Conquête : pourquoi les attentats de Barcelone ont une haute valeur symbolique pour la nébuleuse islamiste mondiale | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Europe
Conquête : pourquoi les attentats de Barcelone ont une haute valeur symbolique pour la nébuleuse islamiste mondiale
©Andrea Comas / Reuters

Terrorisme

Conquête : pourquoi les attentats de Barcelone ont une haute valeur symbolique pour la nébuleuse islamiste mondiale

​13 morts, 100 blessés au minimum, cette seconde attaque d’envergure après celle de mars 2004 à Madrid frappe le pays que les islamistes radicaux de tous les bords n’ont jamais cessé de revendiquer comme « territoire perdu du Califat islamique » (Al-Andalus), à récupérer à tout prix.

Alexandre Del Valle

Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient dans des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan) ou bien encore La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur). 

Son dernier ouvrage, coécrit avec Emmanuel Razavi, Le Projet: La stratégie de conquête et d'infiltration des frères musulmans en France et dans le monde, est paru en novembre 2019 aux éditions de L'Artilleur. 

Voir la bio »

13 morts, 100 blessés au minimum, les attentats de Barcelone, commis un peu avant 18 heures hier avec une fourgonnette dans les  Ramblas, en plein cœur de la capitale catalane, ont une valeur symbolique pour la nébuleuse islamiste sunnite mondiale, car cette seconde attaque d’envergure en Espagne - après celle de mars 2004 à Madrid - frappe le pays que les islamistes radicaux de tous les bords n’ont jamais cessé de revendiquer comme « territoire perdu 

Après l’attaque à la fourgonnette de l’après-midi, cinq terroristes ont été tués sur la promenade de la station touristique de Cambrils (Tarragone) par les Mossos de Escuadra, la police catalane, alors qu’ils s’apprêtaient à commettre un second attentat massif à Tarragone. Au bilan du premier attentat, s’ajoute donc les six personnes qui ont été blessées par les terroristes a Cambrils, l’un d'entre eux étant en état critique. On sait que les assaillants portaient de (fausses) ceintures d’explosifs.

Pour résumer : deux suspects ont été arrêtés, un à Ripoll et l’autre  à Alcanar (Catalogne), mais pas le conducteur de la camionnette principale. Par ailleurs, le major des Mossos d'Esquadra, josep Lluís Trapero,  a confirmé hier soir que l’explosion qui a eu lieu le matin même à Alvanar est liée à l’attentat. L’explosion de mercredi aurait été produite par la manipulation de plusieurs bombonnes de gaz par les terroristes. Elle a fait un mort et sept blessés. Conformément au plan des planificateurs de l’attentat, le chaos a régné dans la capitale catalane, dès 18 heures, lorsque des milliers de personnes ont commencé à courir dans les rues du centre-ville après que la fourgonnette blanche ait heurté des dizaines de personnes sur une trajectoire de 500 mètres de long, depuis la plaza de Catalunya jusqu’en face du théâtre du Liceu sur les Ramblas. Comme s’en doutaient les autorités espagnoles anti-terroristes, le conducteur et auteur du massacre de las Ramblas qui avait abandonné discrètement et vite sa fourgonnette sans sacrifier au rituel Allah ou Akbar, et sans chercher à mourir en « martyr » dans une confrontation finale et rédemptrice avec les forces de l’ordre (ou sans même essayer de continuer  à abattre des passants avec une arme comme dans d’autres cas), comptait rester en vie pour récidiver, ce qui semble confirmé par la seconde attaque de cette nuit. Par ailleurs, les Mossos de Esquadra, qui n’ont jamais cherché à minimiser le caractère organisé de l’attentat ni parlé de « loups solitaires » sous prétexte que le premier terroriste marocain identifié n’a pas le profil d’un islamiste-type, sont certains que plusieurs autres individus ont participé à l’attaque et qu’il s’agit d’un acte d’un groupe jihadiste organisé ayant une stratégie précise et coordonnée avec celle de l’Etat islamique.

