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CORONAVIRUS

La COVID-19 avance toujours dans le monde, mais plus lentement aux États-Unis et plus vite en Espagne et en France

Plus de 805 000 personnes sont décédées dans le monde depuis décembre 2019 en Chine. Jean-Paul Betbeze nous dresse l'évolution du virus neuf mois après son apparition.

UE Bruxelles AFP

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

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Les chiffres sont terribles : plus de 23 millions de personnes ont été atteintes par le virus, plus de 800 000 en sont mortes. Le pays qui enregistre le plus de cas est toujours les États-Unis, avec 5,8 millions de personnes, suivi du Brésil (3,5 millions), de l’Inde (3 millions), de la Russie (1 environ) et de l’Afrique du Sud (600 000). 

 

 

 

 

Cependant, le sentiment se répand que le virus devient moins dangereux qu’à ses débuts. C’est évidemment une bonne chose, d’autant plus qu’il semble que les États-Unis sont moins affectés depuis un mois. En effet, le nombre de nouveaux cas par jour y est régulièrement inférieur à 50 000, alors qu’il était à 75 000 fin juillet. En revanche, le nombre de cas augmente fortement en Espagne sans aucun doute avec les vacances et aussi en France.

Moins de nouveaux cas aux États-Unis

Plus de nouveaux cas en Espagne

 

 

Plus de nouveaux cas en France

La lutte contre la pandémie reste cruciale, pour la croissance et l’emploi, pour lutter contre les pertes et les fermetures d’entreprises et de commerce et pour réduire les plans de restructuration qui s'annoncent partout, compte-tenu des moyens qui sont déployés : moyens médicaux, humains, budgétaires et financiers. Elle semble offrir des perspectives plus favorables dans les pays industrialisés depuis peu.

La finance envoie ainsi des messages plus positifs, avec des bourses « classiques » qui se remettent à prendre espoir, avec le Dax et le DOW JONES. Elles reviennent pratiquement à leur niveau de début d’année, alors qu’elles étaient 35% plus bas en mai et juin. La bourse de Shanghai est toujours en avance de 11% par rapport à janvier 2020, saluant les bons résultats chinois. Plus positif encore est le NASDAQ, avec l’idée que les valeurs de la nouvelle économie et de l’information sont celles qui gagneront pour avoir une croissance plus efficace, plus sûre, avec des chaînes de production plus ramassées, à proximité des grands marchés : États-Unis ou Europe. Le CAC 40 est toujours en retard, en liaison avec les valeurs bancaires et pétrolières qui continuent de beaucoup souffrir.

 

 

 

 

 

C’est dans cette économie qui se met à reprendre espoir que les déficits budgétaires sont mieux compris et acceptés, même s’ils augmentent. Le rendement des bons du trésor à 10 ans allemand est à -0,5% contre -0,2% en début d’année et plus nettement encore le rendement américain à 0,6% contre un 1,85 en janvier et italien à 1% contre 1,4 en janvier 2010 ! Au fond les marchés financiers se disent que le retour de l’inflation n’aura pas lieu. Au contraire, nous sommes installés dans une longue phase d’inflation faible sinon négative dans certains pays et les Banques Centrales continueront d’acheter des bons du trésor pour soutenir ainsi la reprise économique. Donc il n’y a pas de risque de crédit public, même si les rentabilités sont décidément faibles. Pour ceux qui veulent des rendements plus importants, la bourse est là, grâce aux dividendes et pour des plus-values, ce sont certaines valeurs pourtant très chères. Apple n’a jamais été aussi fortement valorisée de son existence et TESLA dit peut-être où vont les automobiles !

 

 

 

 

L’or semble avoir passé son maximum à 2000 $ l’once, maintenant que les marchés financiers se disent que le pire de la pandémie est derrière et qu’il n’y aura pas de rechute ! La finance fait le grand écart entre l’or refuge, les placements qui rapportent très peu, sinon qui « offrent » un rendement négatif et les valeurs risquées, sociétés surendettées et obligations high yield (junk, autrement dit : pourries).

 

 

 

 

On ne sera pas surpris alors que les inquiétudes sur le dollar se réduisent, avec moins de nouveaux cas de malades du virus aux États-Unis, par rapport à l’euro, avec plus de nouveaux cas dans les pays de la zone. En même temps on voit bien que la Chine fait tout son possible pour stabiliser son taux de change par rapport au dollar et y réussit : elle ne cherche pas un terrain de friction supplémentaire avec les États-Unis ! En revanche, Turquie, Russie et Brésil voient leur change baisser par rapport au dollar, pour raisons économiques mais aussi géopolitiques. Dans ce contexte, la relève du dollar n’est pas pour maintenant, sachant que les marchés financiers regardent l’Europe pour le change et la Chine pour la bourse, sans risque de change !

 

Dans ce contexte, les élections américaines avancent, sans fébrilité particulière. Joe Biden énonce son programme, avec plus d’impôts et de hausse des bas salaires, mais également destiné à calmer les tensions internes et, pour le moment, c’est ce dernier point, qui semble l’emporter. Le thème de Joe Biden socialiste, avancé par Donald Trump, n’est pas à l’ordre du jour. 

Au total les marchés se préparent à une reprise lente dans les pays industrialisé. Ils parient que les résurgences du virus peuvent être calmées et ont compris que la Chine est sur une autre trajectoire, supérieure.

 

 

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