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Le PIB français a stagné au deuxième trimestre, et tous les indicateurs sont dans le rouge
Le PIB français a stagné au deuxième trimestre, et tous les indicateurs sont dans le rouge
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Editorial

La croissance zéro sonne le glas de la politique de François Hollande

Le PIB français a stagné au deuxième trimestre, et tous les indicateurs sont dans le rouge. Une croissance nulle qui pousse l'exécutif à corriger très nettement ses prévisions pour 2014, tout en appelant à l'indulgence européenne pour son déficit. Un véritable camouflet pour le président de la République.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Diagnostic cruel pour l’économie française annoncé en plein creux de l’été : avec une croissance zéro au premier semestre, elle connaît un encéphalogramme plat. C’est un échec cuisant pour le chef de l’Etat qui annonçait il y a un mois encore que la reprise était là et qui continue de distiller à qui mieux-mieux des propos optimistes constamment démentis par les faits.

Le voile se déchire pourtant sur le camouflage savamment entretenu depuis des mois grâce à des prévisions officielles qui confondaient rêve et réalité. Le gouvernement dispose désormais seulement de quelques semaines pour redresser la barre, réviser les données qui seront applicables au prochain budget. Et l’opération risque d’être douloureuse. 

Car, il  n’est déjà  pas certain que l’économie pourra assurer 0,5% de croissance pour l’ensemble de l’année, le nouveau chiffre auquel va s’arcbouter le pouvoir, alors qu’elle est déjà à zéro depuis six mois. Et l’on sait que le déficit du pays, loin de se rapprocher des 3% qui reste l’objectif officiel en Europe, va dépasser largement 4%, ce qui va nécessiter une nouvelle et âpre négociation à Bruxelles pour faire accepter par nos partenaires cette nouvelle entorse aux engagements pris.

Les premières réactions à l’annonce de ce cuisant échec traduisent un certain désarroi du pouvoir qui ne sait manifestement pas comment faire face à la situation de crise qui est ainsi créée. Le ministre de l’Economie  répète le credo habituel : il veut s’en tenir au pacte de responsabilité pour restaurer les marges des entreprises, tandis qu’il n’est pas question de réduire la dépense publique, qui est l’un des soutiens de l’activité. Quant à la nécessité de recourir à des économies supplémentaires, il se montre d’une extrême prudence, en soulignant qu’on ne peut l’utiliser qu’à un rythme compatible  avec la situation du pays – en clair, il  s’agit de sa part d’une renonciation déguisée à l’effort.

Comme toujours, la France ne veut pas renoncer à son modèle qui consiste à toujours vouloir s’en remettre à l’Etat pour apporter une solution aux problèmes, alors que celui-ci fait preuve d’un manque d’initiative total. Elle veut obtenir l’aide de ses partenaires européens sans contreparties, elle se réfugie dans la palabre, le discours permanent tel qu’on l’observe dans les courants du parti socialiste, à  la recherche d’un consensus introuvable, alors que l’heure de l’action est venue depuis longtemps.

On continue de disserter sur les atouts du pacte de responsabilité, alors qu’il  conviendrait de le mettre en œuvre sans tarder pour dissiper les doutes qui se répandent pour savoir s’il  verra véritablement le jour. On s’en prend par ailleurs à certaines professions libérales accusées de pratiquer des tarifs trop élevés qui pèsent sur la consommation  des ménages, mais on laisse de côté la réforme  de la fonction publique et en particulier de l’éducation nationale, par calcul politique, en maintenant  un système qui conduit à accélérer le retard du pays par rapport aux autres nations. On néglige la construction, dont la chute spectaculaire liée en partie à la loi Duflot, explique largement la baisse de régime de l’économie. 

François Hollande a été accusé à plusieurs reprises de mener la politique du chien crevé au fil de l’eau, qui correspond à son tempérament de croire que les problèmes finissent par se régler tout seuls. C’est oublier une chose essentielle : pour regagner la confiance disparue il faut cesser de louvoyer, de tromper, de multiplier les volte-face et avoir un goût réel pour  une action ferme et déterminée. Mais en est-il capable ?

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