Le profil typique du terroriste de « 3 ème génération », ambivalent, narcissique, pro-palestinien, plus voyou que bigot et ressentimental

Contrairement à ses homologues françaises et britanniques, la police catalane a confirmé très rapidement le caractère terroriste de l’attaque. Elle a communiqué tout aussi rapidement sur l’identité du premier suspect arrêté, le Marocain Dris Oukabir, qui a été facile à identifier étant donné son profil tout sauf discret. Né au Maroc, Oubakir dit avoir vécu à Marseille, mais il était légalement enregistré comme résident depuis des années en Catalogne, dans la ville de Ripoll. C’est lui qui a loué la fourgonnette dans le village de Santa Perpétua de Mogoda près de Barcelona.

Particulièrement narcissique et paradoxal, l’homme s’est rebaptisé « soprano » sur son compte Facebook, en référence à la série américaine relatant la vie de mafieux italiens. Il y pose sur la plage (avec son chien, animal pourtant interdit par l’idéologie islamiste-salafiste) et sur des selfies pris notamment devant une glace, puis il annonce qu’il est en couple. Sur son mur, Oukabir a partagé ces dernières semaines de nombreux vidéoclips de musique rap en arabe ainsi qu’une publication d’une page appelée Mesh heek qui, illustrée de photos et d’une vidéo, dénonce la « colonisation des Arabes » en référence au conflit israélo-palestinien. On peut aussi voir cette bande annonce : « Quel malheur pour les Arabes, même les enfants n’échappent pas à la colonisation ». Datée du 9 juillet, la publication est illustrée d’une image d’un soldat israélien en train d’agresser un enfant palestinien musulman coiffé d’une Kufiyya, le tout sur fond de drapeau de la Palestine.

Le second suspect, quant à lui arabe-marocain de nationalité espagnole né à Melilla - l’enclave espagnole du Nord du Maroc - aurait été intercepté après que l’on ait découvert, dans les environs d’un fast food de Vic, vers 20h, une autre fourgonnette que les terroristes auraient utilisé après l’attaque, et où a été retrouvé le passeport espagnol de ce second suspect qui se serait rendu de lui-même. Un troisième suspect, qui avait tenté d’emboutir un agent de police lors d’un contrôle à la sortie de Barcelone, a été retrouvé mort dans sa voiture à trois kilomètres du lieu où les agents ont essayé de l’arrêter avec des tirs.

« Des vieux comptes à régler avec l’Espagne » depuis la « perte » d’Al-Andalous

Rappelons que l’Espagne est en situation d’alerte terroriste quasi maximale depuis 2015, bien que depuis les attentats de Madrid du 11 mars 2004, qui firent 192 morts et 2.000 blessés, aucune attaque jihadiste d’ampleur n’a été commise en Espagne. Notons tout de même qu’il s’agit en Europe depuis seulement un an du huitième attentat au camion ou à la fourgonnette.  

Si l’on compare les mobiles des attentats de 2004 à Madrid et celui d’hier, il est intéressant d’observer que les motivations réelles des attentats terroristes commis dans les deux villes espagnoles ont été « expliquées » et légitimées de façon limpide dans une vidéo très significative diffusée par l’Etat islamique en 2014, depuis la Syrie (« Cham ») : « au nom d’Allah le Miséricordieux, Grâce à Allah du monde entier, nous sommes dans la terre sainte de l’islam, et je vous dis à tout le monde et je vous avertis : nous vivons sous la bannière de l’Etat islamique et nous allons mourir pour elle jusqu’à ce que nous ayons récupéré toutes les terres musulmanes perdues, De Jakarta à l’Andalousie et je vous le dis, l’Espagne est la terre de nos ancêtres et nous la récupérerons avec l’aide de Dieu ». Cette idée de « récupérer la terre islamique d’Al-Andalous ». Rappelons en passant qu’Al-Andalous n’est pas synonyme de la région actuelle d’Andalousie (sud de l’Espagne), mais qu’elle désigne plus largement, dans les représentations arabo-islamiques, toute l’Espagne jadis dominée par l’empire arabo-berbéro-islamique de 711 à 1492, dont notamment la Catalogne.

