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Larguée plusieurs fois de manière spectaculaire, Charlotte Monnier n’a vu qu’un remède au calvaire enduré par les femmes : un guide pratique pour apprendre aux hommes à rompre

Bonnes feuilles

L'art de rompre (sans passer pour un connard) : comment choisir le bon lieu et le bon moment

Larguée plusieurs fois de manière spectaculaire, Charlotte Monnier n’a vu qu’un remède au calvaire enduré par les femmes : un guide pratique pour apprendre aux hommes à rompre, sans passer pour des connards bien sûr. Extrait de L'art de rompre (sans passer pour un connard), publié chez Albin Michel (1/2).

Charlotte Monnier

Charlotte Monnier

Passionnée par les rapports homme-femme, ayant appris très jeune la subtilité des relations amoureuses, Charlotte Monnier sait tout des hommes. Sa raison de vivre ? En faire des gentlemen accomplis. Elle a 29 ans et est éditrice freelance.

 

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Le choix du lieu et du moment est plus important qu’il ne peut y paraître et il faut éviter au maximum la rupture spontanée n’importe où n’importe quand.

Mais d’abord, mettons au clair ce point : on ne rompt pas par téléphone. Encore moins par texto, par e-mail, par statut Facebook (Romain Dugenou quitte Caroline Laval), par twitter (@Caroline Je te largue bébé #cestlaloosepourtoi), par carte postale (« Ma puce, je m’éclate trop en vacances avec les copains. Il fait beau, on fait du surf. Je t’embrasse. PS : je te quitte. ») ou par copain interposé (« Écoute, Caro, Romain m’a chargé de te dire que t’es une chic fille, mais que vous n’allez pas pouvoir continuer à vous voir. Sinon ça va toi ? Le boulot et tout ? Tu pars où en vacances cet été ? »).

Les deux seuls cas où il est permis de rompre par téléphone (vocalement bien entendu, pas par texto, JAMAIS par texto), c’est quand :

1. Il s’agit d’une relation à distance et où il devient presque cruel de lui faire faire le voyage juste pour la larguer.

2. Il s’agit d’une relation qui a moins de deux mois et/ou qui n’est pas très suivie. Bref, à laquelle personne ne tient vraiment.

Sinon, l’idée est à bannir absolument. On ne mêle pas la technologie à tout ça, la pauvre ne vous a rien fait. Il va donc falloir prendre votre courage à deux mains, il va falloir la regarder droit dans les yeux.

Mais où alors ?

L’idéal, si vous ne vivez pas ensemble, c’est chez elle. Pourquoi ?

1. C’est en intérieur. L’intérieur présente le grand avantage d’éviter les scènes publiques et donc les spectateurs indésirés (oui, les gens pensent que ce qu’il se passe à la table à côté de la leur au café EST du cinéma). Vous pouvez donc avoir une discussion un peu animée, même quelques chaudes larmes, sans que tout le monde vous regarde.

2. Vous pouvez partir. Si c’est chez vous, vous vous retrouvez coincé comme un lapin dans son terrier face à une meute de chiens enragés. Autrement dit, dans l’embarras. Chez elle, vous pouvez quitter les lieux quand il vous semble que le moment est venu, que la conversation tourne en rond, que vous n’avez plus rien à ajouter de constructif. Si c’est chez vous, elle va peut-être rester pleurer toute la nuit, peut-être essayer de vous pousser vers la chambre pour négocier. Bref, vous aurez tout le mal du monde à la mettre dehors.

3. Elle ne peut pas partir. Enfin concrètement si, elle peut claquer la porte et vous laisser derrière elle, mais, étant chez elle, elle ne pensera pas forcément à prendre la fuite. Car, pour éviter la rupture, certaines filles l’évitent physiquement en vous mettant dans l’impossibilité concrète de rompre. Ainsi, chez elle, vous pourrez vous expliquer comme souhaité jusqu’au bout, sans avoir à l’attacher à une chaise.

