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Valérie Pécresse était l'invitée du journal télévisé de 20H de TF1 ce jeudi 22 juillet. Elle a officialisé sa candidature pour l'élection présidentielle de 2022 et a indiqué qu'elle était favorable à une primaire de la droite.
Valérie Pécresse était l'invitée du journal télévisé de 20H de TF1 ce jeudi 22 juillet. Elle a officialisé sa candidature pour l'élection présidentielle de 2022 et a indiqué qu'elle était favorable à une primaire de la droite.
©Joël SAGET / AFP

Jugée sur pièces

De quelle droite Valérie Pécresse est-elle le nom ?

Valérie Pécresse a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle ce jeudi soir au JT de 20H de TF1. Elle souhaite "restaurer la fierté française", "remettre le pays en ordre" et "rompre avec dix ans de tergiversations, de mauvais choix et d'immobilisme". Elle a aussi plaidé en faveur de l'organisation d'une primaire ouverte à droite. Valérie Pécresse a tenté de s'inscrire comme une candidate de rupture avec LREM.

Jérôme Besnard

Jérôme Besnard

Jérôme Besnard est journaliste, essayiste (La droite imaginaire, 2018) et chargé d’enseignements en droit constitutionnel à l’Université de Paris.

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Atlantico : Dans une interview au Figaro et sur TF1, Valérie Pécresse a annoncé son intention de se présenter à la primaire de la droite. Elle s’est inscrite comme candidate de rupture avec LREM notamment au niveau de la sécurité et comme une alternative au sempiternel duel Macron- Le Pen. Qu’avons-nous appris de la candidate Pécresse ? 

Jérôme Besnard : Valérie Pécresse annonce que sa ligne sera « régalienne, laïque, écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale ». Elle aurait même pu ajouter européenne mais le terme est un peu passé de mode même chez Michel Barnier ! Valérie Pécresse est donc demeurée ce qu’elle a toujours été, c’est-à-dire une chiraquienne, autrement dit  l’héritière d’une droite gestionnaire, plutôt libérale économiquement et plutôt progressiste sur le plan sociétal. Une ligne qui correspond bien à celle de son électorat en Ile-de-France et qui est tout à fait compatible avec un affichage sécuritaire. Mais cette ligne à un défaut à un défaut : elle ne propose pas une alternative à la politique d’Emmanuel Macron, mais simplement promet d’être plus efficace. Son modèle de société, ses références économiques et sociales sont presque identiques à ceux de l’actuel chef de l’État.

En voulant se présenter à la Primaire de la droite et non pas telle une cavalière seule comme Xavier Bertrand, Valérie Pecresse n'essaie-t-elle pas directement de plier le match avec les candidats au sein du parti ? 

Elle a vu que Xavier Bertrand avait un coup d’avance et que sa candidature en amont l’avait servi. Elle a donc avancé la date de l’annonce de sa candidature pour devancer à la primaire ses potentiels rivaux comme Laurent Wauquiez, lui aussi très bien réélu lors du scrutin régional, Michel Barnier, qui a entamé un tour de France à l’occasion de la sortie de son livre sur le Brexit ou de Bruno Retailleau qui espère toujours pouvoir incarner une ligne conservatrice. Mais la vraie question reste de savoir ce que vont décider les amis de Nicolas Sarkozy aujourd’hui au pouvoir à la tête du parti LR. Vers quelle personnalité vont-ils se tourner ?

Ayant quitté le parti pour un différend avec la ligne Wauquiez, son discours actuel se rapproche cependant de la ligne conservatrice, essaie-t-elle désormais de faire le pont entre les pôles de la « très belle équipe de France de la droite et du centre » ? Cela pourrait-il marcher ?  

Au contraire, je crois qu’en larguant aux régionales en Ile-de-France ses alliés du Mouvement conservateur (anciennement nommé Sens Commun) au profit de sensibilités progressistes (comme GayLib), Valérie Pécresse souhaite se positionner en candidate d’une droite libérale progressiste, très chiraquienne sur le fond et la méthode. Comme je l’ai dit, c’est compatible avec un discours axé sur la sécurité des personnes et des biens. Mais son discours évite d’ouvrir un  vrai débat sur l’immigration, par exemple, préférant en rester au discours convenu sur la laïcité. La droite est, comme la France, trop fracturée pour pouvoir se rassembler autour d’une personnalité. On assiste simplement à des tentatives de créer des dynamiques personnelles autour de lignes différentes en espérant que cela fonctionne. Ce qui, de fait, n’a plus rien à voir avec la démarche gaulliste de « rassemblement » qui était elle-même calquée sur la stratégie du colonel de La Roque autour de son Parti social français (PSF) qui demeure la plus grande réussite militante de la droite au XXe siècle, sur une ligne catholique conservatrice.

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