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La face obscure des fêtes de fin d’année : braquages de magasins de jouets, cambriolages pendant les courses ou les réveillons
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Haut-les-mains!

La face obscure des fêtes de fin d’année : braquages de magasins de jouets, cambriolages pendant les courses ou les réveillons

Chaque année, les statistiques criminelles démontrent une recrudescence des cambriolages et des braquages en tout genre. S’il s’agît là d’une tradition implicite du monde criminel, ces dernières années semblent être marquées par l’émergence de cibles plus modestes, mais aussi moins protégées.

Alain Bauer

Alain Bauer

Alain Bauer est professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, New York et Shanghai. Dernier livre paru : Vivre au temps du coronavirus (Cerf)

Il est également l'auteur de Les polices en France (Puf, 2010), Les politiques publiques de sécurité (Puf, 2011), Dernières nouvelles du crime (Cnrs, 2013) et Le terrorisme pour les Nuls" coécrit avec Christophe Soullez (First, 2014).

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Atlantico : Si elles sont avant tout un moment de célébrations pour la plupart des Français, les périodes de fêtes de fin d’année semblent aussi être un moment de forte activité pour certains délinquants. Ainsi, d’après les chiffres de l’ONDRP, le mois de décembre 2012 a connu un pic annuel avec environ 2 900 faits constatés de cambriolages de locaux commerciaux, financiers ou industriels. Peut-on, de manière un peu imagée, affirmer que les cambrioleurs fêtent eux aussi Noël ? 

Alain Bauer : Traditionnellement, on constate à cette période une réorientation vers le vol de fret de produits de luxe (foie gras, champagnes, spiritueux...), mais aussi vers les dépôts contenant du matériel informatique (smartphone, tablettes...) puisque ces derniers sont généralement remplis à cette époque de l’année. Les bijouteries sont de même une cible récurrente, même si l’on a vu dernièrement se multiplier les objectifs un peu « atypiques » comme les magasins de jouets (cela a notamment été le cas à Aubagne, Brest et Toulouse ces deux derniers jours, NDLR). On remarque donc des "événements particuliers" qui peuvent se traduire par des mouvements spécifiques en matière de cambriolage. Cela est vrai pour n’importe quelle période de vacances en ce qui concerne les résidences, mais il y a effectivement une plus forte orientation vers les dépôts de bien de valeur en fin d’année. Il en va de même pour le pillage des ostréiculteurs et des réserves de foie gras, qui est logiquement lié à un prix et une demande plus importante dans cette même période.

Les cambriolages de résidences primaires et secondaires connaissent, elles aussi, une hausse, cette fois-ci du mois de décembre (près de 13 500 faits constatés en 2012) au mois de février (14 500 pour 2013). Faut-il de nouveau y voir un "effet Père Noël" ?

Cette tendance est en vérité plus directement corrélée aux mouvements des vacanciers, puisque vous retrouvez des chiffres à peu près similaires pour le mois d’août (11 750 faits constatés en 2013 contre 10 700 deux mois plus tôt). La simple absence des propriétaires, partis en villégiature, est donc le facteur qui permet de définir directement la fluctuation des cambriolages de résidence.

Les vols sans violences sont généralement aussi en augmentation vers les derniers mois de l’année. Comment l’expliquer ?

Il serait aventureux de se prononcer. Il n’existe, à ma connaissance, aucun travail scientifique, rationnel, qui ait été produit sur cette éventuelle corrélation. On peut éventuellement évoquer le fait que certains pourraient préférer cibler des personnes âgées au mois de décembre car ces dernières ont tendance à toucher des sommes plus importantes et à dépenser plus dans ce laps de temps. Cette idée n’est cependant qu’une hypothèse en l’état.

Au-delà des tentations liées à un important trafic de marchandises, le climat a t-il un impact sur cette délinquance saisonnière ?

Plusieurs études ont démontré que lorsque les conditions sont mauvaises (pluie, neige, forte baisse de température...) on observe une baisse générale de l’activité, et il en est effectivement de même pour l’activité criminelle. Il s’agit là d’un fait depuis longtemps analysé et quasiment établi aujourd’hui dans la criminologie. Cette décroissance n’est d’ailleurs pas tant liée à l’hiver comme période de l’année qu’aux événements météorologiques de fortes intensités qui compliquent les déplacements. Ainsi, les alertes grand-froid qui ont été récemment annoncées, si elles se confirment, devraient provoquer une chute de certains types d’activités criminelles sur l’ensemble des départements concernés.

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