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Incroyablement vivant, captivant
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Incroyablement vivant, captivant

Françoise Boursin pour Culture-Tops

Françoise Boursin pour Culture-Tops

Françoise Boursin  est chroniqueuse pour le site Culture-Tops.

 
Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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THEATRE (REPRISE)

Madeleine l'amour secret du poète

D'après les correspondances de Guillaume Apollinaire à Madeleine Pagès (d'avril 1915 à septembre 1916)

Adaptation: Pierre Jacquemont

avec Pierre Jacquemont et Alexandrine Serre

INFORMATIONS

Théâtre Les Déchargeurs

3 rue des Déchargeurs

75 001 Paris

Métro Châtelet

Réservation: 0892 68 36 22 et 01 42 36 00 50

www.lesdechargeurs.fr

L'AUTEUR

Guillaume Apollinaire est un grand poète du début du XXème siècle. 

Il naît en 1880 à Rome d'une mère polonaise; il meurt "pour la France" le 9 novembre 1918, des suites d'une grave blessure de guerre à la tête.

 Il est l'auteur de plusieurs recueils célèbres, tels Alcools, Calligrammes; et, entre autres, du célèbre poème "Le Pont Mirabeau". Il est l'auteur d'une correspondance avec Madeleine Pagès, peu connue jusqu'ici.

Elle fut répétitrice puis institutrice dans des établissements pour jeunes filles à Oran.

THEME

Cette pièce est constituée à partir d'un échange de lettres entre Guillaume Apollinaire et Madeleine Pagès. 

Le poète rencontre cette jeune fille dans le train Nice-Marseille, le 2 janvier 1915. Lui revient d'une permission et elle retourne en Algérie après avoir rendu visite à sa belle-soeur. Ils se parlent de tout, de poésie surtout. Après leur séparation, ils échangent des lettres, d'abord réservées, puis tendres, enfin enflammées. Lui est sur le front en Champagne, dans l'horreur des tranchées, elle retrouve sa vie à Oran. Ils peuvent se retrouver lors d'une permission de Guillaume Apollinaire et ils connaissent un bonheur inouï, chaste cependant. Mais quelque temps après, il est blessé à la tête, la vie bascule, il change profondément, et ils ne se revoient pas, jusqu'à sa mort en 1918. 

C'est une relation épistolaire, une "lecture" d'une incroyable force. Le thème, c'est l'amour sur fond de poésie. Une brève rencontre donne naissance à un coup de foudre: les sentiments vont crescendo, d'un souvenir respectueux à une sensualité stupéfiante, en passant par tous les degrés de la transformation de l'amitié en tendresse, amitié amoureuse, puis c'est le déchaînement des sentiments, l'éblouissement des retrouvailles à Oran; et la chute, avec la blessure à la tête qui brise cet amour en même temps que le personnage du poète.

POINTS FORTS

1) C'est un dialogue incroyablement vivant, malgré la forme de la lecture, qui pourrait sembler austère.

2) La palette des sentiments est montrée avec beaucoup de finesse, sans prêter à sourire même dans le paroxysme de leur amour. 

3) Les acteurs sont remarquables de naturel, et en même temps de passion: on ressent avec eux les sentiments qu'ils traversent.

4)  La mise en scène, très dépouillée, fait ressortir la beauté et la pureté de leur amour.

5) Le dialogue permet de comprendre une époque: la dureté de la vie dans les tranchées, la sévérité de la vie des jeunes filles; mais aussi des lieux: Oran, la mer, la côte entre Nice et Marseille, la campagne champenoise dans le froid et la boue...

POINTS FAIBLES

Ils sont peu nombreux dans ce très beau texte, qui ne peut manquer d'émouvoir le spectateur.

1) Malgré le côté passionnant du dialogue, le spectateur peut se lasser par moments, mais ces moments sont rares.

2) On peut trouver certains passages un peu crus. Mais le spectateur est amené progressivement à les accepter.

3) Une petite remarque géographique: dans la description du voyage de Nice à Marseille, on mentionne Villefranche. Or, Villefranche est à l'est de Nice. Broutille...

EN DEUX MOTS

On pourrait craindre l'ennui face à une "lecture "de lettres par deux personnages statiques: il n'en est rien, on est captivé par leurs sentiments et attristé par la cruauté de la fin.  

UNE PHRASE

"Madeleine, ce qui n'est pas à l'amour est autant de perdu."

RECOMMANDATION

EXCELLENT

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