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Comment la France est en passe de devenir une non-puissance de premier plan
©Reuters

Petit géant deviendra nain

Comment la France est en passe de devenir une non-puissance de premier plan

François Hollande débute ce jeudi 5 juin une journée qui pourrait être historique alors qu'il reçoit successivement la Reine d'Angleterre, Barack Obama, puis Vladimir Poutine en fin de soirée. Le pays des Droits de l'Homme a pourtant peu de chances de faire entendre sa voix alors que sa puissance morale, militaire et économique ne cesse de décliner au fil des ans.

François Géré

François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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Christian Harbulot

Christian Harbulot

Christian Harbulot est directeur de l’Ecole de Guerre Economique et directeur associé du cabinet Spin Partners. Son dernier ouvrage :Les fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes, est paru en mars 2016 chez Lemieux éditeur.

Il est l'auteur de "Sabordages : comment la puissance française se détruit" (Editions François Bourrin, 2014)

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Le déclin de notre poids moral sur la scène internationale

  • Si elle se définit encore fièrement comme la patrie des Droits de l'Homme sur la scène internationale, la France des dernières années n'est pas forcément exemplaire en la matière. On peut notamment rappeler que le pays de Voltaire a été condamnée 23 fois par la Cour Européenne des Droits de l'Homme en 2011, et plus de 600 fois sur plus de 870 jugements depuis 1959. Elle compte ainsi parmi les mauvais élèves avec (dans l'ordre) la Turquie, l'Italie, la Russie, l’Ukraine, la Pologne la Roumanie et la Grèce. 

Christian Harbulot : Le magistère moral de la France, au-delà de son utilité, est évidemment de plus en plus difficile à défendre car il nous met face à nos propres contradictions. Ayant choisi d’intervenir en Afghanistan et en Lybie, ayant failli intervenir en Syrie, la nation des Droits de l’Homme voit aujourd’hui son image se fissurer auprès des autres gouvernements de la planète. Arc-boutés que nous sommes sur une sorte de supériorité que plus personne ne valide, nous en finissons même à ne plus réussir à défendre notre vision du monde. L’affaire du Rwanda et du rôle de la France dans le génocide est ainsi une illustration exemplaire de ce paradoxe, puisqu’une grande partie des responsabilités ont été rejetées sur le gouvernement Mitterrand alors que d’autres puissances, notamment la Grande-Bretagne, ne sont pas nécessairement étrangères à l’engrenage infernal qui s’est déclenché en 1994.

Dans le monde qui est le nôtre au XXIe siècle, à quoi peut du reste servir un tel magistère ? On pourrait presque être tentés de répondre à la manière cynique d’un Staline : La morale, combien de divisions ? On ne saurait critiquer par essence le fait de se poser comme une puissance responsable, polissée dans sa relation avec les autres et respectueuse des droits de l’Homme, ce positionnement étant salutaire en soi. On oublie toutefois de préciser un (léger) détail en la matière : depuis que le monde existe, la posture morale n’a concrètement profité à aucun état ni à aucune puissance. Il faut rester réaliste et lucide et voir que de tels engagements sont non seulement improductifs sur les plans géopolitiques mais aussi impossibles à mener pour une grande puissance sans que cela pose de graves problèmes de cohérence (on le voit récemment avec la remise en cause du libéralisme américain après les guerres de l’ère Bush, NDLR). On pourrait me rétorquer que des pays comme la Suède, la Suisse ou la Finlande pourraient sur certains points correspondre à cette vision "positive" des relations internationales (défense des droits de l’Homme, de l’égalité homme-femmes, neutralité…). Il est toutefois possible de modérer de tels constats à la lumière de l’actualité, la Suède ayant récemment été confrontée aux problèmes des tensions ethniques que l'on sait avec les émeutes de mai 2013 tandis que la Norvège a été frappée par l’attentat du nationaliste radical Anders Breivik.

On voit donc des pays qui ne sont plus aussi clairs quant aux principes qu’ils choisissent de mettre en avant, et l’on parle par ailleurs de pays qui n’ont jamais été parmi les premières puissances mondiales. En conséquence, on peut affirmer que la position « morale » de la France, si elle peut être considérée comme louable, ne nous rapporte pas grand-chose actuellement. Elle peut même, dans des cas comme celui du Rwanda, finir par nous desservir.

François Géré : Il n’est de magistère moral que fondé sur la capacité à le soutenir et à le faire respecter non par la force mais par l’exemple. L’autre difficulté consiste en ce que l’universalité des valeurs proposées ne soient pas celles d’un Etat mais bel et bien acceptables par le « monde entier ». Faut-il rappeler que la perception du monde entier a fortement évolué entre 1789 et 1989… !

Bref des valeurs universelles de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, transposées grâce à la subtilité de René Cassin en une DDH des Nations Unies avec l’espoir de la formation d’une véritable communauté internationale qui, en dépit de la rhétorique bien pensante, n’existe pas. Le magistère moral  se fonde sur de formidables ruptures dans l’ordre établi. Car la DDHC est indissociable de la Révolution qui abolissant les privilèges, brisa brutalement l’Ancien Régime. La DDH de San Francisco est le produit des désastres de la seconde Guerre Mondiale et de la faillite des principes de la SDN issue de la première guerre mondiale.

Au fil du temps et des mutations de l’équilibre de la puissance qui nous était défavorable, les chefs d’Etat français ont progressivement glissé de l’universalité de NOS valeurs à « l’exception française » en raison d’un besoin maniaque de se singulariser, faute de disposer des moyens d’une véritable grande puissance.  Cette démarche empreinte de  nostalgie de la puissance perdue est de plus en plus perçue comme arrogante à travers le monde.

Et pourtant ces valeurs proclamées mais pas toujours respectées séduisent quand même. Elles conservent à la France une aura dans le reste du monde en proie à ses convulsions particulières. Je dirais que nous bénéficions d’une universalité par défaut en ce sens que personne n’a jamais encore trouvé mieux. La Chine s’essaye à ce sport très particulier. Elle proclame la création d’une voie chinoise de démocratie fondée entre autres sur les principes du confucianisme. Mais il faudra des décennies pour aboutir, dans la pratique, à un résultat tangible.

Le recul continu de la puissance militaire

  • En part du Produit Intérieur Brut, le budget de la Défense nationale a baissé de manière quasi-constante depuis 1982 (2.96% du PIB) jusqu'à 2013. Après une légère augmentation de  budget en 2009 (de 1.56 à 1.75% du PIB) il s'est à nouveau affaissé avec la crise de la zone euro pour revenir à 1.53% du PIB en 2013. (Source : Ministère de la Défense).

Christian Harbulot : Il est clair que la France a aujourd'hui bien du mal à faire sienne cette maxime japonaise : "un pays riche, une armée forte" alors qu'elle traverse une période de grandes difficultés financières et économiques. Croire que l'on peut  dans un tel contexte continuer à développer et entretenir un appareil militaire de puissance est en conséquence illusoire. La priorité des priorités étant d'épargner au maximum notre force nucléaire, on a ainsi vu sur les trente dernières années la force dîte conventionnelle (troupes au sol et armes non biologiques ou nucléaires, NDLR) supporter des coupes drastiques dans le budget. Ces baisses ont des conséquences sur l'équipement, le nombre de soldats déployés et la modernisation des matériels, finissant par placer à terme l'armée une situation extrêmement difficile.

Voir aussi "Les soldats, presque aussi usés que le matériel : ce que l’armée française pense vraiment de la façon dont elle est traitée"

A celà s'ajoute une perspective sécuritaire qui me semble trop peu évoquée aujourd'hui. Loin d'être préoccupés par les enjeux de la lutte anti-djihadiste, nos dirigeants ont un aujourd'hui un problème fondamental sur le plan de la sécurité intérieure : le coût toujours plus exorbitant de l'achat de la paix sociale. Le reste apparaît comme une broutille en termes de risque d'implosion et c'est bien ce fait qui pousse nos hommes politiques à rogner toujours plus sur des budgets comme ceux de la Défense. On en arrive ainsi à ce paradoxe où nos élites se trouvent prêtes à saborder une partie de notre outil de puissance pour s'épargner les conséquences d'un blocages des différents dispositifs publics (subventions ciblées, situations de rentes, NDLR) qui maintiennent cette paix sociale aujourd'hui.

On ne peut que regretter de voir qu'aucun, absolument aucun représentant politique ne soulève cette question qui est pourtant primordiale pour comprendre la régression continue de notre appareil militaire sur les trente dernières années. Autrement dit, maintenir notre appareil de défense reviendrait à réduire les moyens de la paix sociale, sacrifice qu'aucun membre du personnel politique ne semble prêt à assumer aujourd'hui. On se trouve il est vrai face à une question qu'il est impossible de résoudre à travers une simple note d'énarque, et l'occasion serait idéale pour adopter enfin une réelle logique stratégique pour la résoudre.

François Géré : La dissuasion nucléaire constitue une stratégie unique en son genre parce qu’elle repose sur un instrument technique exceptionnel en raison de son incommensurable pouvoir d’anéantissement. On oublie cette donnée parce que –heureusement- l’arme thermonucléaire (je dis bien thermonucléaire) n’a jamais été utilisée. La dissuasion nucléaire protège les intérêts vitaux de la nation contre une agression majeure. Rien de plus, rien de moins. Ce n’est pas la potion magique de la paix universelle. La dissuasion nucléaire n’avait aucun rôle à jouer dans les Balkans entre 1992 et 1999.

Elle n’avait pas pour rôle de protéger les populations de Bosnie ou du Kosovo.

La dissuasion conventionnelle est donc une tout autre affaire. Elle exige une quantité importante de forces classiques qu’il faut financer. L’essentiel de la stratégie mondiale contemporaine repose sur l’articulation et la combinaison entre la dissuasion nucléaire et l’action conventionnelle. La première autorise la liberté d’action parce qu’il n’est plus possible d’interdire par un chantage nucléaire l’engagement de la force quelque part dans le monde, en Lybie, au Mali.

Cela ne veut pas dire qu’il est facile d’agir dans ces pays car il faut des forces conventionnelles suffisantes et efficaces. Pour reprendre une vieille formule ("l’artillerie conquière, l’infanterie occupe")  le nucléaire "couvre" aujourd’hui le conventionnel qui peut agir sans crainte de se voir interdire son intervention, peu importe son but affiché. La France disposant d’une capacité de dissuasion nucléaire crédible, fondée sur un principe de juste suffisance est en mesure de s’opposer à tout chantage à l’égard de son action dans le monde. Maintenant si elle ne dispose pas de moyens d’action sur les théâtres extérieurs, cette relation fondamentale perd toute valeur.

Il est tout simplement absurde que l’on envisage de faire des économies sur l’une comme sur l’autre, sauf à s’interdire la réalité d’une puissance crédible.

Un affaissement toujours plus dangereux de notre poids économique

  • Le déficit du commerce extérieur français s'établissait à 45 milliards d'euros pour l'année 2009 soit près du double de son niveau de 2005 (24 milliards). En 2013, le déficit s'est porté à 60 milliards, la tendance étant similaire sur les cinq premiers mois de 2014.

Christian Harbulot : Au delà du récent cas d'Alstom qui illustre la chute d'un joyau de l'industrie technologique, les révélateurs du déclin de notre puissance économique sont les plus visibles dans ce que l'on peut appeler les activités stratégiques (industrie de défense, R&D, politique sociale et familiale) . Ainsi le secteur de la santé sur lequel nous étions en pointe au sortir des années 1970 a depuis perdu peu à peu toute valeur stratégique aux yeux de nos dirigeants. Ses impacts sont pourtant multiples et fondamentaux dans de nombreux domaines: vie professionnelle, situation sociale, potentiel technologique, poids budgétaire. Il est pourtant devenu monnaie courante de voir des zones entières du pays se transformer en déserts médicaux, les fermetures allant de dispositifs importants comme les hôpitaux aux plus basiques comme les maternités. Laisser un tel secteur dérailler c'est s'assurer de conséquentes déstabilisations politiques comme économiques à l'avenir.

La France des dernières années, et même des dernières décennies, n'a pas su réfléchir concrètement à la place qu'elle devait occuper dans la nouvelle évolution des rapports mondiaux. Le système d'intelligence et de planification hérité de la période gaulliste a pu offrir jusqu'à la fin des années 70 une structure valable, et souvent critiquée du reste par d'autres puissances, mais nos décideurs se sont depuis laissés porter par le courant des événements. Sous prétexte de globalisation des échanges et de modernité financière nous avons sans lucidité laissé se déstructurer tous les points forts de notre économie en s'engageant dans une dérégulation mal pensée puisque dénuée de tout horizon de long-terme. Cela aboutit à une obsoloscence tendancielle du rôle de notre puissance économique dans cette mondialisation que nous avons si mal interprétée.

Bien que l'on ait cru pendant longtemps à l'idée d'un développement global, d'un rééquilibrage Nord-Sud et d'une harmonie des peuples, nous sommes contraints en 2014 de voir que l'Histoire ne s'est pas déroulée comme prévue. Nous vivons en réalité une période de "guerre économique" entre les différentes puissances, et ce type de conflit est visiblement toujours ignorée d'une grande partie monde politique et académique.

Un avantage démographique toujours réel, mais remis en cause par la crise.

  • La natalité française est passé 900 000 naissances par an en 1970 à "seulement" 700 000 en 1993. Le pays est depuis entré dans une période qualifiée de "mini baby-boom" avec un chiffre avoisinant les 800 000 naissances en 2013 (Source Insee)

Christian Harbulot : Notre démographie représente évidemment un avantage notoire en comparaison d'autres pays développés et cela s'explique par une utilisation stratégique de notre politique familiale, politique qui est loin d'avoir été une simple manne sans retours effectifs pour l'Etat. C'est en quelque sorte l'exact inverse des Allemands qui ont opté pour des choix bien plus modestes en la matière, cela s'expliquant notamment par des causes culturelles et historiques qui leurs sont propres.

