n’y était prépondérant. Des années 1950 aux années 1970, tout a été fait pour assurer une parité dans les systèmes de décision, avec le même nombre de voix entre la France et l’Allemagne. Là où le Mercosur n’a guère progressé, notamment à cause du poids relatif considérable du Brésil, la Communauté européenne a connu des avancées grâce à une absence de domination par un seul pays.

Puis l’Allemagne acquiert un poids démographique plus important du fait de la réunification, et surtout un poids économique majeur suite aux réformes Hartz (2003 et 2005) lui permettant notamment d’anticiper la crise. Dans le même temps, la France continue s’adonner au laxisme budgétaire et pérennise des structures administratives et économiques devenues archaïques. L’Allemagne n’a nullement cherché à avoir une situation économique primatiale, mais s’est retrouvée dans cette situation essentiellement parce que  la France s’est affaiblie sous l’effet des conséquences néfastes des lois antérieures (retraite à 60 ans, 35 heures, système éducatif engendrant un pourcentage élevé d’illettrisme, prurit législatif dans le domaine territorial…) et faute de bonnes réformes. L’Allemagne a même été trop patiente avec les pays européens mal gérés, acceptant dès 2005 la réduction de la discipline dans la zone euro, réduction qui contenait les prémisses de la crise de l’euro, même s’il faudra attendre septembre 2008 pour qu’elle soit directement ressentie. 

L’Allemagne fait effectivement preuve d’une certaine retenue, sans doute liée à son histoire qui la rend plutôt discrète dans sa façon d’exprimer ce qui est souhaitable. Son attitude n’est guère impérialiste. Par exemple, la logique aurait sans doute voulu qu’elle milite dès le début pour la sortie de la Grèce de la zone euro, ce qu’elle n’a pas fait, et ce qui empêche l’euro d’être cet instrument de puissance initialement envisagé.

Une UE avec un pays à la tête de toutes les autres nations, et par exemple l’Allemagne, semble inenvisageable : d’ailleurs, même si l’Allemagne domine actuellement l’UE au plan économique, elle n’en représente qu’une part minoritaire du produit intérieur brut, et est peu présente dans les autres composantes de la puissance. Un pays ne peut prétendre être le leader d’un groupe de pays s’il n’a pas les moyens de défendre sa propre indépendance et s’il n’a pas les moyens d’épauler les autres de façon significative face aux risques géopolitiques. Même si l’Allemagne se mettait à déployer son armée, cette dernière mettrait du temps à acquérir le savoir-faire nécessaire à l’action dans les conflits contemporains. Le  savoir-faire militaire ne s’improvise pas et s’apprend aussi sur le terrain.

En revanche, si l’économie de la France était assainie, son rôle géopolitique pourrait être beaucoup plus important avec une armée qui dispose encore de moyens importants, bien que trop réduits ces dernières années, et surtout d’une expérience acquise au fil d’un certain nombre de conflits sur des théâtres d’opérations différents.

Entre l'idéal inatteignable d'une "Europe-nation" et la perspective peu attrayante d'une Europe dirigée par un seul pays, quelle voie intermédiaire le continent pourrait-il emprunter ? L'union politique pourrait-elle être abandonnée, ou redessinée ? Quid de l'union économique ?

Alexandre Delaigue : L'unification européenne est un processus ouvert. Qui pourrait très bien s'arrêter et revenir en arrière : mais si elle réussit c'est un processus unique dans l'histoire. Impossible de savoir à quelle forme cela aboutira.

Gérard-François Dumont : L’UE se trouve dans une situation hybride, puisqu’elle réunit des pays dont les choix géopolitique sont différents, voire opposés : certains pays membres de l’OTAN, d’autres non ; certains pays partisans d’une intégration poussée, d’autres voulant se limiter à une vaste zone de libre-échange ; certains pays s’abandonnant presque totalement au parapluie militaire américain, d’autres conservant une part de souveraineté militaire. Face à ces diversités constatées, y a-t-il au moins une perspective commune ? Aujourd’hui, les objectifs de l’UE restent à clarifier : quelles sont ses frontières ? Veut-elle assurer sa  défense ? Veut-elle faire disparaître les nations sous une unification systématique ? Aspire-elle réellement à un modèle fédéral ou confédéral ? Le dernier programme de travail de la Commission européenne ne dégage pas un espoir de formulation d’une vision du rôle de l’UE dans le monde[1].

