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Il faut bien continuer 
de vivre avec le dollar…
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Pour une poignée de dollars

Il faut bien continuer de vivre avec le dollar…

Les Etats-Unis sont embourbés dans une crise économique, politique et budgétaire. Cependant, la prépondérance du dollar dans les échanges internationaux devrait garantir la santé relative de leur monnaie.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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La dégradation de la note des Etats-Unis par l’agence Standard and Poor’s a contribué à exacerber la paranoïa des marchés, comme si l’un des piliers du capitalisme était en train de s’effondrer. Une agence chinoise avait pourtant pris une telle décision depuis plusieurs mois, mais personne n’y avait prêté attention. Au demeurant, depuis deux ans, les abaissements de notes se succèdent en cascade dans la panoplie des Etats jugés de moins en moins responsables dans la politique de gestion de leurs finances publiques. Car le monde vit sur un océan de dettes, qui ne cesse de s’agrandir. Mais le cas de l’Amérique, première puissance économique du monde, représentait un tabou qui vient d’être brisé et dont les conséquences psychologiques peuvent être immenses et même compromettre la réélection de Barick Obama. Car elle ratifie aux yeux de l’opinion internationale la chute de la puissance américaine, l’avènement du déclin de l’oncle Sam face aux nouveaux géants émergents.

Le dollar se replie, mais pas face à tour le monde

Cela ne signifie pas pour autant la fin du dollar. Malgré le relèvement du plafond de la dette américaine, les Etats-Unis continuent d’emprunter à des niveaux satisfaisants qui n’ont rien à voir avec ceux de certains pays européens. Car la croissance est toujours à l’œuvre outre atlantique, même si son rythme se ralentit et l’accroissement de richesses qu’elle procure est supérieur à la charge d’intérêts de la dette publique. De plus, paradoxalement, les investisseurs étrangers ne peuvent se passer de la dette américaine, en raison du poids majoritaire du dollar dans l’ensemble des devises. Elle reste attractive en raison de l’absence d’actifs de substitution jugés aussi sûrs et disponibles dans les mêmes proportions. Le dollar reste donc aux yeux de Washington un excellent atout et la Reserve fédérale souhaite continuer à lui voir jouer un rôle actif en refusant tout relèvement des taux d’intérêt pendant au moins deux ans afin de  favoriser la baisse du billet vert pour donner un coup de fouet à la relance des exportations, qui devraient être le meilleur vecteur de l’expansion. Mais le repli du dollar ne se fera pas vis-à-vis de toutes les monnaies. La crise actuelle de l’Europe, les conflits d’intérêts entre les Etats membres, les tensions sur les marchés obligataires de pays tels que l’Italie, l’Espagne et le Portugal empêchent la monnaie commune de monter fortement et tirent même l’euro vers le bas. En revanche, l’ajustement monétaire souhaité par Washington se fera vis-à-vis des devises asiatiques et des monnaies européennes qui ne font pas partie de la zone euro. Cela inquiète le gouvernement helvétique qui cherche à freiner l’emballement de sa monnaie et vient d’apporter un soutien inattendu à l’euro, en étudiant la possibilité d’arrimer le franc suisse à la devise européenne pour éviter une hausse qui pénalise ses exportations. Seul motif d’espoir pour l’instant : les taux d’intérêt vont rester bas, ce qui permettra à la croissance de résister dans le maelstrom ambiant.

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