Cette idée de Reconquista à rebours était déjà très présente dans l’un des textes de revendication des attentats du 11 mars 2004 (gare d’Atocha de Madrid), lorsque, le 12 mars 2004, les Brigades Abou Hafs Al-Masri, affiliées à Al-Qaïda, se sont félicité du « succès » de « l’Opération Trains de la mort» en déclarant que « Les Brigades de la mort ont pénétré au cœur de la terre des croisés européens pour assener un coup douloureux à l’un des fondateurs de la coalition croisée. Il s’agit là de régler de vieux comptes avec l’Espagne croisée, alliée des Etats-Unis, en guerre contre l’islam», expression qui inclut à la fois la participation de l’Espagne du gouvernement de José Maria d’Aznar à la coalition américaine en Irak, mais aussi la Reconquista qui mit fin à la présence arabo-musulmane et au califat en Espagne en 1492. Déjà, en octobre 2003, Oussama Ben Laden, l’ex chef et cofondateur d’Al-Qaïda, avait clairement désigné l’Espagne comme cible dans un communiqué envoyé à Al-Jazeera, ce qui avait mis en alerte les services de renseignement espagnols du Centro Nacional de Inteligencia (CNI) qui inclurent alors pour la première fois la menace jihadiste dans leur Directive annuelle stratégique. Cette prise de conscience bien tardive était due au fait que l’Espagne avait surtout eu maille à partir auparavant avec le terrorisme basque de l’ETA, extrêmement meurtrier pendant des décennies, d’où la réaction initiale du premier ministre d’alors, Aznar, qui imputa à tort à l’ETA la responsabilité des attentats de Madrid. Le 15 mars 2004, quatre jours après le drame, la chaîne de télévision Al-Arabiya, retransmit une autre vidéo de Ben Laden qui justifiait l’attaque du 11 mars comme des « représailles pour venger les actions en Irak, Afghanistan et Palestine ».

Toutefois, chacun sait que les jihadistes-salafistes d’Al-Qaïda ont toujours été les ennemis jurés des Etats nationalistes arabes comme l’Irak baassiste de Saddam Hussein, alors attaqué en 2003 par les Etats-Unis et leurs alliés anglais, espagnols, etc, au profit de monarchies islamistes sunnites voisines. Cette revendication plus « anti-impérialiste » et visant à mobiliser les tiers-mondistes occidentaux, était essentiellement rhétorique, mais le vrai mobile théocratique-califal avait été clairement formulé puis théorisé dans les années 1980 déjà par le maître de Ben Laden, précurseur d’Al-Qaïda en Afghanistan, Abdallah Azzam, référence suprême de toute la mouvance salafiste-jihadiste-takfiriste, dans son ouvrage « La récupération des territoires islamiques perdus ». L’Espagne –Al-Andalous y figurait en première place avec la Palestine parmi les territoires islamiques à « reprendre ». Puis c’est un autre cerveau historique du jihadisme moderne salafiste, Ayman Al-Zawahiri, le successeur même de Ben Laden, qui déclara lancer une campagne mondiale jihadiste en vue de la « libération de Ceuta y Melilla », les enclaves espagnoles du Nord du Maroc dont est originaire l’un des terroristes de Barcelone, puis de la reprise de « tous les royaumes de l’islam, du Turkmenistan Oriental (Chine-Xinjang) jusqu’à Al-Andalous ».

Concernant les évènements de cette nuit, c’est l’agence de communication de Da’ech, Amaq, qui a formulé la revendication au nom des «soldats de l’Etat Islamique responsables de l’attentat de Barcelona qui ont répondu  aux appels du Califat à attaquer les pays qui ont intégré la coalition ». Allusion à la coalition internationale contre Da’ech en Irak dont l’Espagne est effectivement membre (de façon certes minime puisqu’elle n’a fait qu’y envoyer 300 instructeurs).