En outre, certaines méthodes inadaptées de construction de l’UE engendrent des effets pervers. Au Royaume-Uni par exemple, la montée des partis nationalistes est liée au fait que l’UE a été élargie tout en permettant à certains pays d’instaurer des périodes probatoires pour la libre circulation des travailleurs. Le Royaume-Uni ayant mieux respecté les règles en écartant de telles périodes probatoires et étant attractif, les travailleurs étrangers, dans le cadre de migrations intra-européennes, y ont afflué, ce qui explique la montée actuelle de la xénophobie outre-Manche. Si, dès le début, l’UE avait été claire sur la libre circulation, c’est-à-dire choisi l’alternative entre une adhésion pleine des nouveaux membres signifiant ipso facto la totale libre circulation partout et la non–adhésion, nous n’en serions pas là.

Demander si l'union politique pourrait-elle être abandonnée, ou redessinée, supposerait qu’il y en ait une. Or, on cherche en vain une union politique au sein de l’UE. Certes l’UE a créé, en application du traité de Lisbonne, un Service européen pour l'action extérieure (SEAE) placé sous l'autorité du Haut représentant de l'Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, également vice-président de la Commission. Officiellement, ce service doit permettre à l'Union européenne de parler d’une seule voix et d’acquérir une véritable présence sur la scène internationale. Depuis le début de l'année 2011, ce SEAE constitue donc le service diplomatique de l'Union européenne, à la fois à Bruxelles et à l'étranger. En réalité, l’UE a mis la charrue avant les bœufs en créant un service dont les objectifs ne sont guère clarifiés. Prenons l’exemple du Kosovo, que L’UE tient à bout de bras et dont la population émigre face à l’incurie politique. Comment le service extérieur peut-il témoigner d’une union politique, puisque certains pays membres de l’UE ont reconnu l’indépendance ce de pays, tandis que d’autres s’y refusent ?

Vers lequel de ces modèles l'Europe est-elle la plus vraisemblablement susceptible de se diriger ?

Alexandre Delaigue : On reste coincé dans la perspective nationale, en imaginant que tout se résume à un duel entre l'Allemagne et le reste, ce qui est faux. De nombreux pays sont hostiles aux demandes grecques, comme la Slovénie par exemple. Dans le même temps, sans faire partie de la zone euro, la Bulgarie s'est imposée une austérité supérieure à la Grèce sans récriminations. Le problème ici est celui d'accepter de renoncer à des prérogatives nationales pour rester dans l'union.  

Gérard-François Dumont : Dans la mesure où l’UE, à la lecture de nombre de ses dernières décisions, semble avoir choisi une voie uniformisante, voir impérialiste comme cela transparait à travers divers textes de la Commission ou divers votes du Parlement européen, l’alternative semble la suivante : ou l’UE fait le choix d’une union à plusieurs vitesses, qui permettrait de récuser son complexe de Procuste, soit l’UE risque d’imploser. Les dirigeants politiques européens devraient davantage prêter attention au vote des électeurs. Or ceux-ci sont de plus en plus nombreux à exprimer un désamour d’Europe, notamment pour trois raisons ; l’UE ne protège pas, l’UE n’a pas de frontières, et l’UE, telle qu’elle se construit, semble vouloir étouffer les identités nationale et locales. Par exemple, il est extrêmement surprenant d’entendre des instances européennes féliciter la France de la création - inutile, coûteuse et inefficiente[2] - de mégarégions, ou du statut – là aussi inutile, coûteux et inefficient – de métropole[3] ou prôner la disparition des communes, c’est-à-dire l’étouffement des identités de base et du terreau de la démocratie qu’est la démocratie locale, pour des intercommunalités dont la rigidité et la conception centralisatrice imposées par l’État français est contraire à la réalité réticulaire du fonctionnement actuel des territoires.  

Dans ce contexte, le scénario d’implosion – de facto ou de jure - de l’UE, qui n’est certes que l’un des neuf scénarios que nous avons élaborés[4], ne peut être exclu. Les populations ne sont pas foncièrement antieuropéennes, mais elles veulent une Europe aux frontières définies et contrôlés[5] et qui respecte le principe de subsidiarité. La formule « unie dans la diversité », qui est au cœur des racines de l’identité européenne, doit être pleinement assumée dans ses deux items, et non seulement dans le premier.


[1] Ce que la Commission européenne nous réserve pour 2015, Atlantico, 2 janvier 2015.

[2] Dumont, Gérard-François, « La réforme territoriale ou l’illusion jacobine », site Big bang territorial de la Reru, Revue d’économie régionale et urbaine, 11 septembre 2014.

[3] Dumont, Gérard-François, « Une idéologie de la métropolisation ? », Population & Avenir, n° 722, mars-avril 2015.

[4] Dumont, Gérard-François, Verluise, Pierre, Géopolitique de l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, Paris, PUF, mars 2015.

[5] Dumont, Gérard-François, Verluise, Pierre, « Quelles frontières pour l’Europe ? Une question révélatrice des enjeux et incertitudes de l’UE », Diploweb.com, 29 mars 2015.

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