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Un homme fait le plein de diesel pour sa voiture dans une station-service de Mulhouse, dans l'est de la France, le 8 mars 2022.
Un homme fait le plein de diesel pour sa voiture dans une station-service de Mulhouse, dans l'est de la France, le 8 mars 2022.
©SEBASTIEN BOZON / AFP

Petites lâchetés françaises

Des hommes et des femmes meurent en Ukraine et nous on gémit devant les pompes à essence !

Nous avons facilement oublié que la paix est juste un intervalle entre les guerres.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Devant les pompes à essence, on geint et on râle. Les prix des carburants montent en flèche. Et on en veut aux Russes d'attaquer et aux Ukrainiens de se défendre. Nous voulons la paix pour... que le litre d'essence baisse. 

On regarde la facture d'électricité : elle augmente. Et nous en voulons toujours aux Russes et aux Ukrainiens de se battre. Car la hausse est due à leur conflit. Nous ne mourrons quand même pas de froid. Devant Kiev, on meurt tout court ! 

Nous ne voulons pas être coupés du gaz et du pétrole russes. Le prix du baril augmente et celui du gaz aussi. On meurt en Ukraine et nous assurons les victimes de notre compassion. Mais celle-ci ne va pas jusqu'a accepter qu'on touche à notre porte-monnaie. Et on frémit à l'idée que privés du blé russe et ukrainien, la baguette va coûter plus cher. La tragédie qui se déroule en Ukraine en dit beaucoup sur ce que nous sommes. 

Les sanctions financières occidentales touchent la Russie au coeur et nous aussi par ricochet. Et de cela nous n'en voulons pas. Nous avons oublié ce qu'est une guerre. Parce que nous en avons déjà perdu trois : celle de 39-40, celle d'Indochine et celle d'Algérie. 

Ces défaites pèsent sur notre inconscient. Alors nous regardons les images des hôpitaux ukrainiens bombardés par les Russes. On déplore certes puis on se rend à la pompe à essence et on gémit. Car à aucun prix nous ne voulons de la guerre. Ce qui nous permetd'oublier que c'est aussi pour nous que les Ukrainiens meurent.

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