Quant à la méthode d’attaque au camion, elle est préconisée par Da’ech depuis des années et elle a été théorisée par l’ex-porte-parole et cerveau de l’Etat islamique, Abou Mohammed Al-Adnani. «Si tu conduits une fourgonnette, renverse le plus de gens jusqu’à remplir les rues de sang», réitérait l’Etat islamique il y à peine deux semaines sur le Net dans une vidéo. L’édition de décembre 2016 de la revue «Rumiyah» - nouvelle organe de propagande de Da ‘ech créé après la mort d’Adnani et qui veut dire Rome, allusion à la conquête des pays chrétiens - appelait ses séides de l’EI partout dans le monde à multiplier les attentats aux véhicules, notamment en Europe, une « arme très complète », et surtout facile à piloter et à acquérir et dont la possession « n’est pas suspecte »… à la différence des avions des commandos du 11 septembre 2001.

La symbolique centrale d’Al-Andalous dans la vision du monde néo-califale des jihadistes-salafistes 

Pour revenir à l’idéologie néo-califale et donc irrédentiste de Da’ech, les revues du groupe terroriste Dabiq (anglais), Rumyah, ou Dar al-Islam (français) destinées aux publics occidentaux, ainsi que de nombreuses vidéo et déclarations et écrits, n’ont jamais cessé d’appeler à la reconquista à rebours d’«Al-Andalous» (qui incluait alors la Catalogne, l’Andalousie actuelle, Valencia, Murcia, la Castille et la quasi-totalité du pays sauf quelques provinces au Nord), ce qui fait de l’Espagne un des pays potentiellement les plus menacés d’Europe. Cependant, si l’Espagne n’a pas été souvent attaquée depuis 2004, c’est premièrement parce que ce pays, qui abrite d’importantes communautés musulmanes sunnites pakistanaises et maghrébines, a également servi de base-arrière aux jihadistes, et, deuxièmement parce que le système anti-terroriste espagnol, après des décennies de lutte contre le terrorisme basque de l’ETA, puis en réaction aux attentats de Madrid  de 2004, est très efficace.

Depuis ce drame, les autorités ibériques ont réalisé 220 opérations terroristes, et une quarantaine pour la seule année en cours. Le nombre de détenus en relation avec des activités terroristes en Espagne, depuis ces 13 dernières années, s’élève à 723, selon les données officielles du Ministère de l’Intérieur, ainsi que cela a été actualisé le 7 août dernier dans les statistiques officielles publiées par le Ministère de l’intérieur.

Le fait que l’on ait retrouvé dans l’un des deux camions une carte d’identité d’un résident Melilla, l’enclave espagnole du Maroc revendiquée en permanence par l’Etat islamique n’est pas étonnant. En effet, dans le cadre de cet objectif califal de reprendre Al-Andalous, l’Etat islamique tente tout particulièrement de recruter des jihadistes au Maroc afin de lancer des opérations dans toute l’Europe, sachant que les Marocains, avec 5000 moudjahidines, figurent parmi les deux plus grands contingents de Da’ech avant les Tunisiens, les Tchétchènes et les Saoudiens. Dans ce contexte, l’EI a tenté de recruter tout particulièrement à Melilla et Ceuta, territoires géographiquement marocains, mais habités par des citoyens arabo-espagnols dont les papiers d’identité peuvent permettre une meilleure circulation en Europe que des passeports marocains ou d’autres pays arabes. L’habitant de Melilla et Ceuta autochtone arabophone et musulman, de nationalité espagnole, correspond au profil idéal.. Ainsi, dans sa propagande, l'État islamique joue sur la frustration des Marocains du Royaume chérifien qui ne supportent pas ces enclaves, véritables témoignages « humiliants » d’un colonialisme espagnol passé qui avait justement prolongé stratégiquement la Reconquista et l’expulsion des Maures d’Espagne il y a cinq siècles.

