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Les personnes respectant scrupuleusement le régime végétarien ont une mortalité inférieure de 12% par rapport aux consommateurs de viande.
Les personnes respectant scrupuleusement le régime végétarien ont une mortalité inférieure de 12% par rapport aux consommateurs de viande.
©Reuters

Carnage

Etre végétarien permet-il vraiment de vivre plus longtemps ?

Selon une étude de la Medical Association, relayée par le Wall Street Journal, les personnes respectant scrupuleusement le régime végétarien ont une mortalité inférieure de 12% par rapport aux consommateurs de viande. Est-il bon d'être végétarien ou mauvais de trop manger de viande ?

Jean-Daniel Lalau

Jean-Daniel Lalau

Jean-Daniel Lalau est médecin, professeur de nutrition au CHU d'Amiens, docteur en sciences et en philosophie.

Il est l'auteur des livres En finir avec les régimes (éditions François Bourin) et Hospitalité - Je crie ton nom (éditions Chronique sociale). 

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Atlantico : Selon étude de la Medical Association, relayée par le Wall Street Journal, les personnes respectant scrupuleusement le régime végétarien ont une mortalité inférieure de 12% par rapport aux consommateurs de viande, du moins sur la durée de l'étude (voir ici). Les végétariens ont-ils plus de chance de vivre plus longtemps ?

Jean Daniel Lalau : Oui, mais la question est de savoir si c’est le fait de manger des végétaux qui fait vivre plus longtemps ou bien si c’est le régime à base de viande qui raccourcit la durée de vie. Cela peut être l’un et l’autre. Cependant l'étude dont nous parlons ici s'est déroulée dans un contexte particulier : dans une communauté religieuse, où l'on peut supposer que  les personnes consomment également moins d’alcool, moins de tabac.

Les végétaux ont-ils un pouvoir protecteur ou la viande un effet délétère ? Il existe des arguments pour dire les deux à la fois. Les végétaux apportent des éléments protecteurs : les fibres qui permettent d’amortir la montée du glucose après le repas, on note qu’il y a moins de diabète chez les personnes qui consomment des fibres en quantité significatives. Dans le même temps, il y a des choses en moins dans les végétaux, notamment les graisses saturées que l’on trouve dans les viandes. Il y a un effet délétère des viandes en particulier des viandes rouges qui sont plus riches en acide gras saturés que les viandes blanches.

Un régime végétarien permet-il de diminuer les risques de diabète, de cancer, ou de maladies cardiaques ? Pourquoi ?

Les fibres ont des vertus protectrices de la paroi de l’intestin et du colon en particulier, ce qui peut réduire le risque de cancer. De plus,  consommées en grande quantité, elles diminuent les risques de diabète. Les acides gras contenus dans la viande ont des effets délétères sur cette même paroi. On peut donc parler d'effets directs et indirects du régime végétarien.

Les non-végétariens sont-ils plus exposés à ces risques ? Pourquoi ?

Le fait d’avoir une consommation de viande significative apporte des calories donc souvent plus de gras, ce qui inclut un risque de poids plus élevé. Le poids augmente le risque de diabète, les risques cardio-vasculaires...

Mais, même à poids égal entre les végétariens et les non végétariens, le risque de maladies est moins forts chez les végétariens. Pour un même niveau calorique global et un même niveau de poids, il y a donc quand même une influence positive des fibres, et négative des acides gras saturés en tant que tels.

Les viandes apportent pour autant des éléments importants : sel, zinc… Il faut faire la différence entre les grands consommateurs de viande et les consommateurs moins réguliers.

Ne vaut-il pas mieux simplement consommer de la viande en quantité raisonnable ?

Oui, il est contre-indiqué de manger de la viande midi et soir. Il faut diversifier les apports protéinés, dans les familles des Viandes-Poissons-Œufs, et diversifier ses apports de protéines animales. Si ce n’est pas le cas, il faut compenser avec des végétaux mais en croissant les apports pour palier au manque. Il ne faut pas supprimer les apports de toutes les protéines animales comme le régime végétalien.

A suivre un régime végétarien, ne risque-t-on pas de souffrir de certaines carences ?

Si l'on compense bien le manque des protéines contenues dans les viandes non. Le blé ne suffit pas, les légumes secs en général sont assez riches en protéines tout comme les produits laitiers. Il faut diversifier ses sources alimentaires pour ne pas avoir de problème dans le régime végétarien, il faut trouver l’équilibre quand un point est rompu pour une raison quelconque.

Quid des végétaliens ?

Le régime végétalien est contre-indiqué, car il n’y a pas de compensation suffisante lorsqu’on exclut autant de sources alimentaires. Il y a des carences visibles. Les risques sont plus grands pendant la croissance, où l'alimentation à une place importante.

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