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Déçue par l'Union Européenne, la Turquie tente de s'imposer comme le Médiateur du Moyen-Orient
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Ambitions turques

Déçue par l'Union Européenne, la Turquie tente de s'imposer comme le Médiateur du Moyen-Orient

Agacée par les atermoiements de l'Union Européenne, la Turquie voit de moins en moins son avenir à l'ouest. Grâce entre autre à une croissance économique de 8.5% en 2011, le pays nourrit des velléités de leader dans son bassin géographique : le Moyen-Orient.

Pierre Verluise

Pierre Verluise

Docteur en géopolitique, Pierre Verluise est fondateur du premier site géopolitique francophone, Diploweb.com.

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Depuis quelque temps la posture de la Turquie semble évoluer, aussi bien par rapport à son environnement qu’à l’égard de l’Union européenne.

Les « révolutions arabes » - avec toutes leurs ambiguïtés – ont semblé faire de la Turquie une forme de « modèle ». Pour autant, les élections ont porté au pouvoir des forces qui ne se retrouveraient pas nécessairement toutes dans les valeurs de la Turquie. Les drames en Syrie mettent encore la Turquie en avant, avec des réfugiés mais encore des combattants. Peut-on s’imaginer que la Turquie – membre de l’OTAN -  reste inerte par rapport à la situation en Syrie ? Reste à savoir le jeu réel d’Ankara en l’affaire. Plus largement, la Turquie, fait preuve d’un dynamisme économique enviable dans la région. Ce qui porte un projet d’ambition dans les pays du Moyen-Orient, notamment dans les pays de langue proche du turc.

Ce repositionnement est conforté par le ralentissement du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. La lecture attentive du dernier rapport de la Commission européenne au sujet des prochains élargissements laisse entendre une dégradation des relations UE-Turquie. Les points de blocages ne sont pas levés, Bruxelles n’apprécie pas la manière parfois forte d’Ankara… et les négociations piétinent. Qui n’avance pas recule.

Pour l’heure, l’Allemagne et la France s’opposent à l’adhésion de la Turquie à l’UE, et certains pays de moindre envergure se cachent courageusement derrière Berlin et Paris. Par ailleurs, il faut bien admettre que la conjoncture économique de l’UE et peut-être plus encore ses perspectives semblent de moins attractives. Marquée par une « fatigue des élargissements », affaiblie par la crise économique, troublée par la Hongrie de Victor Orban, l’UE s’interroge.

Pour autant, l’avenir reste à écrire. Un changement de majorité à Berlin comme à Paris offrirait à Ankara une possible marge de manœuvre… pour gagner sur les deux tableaux. 

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