Da’ech explique à ces candidats jihadistes qu’en se « joignant au jihad », ils seront les pionniers de la revification de la péninsule ibérique qui « retournera à l’islam ». Souvent appelé « pays d'oppression » par les Jihadistes, l'Espagne chrétienne est le pays européen par excellence à (re)conquérir dans l’optique néo-califale irrédentiste d’islamiser toute l’Europe du Sud puis, Rome, et ensuite l’Occident.

Le Maroc, pays-tremplin dans la stratégie jihadiste en Europe, maillon faible de l’Occident

Le Maroc, Royaume moderne, pro-occidental, mais islamique, où l’enseignement et les discours politiques ont toujours entretenu une profonde nostalgie de l’Al-Andalous perdue (considérée ex-marocaine), est le pays idéal de recrutement et de tremplin pour le jihad européen. Ce dernier n’est pas le cœur d’action du Califat, puisque ce cœur est l’Irak et la Syrie. Toutefois, la vieille Europe - qui a du mal à intégrer ses immigrés musulmans – qui est le maillon faible de l’Occident, qui est dénuée de politique migratoire, d’union stratégique et de combattivité, et qui est de surcroit complexée vis-à-vis de son passé colonial - contrairement à la Russie ou aux Etats-Unis - demeure le lieu privilégié de la mobilisation médiatique planétaire que les islamistes savent parfaitement exploiter.

Le vrai but idéologique et « marketing » du terrorisme

Car le terrorisme est avant tout un mode d’action psychologique. L’Etat islamique dit souvent qu’il consiste à « jeter l’effroi et la peur dans le cœur de l’ennemi ». La chose fonctionna très bien à Madrid, en 2004, puisque l’attentat fit plier les Espagnols qui changèrent brutalement de cap politique, en votant pour la gauche, persuadés d’avoir été « punis » pour leur présence militaire coupable en Irak voulue par la droite, alors que le but réel des islamistes est bel et bien l’islamisation-soumission de l’Espagne par la terreur psychologique et la « publicité idéologique » permise par la médiatisation de la barbarie. La chose fonctionne aussi ailleurs en Europe, puisqu’à chaque attentat islamiste, nos politiques, intellectuels et médias font à chaque fois de la « publicité gratuite », soit négative (« les méchants jihadistes »), soit positive (« le vrai islam est formidable et n’a rien à voir avec le jihadisme-terroriste »), au profit de l’islamisme conquérant.  Peu importe que ce « marketing » terroriste en faveur de l’islam soit souvent négatif,, puisque le vrai objectif stratégique du totalitarisme islamiste, foncièrement idéologique, est de marquer, sidérer, puis convertir les esprits en vue de voir les territoires tomber plus tard comme des fruits murs. D’où la déclaration d’Al-Adnani qui déclarait peu avant sa mort que « l’on n’a rien compris si l’on pense que Da’ech perd la guerre en perdant des villes ».  En parlant d’islam à longueur de temps en bien ou en mal, en s’excusant toujours plus de ne pas être « islamophobe » à chaque fois qu’elle est agressée mortellement par les islamistes terroristes, en se couchant devant communautarisme islamiquement correct qui a déjà réussi à faire taire ou condamner-diaboliser tous les « islamophobes » et blasphémateurs de Theo Van Gogh à Charlie Hebdo, alors que les christianophobes sont très prisés, l’Europe joue de facto depuis des décennies le jeu de ce totalitarisme théocratique. Les cerveaux du jihadisme voient probablement à juste titre dans la faiblesse psychologique de l’Europe et dans son renoncement identitaire, son meilleur atout pour soumettre les esprits et convertir progressivement les âmes. Et dans cette stratégie prosélyte, on observe la complémentarité d’action des « coupeurs de tête » et des « coupeurs de langue », les islamo-terroristes et les islamistes non-violents à la Frères musulmans. La preuve réside dans le fait que depuis septembre 2001, les conversions d’Occidentaux à l’islam n’ont jamais été si nombreuses et aussi radicales. Cette vraie nature « idéaliste-prosélyte » du terrorisme est trop souvent sous-évaluée, comme le déplore depuis des décennies l’un des plus grands stratèges occidentaux, Edward Luttwak.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !