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Comment l'agriculture est arrivée en Europe il y a 8 000 ans grâce à des populations venues de la mer Égée
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Comment l'agriculture est arrivée en Europe il y a 8 000 ans grâce à des populations venues de la mer Égée

"Nous savions que l'agriculture est apparue en Europe il y a environ 8000 ans, mais on ignorait si ce savoir et ces techniques s'étaient répandues par diffusion culturelle ou par migration", explique Mathias Currat, de l'Université de Genève, co-auteur d'une récente étude internationale.

Selon les auteurs d'une récente étude internationale menée dans plusieurs pays tels que la Grèce, la Turquie, l'Allemagne, la Hongrie ou encore l'Espagne, l'agriculture a fait son apparition sur le continent européen pendant la période néolithique, il y a plus de 8 000 ans, grâce à l'arrivée de populations venues de la région de la mer Égée. 

Alors que l'Europe centrale voyait encore évoluer en grande majorité des chasseurs-cueilleurs, la zone correspondant à l'actuelle région gréco-turque était déjà initiée à diverses activités agricoles entre 6500 et 4000 avant J.-C., révèle l'équipe du paléogénéticien Joachim Burger (cité par le Washington Post), de l'Université de Mayence, en Allemagne, dont les travaux ont été relayés lundi 6 juin par la revue "Proceedings of the National Academy of Science".

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé des parties de l'ADN mitochondrial des squelettes de 5 habitants originaires de mer Égée. Après avoir comparé les résultats de ces analyses avec l'ADN d'individus considérés comme les premiers agriculteurs du continent européen, les chercheurs ont acquis la certitude que cette technique résultait d'un processus migratoire, et non culturelle. 

Selon ces analyses, les premiers agriculteurs issus d'Europe centrale et d'Espagne avaient moins de caractéristiques communes entre eux, qu'ils n'en avaient avec les migrants venus de mer Égée.

"Nous savions que l'agriculture est apparue en Europe il y a environ 8000 ans, mais on ignorait si ce savoir et ces techniques s'étaient répandus par diffusion culturelle ou par migration (…) Nous voulons également étudier la chronologie des contacts entre les paysans égéens et les chasseurs-cueilleurs", a expliqué Mathias Currat, de l'Université de Genève, co-auteur de ces travaux, cité par SwissInfo.

Les différentes recherches semblent donc prouver que les tous premiers agriculteurs arrivés dans les régions du sud et du centre de l'Europe étaient originaires de territoires situés près de la mer Égée. Ce basculement technique serait très probablement le fruit d'un processus migratoire, estiment les spécialistes, qui précisent que cette affirmation n'est pas pour autant applicable à toutes les régions d'Europe. 

Les équipes de scientifiques sont notamment parvenues à distinguer deux routes migratoires : une voie menant vers la péninsule ibérique via la Méditerranée, et une autre passant par les Balkans, vers l'Europe centrale. 

Les fragments d'ADN analysés ont également permis aux chercheurs d'identifier certaines spécificités de ces premiers agriculteurs issus de la mer Égée, comme par exemple leur apparence physique ou leur patrimoine générique. Selon les déductions des scientifiques, ces migrants avaient une peau plutôt claire et des yeux foncés, et n'étaient pas encore dotés de gènes assez développés pour leur permettre de digérer des produits laitiers à l'âge adulte. 

Par ailleurs, après avoir comparé ces fragments d'ADN à ceux d'habitants de l'Europe moderne, les chercheurs ont pu déterminer que ces premiers agriculteurs ne sont pas leurs ancêtres directs. Les Européens d'aujourd'hui descendent également de chasseurs-cueilleurs, qui ont fini par se mélanger avec de nouveaux arrivants, mais aussi avec une troisième population vraisemblablement venue de l'est il y a environ 5 000 ans. 

"Toutes les populations modernes en Europe portent nettement les signes distinctifs égéens dans leur ADN. Des populations originelles, il est resté peu de choses, de manière générale comme dans le génome", conclut Barbara Horejs, de l'Académie autrichienne des sciences, qui a codirigé cette étude. 

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