Si vous vivez ensemble, faites-le chez vous. Mais comme c’est vous qui rompez, c’est vous qui passez la nuit sur le canapé d’un copain, pas question de la mettre à la rue, ce n’est pas très galant, et inutile de traîner plus longtemps que nécessaire dans ce qui était votre nid d’amour (ou votre sanctuaire à grosses engueulades).

Si l’idée de l’espace confiné vous colle un degré d’angoisse en plus, vous pouvez faire cela à l’extérieur, l’histoire de laisser le mouvement de la marche ou l’air frais vous détendre, mais pas n’importe où, malheureux ! On évite les endroits bondés (« Caro, je te quitte, t’es trop relou, ah tiens, Réaumur, c’est ma station. A+ dans l’bus ».), les endroits où vous serez bloqués (« C’est fini, Caro. Bon, l’ascenseur n’a pas trop l’air de redémarrer… Il passe toi ton téléphone ? »), les endroits où vous êtes obligés de rester statiques à moins de vous faire remarquer (comme le café où vous serez gêné de lui courir après sans avoir payé quand elle vous aura envoyé son café bouillant au visage), les endroits où tout le monde chuchotera dans votre dos que vous êtes un monstre parce que vous faites pleurer une fille (chez Ikea par exemple, le temple de l’engueulade des couples).

L’idéal reste un endroit isolé comme un parc ou sur le banc d’une rue peu fréquentée.

Le choix du moment demande aussi un peu de délicatesse. Dans l’absolu, le bon moment pour rompre est le moment où vous ne voyez pas d’autre issue à votre relation, où vous avez tout donné, où vous n’avez justement plus rien à donner.

De manière plus pratique, le bon moment pour le lui dire est celui où vous êtes sûr de ne pas être interrompu par quoi que soit.

Évitez aussi certaines périodes phares de l’année comme son anniversaire, Noël, la veille de votre départ en vacances (non échangeable/non remboursable), juste après un deuil, deux jours avant un entretien/un examen (bref, un moment clé de sa vie professionnelle que vous allez réussir à bousiller en même temps que sa vie sentimentale). Faites preuve de tact et considérez un instant ce qu’il se passe dans sa vie au moment où vous voulez partir.

Ne vous donnez pas non plus de fausses excuses de timing pour repousser à la Saint-Glinglin le moment de la rupture. Son chien Spooky est peut-être mort mais, au bout de deux semaines, vous pouvez estimer avoir respecté son deuil et ne pas lui enfoncer la tête sous l’eau.

L’erreur de débutant : Vous n’avez pas pu vous en empêcher, vous vous êtes dégonflé et vous lui avez envoyé un texto.

1. Il se peut bien qu’elle ne réponde pas : parce qu’elle s’en fiche, ou qu’elle a instantanément décrété que vous étiez un abruti profond. Vous êtes tranquille. Pour l’instant. (Valable uniquement dans le cas où la relation était courte et/ou insignifiante.)

2. Il se peut qu’elle vous réponde sèchement, voire avec quelques insultes et sarcasmes bien sentis. Ne répondez pas à ses attaques, ça ne ferait qu’envenimer la situation. Si vous devez répondre quelque chose, ce sont des excuses. Ce qui coupera probablement court à la montée des hostilités si vous formulez très clairement : « Excuse-moi, c’était très lâche. » Quand on admet ses torts, ça coupe toujours le caquet et plus personne n’ose s’énerver.

3. Il se peut enfin qu’elle vous harcèle de textos et de questions ou qu’elle vous appelle. Dans ce cas, mettez votre cape de super-héros super-courageux et proposez de la voir rapidement (votre ciné avec Pierre attendra).

Maintenant que vous êtes prêt, voilà le jour J.

Extrait de L'art de rompre (sans passer pour un connard), de Charlotte Monnier, publié chez Albin Michel, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

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