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François Hollande, ce héros de la normalité encore en quête d'une image présidentiable
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François Hollande, ce héros de la normalité encore en quête d'une image présidentiable

François Hollande était reçu ce jeudi soir sur le plateau de "Des paroles et des actes". Analyse de sa communication non verbale.

Maxence Brulard

Maxence Brulard

Maxence Brulard comportementaliste, spécialiste de la communication non-verbale. Il exerce en Suisse et a notamment écrit Une caractérologie universelle (Dunod, 1998).

 

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Son comportement est illustrissime de son credo à être "normal ". En ce sens, François Hollande s'est donc soumis à sa propre idéologie du conformisme pour séduire la masse des Français. Il est de plus en plus réduit à gommer tout caractère saillant pour survivre dans la jungle de l'Etat de droit où la "règle" a remplacé "la confiance en la singularité individuelle" qui génère le talent à oser être une personne - quitte à conflictualiser. 

D'abord on note son costume sans changement notoire depuis une semaine donc le candidat PS ne quitte le bleu horizon passe-muraille. Le message est clair: "J'ai pris l'uniforme présidentiel, ma personnalité d'ex -jovial bon vivant doit se dissoudre derrière l'habit de fonction à l'austérité rassurante ". C'est donc contraire à sa personnalité authentique qu'on verrait plus fleurie - à la Jospin par exemple. Un autre sanguin tempéra-mental, plus vestimentairement libéral.
Aurait-il perdu en crédibilité en étant lui même ? Avant lui, et bien plus aristocrates, d'autres osaient le col roulé et plus d'élégance en certaines circonstances. Les gestes se veulent pugnaces et affirmés, mais c'est d'un tout frais coaching qu'ils sont issus. Jusqu'à l'arrivée de Juppé, on pouvait y croire. La différence entre une gestuelle convaincue et convaincante et un simulacre de pugnacité et de détermination est apparue ainsi au grand jour. On aurait pris le débat au vol sans savoir qui était le candidat à la présidence, qu'on eût pu croire que c'était Juppé qui se présentait. 

En effet, cela se passe à un niveau subliminal très subtil, celui de la tonicité musculaire et de l'achèvement de l'entreprise à communiquer gestuellement. Si vous faites un geste qui signifie "je tranche ", et qu'au moment où votre main tranchoir devrait trouver la table pour le stopper et que vous l'arrêtez cinq centimètres avant : c'est une rétention d'impulsion. Et dans cette inhibition calculée, se loge l'incertitude centrale quant au discours verbal que ce geste est censé soutenir par le corps au verbe. L'ensemble des gestes du candidat est de cette nature. Il vous dira :"C'est ma pudeur" ou "Je ne cherche pas les conflits." Il ne vous dira pas "J'ai peur de déplaire en affichant la couleur de mon émotion même intelligente".
Dirait-il qu'il fuira les conflits en cas de vrai danger ? Même son service militaire François Hollande ne le fait pas par d'autres raisons que la conformité. Pas d'innocence bien sûr à ce niveau, sur l'art tactique ou stratégique utile voire nécessaire pour se hisser au pouvoir .
L'ennui c'est de hisser un héros de la normalité à une position d'exception unique dans un pays, à un moment ou il aurait le plus besoin
d' un génie exceptionnel. Si Aug Sang Suu Kyi avait revendiqué la normalité ou serait la Birmanie en ces jours bénis pour elle ?
Enfin le visage à dominante gynoïde si complémentaire à celui de son ex-épouse plus androïde est certes bien éloigné, l'esprit aussi, de celui de "Sarko" comme dit Juppé. Sarko authentiquement pugnace, il l'a prouvé. 

Maintes et maintes fois la lèvre inférieure et supérieure de François Hollande s'est rétractée aux questions embarrassantes. Ravaler ainsi sa lippe même si elle n'est guère extravertie c'est dire autrement , soit l'ignorance , soit l'embarras entre conviction et conscience de l'impuissance à la produire factuellement. 

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