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Les enfants commencent à être touchés par l'épidémie de Covid-19.
Les enfants commencent à être touchés par l'épidémie de Covid-19.
©DENIS CHARLET / AFP

Patients jeunes

De plus en plus d’enfants sont hospitalisés dans le monde en raison du variant Delta : avons-nous suffisamment de lits d' hôpitaux pédiatriques pour faire face à une éventuelle vague ?

Le variant Delta du coronavirus est plus contagieux pour tout le monde, y compris pour les enfants. Si, depuis le début de la pandémie, le virus n'a eu qu'un faible impact sur les services de pédiatrie, le nombre d'enfants hospitalisés est en progression.

Robert Cohen

Robert Cohen

Le Pr Robert Cohen est pédiatre et infectiologue à l’hôpital intercommunal de Créteil dans le Val-de-Marne.

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Atlantico : Que change le variant Delta pour les enfants ? Faut-il s'attendre à plus de cas graves et d'hospitalisations ?

Pr Robert Cohen : Le variant Delta est plus contagieux pour tout le monde et y compris pour les enfants. Il y a et il y aura plus d'enfants contaminés. A priori, il n'y a pas plus de formes graves en valeur relative. Si l'on constate plus de formes graves, c'est simplement parce qu'il y a plus d'infections.

Quelle charge le virus fait-il peser sur les services pédiatriques ?

Si on prend du recul, cette pandémie n'a eu qu'une faible incidence sur les services de pédiatrie. Le nombre d'hospitalisation de moins de 18 ans depuis le début de la pandémie tourne autour de 5.500. On compte 700/800 passages en réanimation et 600 syndrome de PIMS. Dans le service que je fréquente on a un ou deux cas de Covid en permanence, grand maximum. L'immense majorité des enfants est d'ailleurs là pour des formes bénignes. Comme nous l'écrivions dans une étude récente, un tiers des enfants hospitalisés ont moins de 3 mois. Et quand on hospitalise un enfant de 3 mois, ce n'est pas parce qu'il est gravement malade mais pour réaliser un bilan car on peut craindre une infection grave. Ensuite, il y a un certain nombre d'enfants hospitalisés pour qui l'infection au Covid a été découverte de façon fortuite (par exemple lors d'une hospitalisation pour drépanocytose, ce qui est assez fréquent). Donc le virus n'est pas toujours le motif premier de l'hospitalisation. 

Les services de pédiatrie sont-ils prêts à une éventuelle vague ?

Le taux d'occupation des lits est très faible. Même s'il y a une augmentation des cas de Covid (ce qui serait regrettable car il y aura mathématiquement plus de formes graves), je ne peux pas imaginer une saturation des services de pédiatrie. D'ailleurs, nos services de réanimation pédiatriques ont pris en charge des adultes. Même en multipliant par deux ou trois les hospitalisation, on part de tellement bas qu'on arriverait à surmonter la vague.

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N'y a-t-il pas un risque que les cas de Covid viennent s'ajouter à d'autres maladies ?

Tous les ans, plus de 20 000 enfants sont hospitalisés pour bronchiolite. On craignait que les épidémies de gastro-entérites et bronchiolites viennent s'ajouter au Covid et surchargent les services pédiatriques. Heureusement, ça n'a pas été le cas. En effet, les mesures barrières prises contre le Covid ont fait reculer l'épidémie de bronchiolite et donc libéré des lits.

Cela ne sera d'ailleurs pas sans conséquence pour l'avenir : toutes ces maladies qui n'ont pas circulé n'ont pas permis aux enfants de s'immuniser. On peut parler pour eux de "dette immunitaire" qui peut se payer par la suite. Mais pour l'instant, nous n'en sommes pas là. 

Quelle différence y a-t-il entre un lit d'hôpital pédiatrique et un lit adulte ?

C'est surtout le personnel qualifié qui n'est pas le même. Perfuser, donner de l'oxygène, donner à manger : tout est différent. Les pathologies et les complications ne sont pas les mêmes non plus. Les lits de pédiatrie ont diminué au fur et à mesure des années mais sont devenus de plus en plus spécialisés. Il existe une dizaine de surspécialités pédiatriques (cardiologues pédiatriques, neuropédiatres, réanimateurs pédiatriques, etc.) dont l'existence est parfaitement justifiée par les pathologies. 

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