Ce poids démographique et le potentiel stratégique qui en découle sont toutefois amenés à être remis en cause de par l'appauvrissement toujours croissant de la population française. Cet appauvrissement, prolongé sur une période trop longue, reviendrait à amenuiser les divers avantage qu'offrent notre santé démographique actuelle (volume de consommation, force de travail... NDLR).

Atlantico : Si le déclin national est un thème récurrent depuis la fin des années 1970, peut-on dire que ces sept dernières années ont eu des conséquences particulièrement importantes sur la puissance française dans sa globalité ?

Christian Harbulot : Des périodes particulièrement difficiles se sont déjà fait connaître avant 2008, et je pense notamment à la présidence Chirac qui a été de mon point de vue catastrophique pour la puissance hexagonale. Il s'agit là d'un homme dont il est toujours difficile, même avec le recul, de définir la vision du monde et dont l'une des principales réformes aura finalement concerné le permis de conduire. Encore plus loin on peut affirmer que la période Mitterrand a été particulièrement dure lors des deux cohabitations, avec un Etat schyzophrène qui s'est retrouvé paralysé par des luttes de politique interne à une époque où des décisions cruciales (élaboration de Maastricht, chute de l'URSS, NDLR) étaient engagées. Si la culture de la coalition politique fonctionne assez bien outre-Rhin, l'histoire récente nous a démontré qu'elle menait à l'aberration politique en France.

Pour ce qui concerne plus directement ces dernières années on a aujourd'hui l'impression de vivre dans un univers politique empruntant à la fois à l'inertie chiraquienne et à l'immobilisme de la cohabitation. Notre mode de gouvernance en arrive à une situation absolument dramatique, et l'on peut affirmer sans exagérations que les conséquences seront des plus regrettable à l'avenir. 

"Si récemment encore, notre pays était considéré comme "l'homme malade" de l'Europe, aujourd'hui son poids et son rayonnement sont reconnus partout dans l'univers". Cette phrase d'une étonnante actualité était prononcée en 1962 par le Général De Gaulle. Peut-on en conclure que notre situation est finalement encore réversible à l'heure de géants planétaires comme la Chine et les Etats-Unis ?

Christian Harbulot : Je pense que la tendance est réversible à une seule condition, à savoir le réveil de la population française quant à l'importance des enjeux actuels. Cela ne doit être en rien une sorte de révolution dont on imagine mal les contours et dont le résultat risque, comme souvent, d'être bien éloigné des objectifs de départ, mais bien d'une prise de conscience généralisée. La politique de l'autruche a été pratiquée depuis bien trop longtemps, et l'on voit mal les choses évoluer au niveau politique sans que la demande électorale n'évolue au préalable. La priorité est ici de réfléchir sérieusement et sur le temps longs aux problématiques économiques et sociales afin d'assurer l'enrichissement de ce pays, sans quoi aucun projet politique ne pourra être mené à bien. Cet enrichissement ne signifie pas de sur-investir dans le luxe, le tourisme ou la gastronomie, ni de de se lancer dans une politique de nationalisation massive, mais bien de définir une politique économique basée sur une réalisation concrète des enjeux planétaires actuels.

François Géré : L’homme malade est un vieux slogan à succès. A l’origine il désigna l’Empire turc à la fin du 19ème siècle.En 1995 l’Allemagne écopa de cette fâcheuse étiquette qui relève de l’action psychologique et de la désinformation. Aujourd’hui ce n’est rien de plus qu’un mauvais souvenir. Toutefois ces appellations quasi publicitaires relèvent de perceptions de court terme, véhiculées par les média qui travaillent dans l’immédiateté. Elles façonnent des perceptions ultra-temporaires. Les dirigeants politiques actuels y sont excessivement sensibles, qui perdent de vue la durée d’un projet stratégique. Il existe un jeu pervers entre ces deux pouvoirs et ces deux visions. Le résultat est d’une part une suspicion mutuelle entre l’autorité politique et la puissance médiatique et d’autre part au niveau du public, c’est-à-dire du citoyen une perte de crédibilité tant à l’égard du politique qu’à l’égard des media, supposés relayer de manière critique et indépendante le discours politique, ce qui, à l’évidence, du moins en France,  n’est plus le cas.

Quand on identifiait en 1968 le discours de l’ORTF à celui du ministère de l’Information, on savait clairement qu’il s’agissait de l’information gouvernementale. Aujourd’hui les gouvernements de droite ou de gauche, font encore semblant d’une objectivité à l’égard des média.

Or le citoyen médiatique qui a remplacé cela par Internet et les media sociaux ne s’en soucie plus. Il fonctionne autrement selon des critères différents et des modes d’appréhension de l’information sur lesquels le gouvernement n’a plus aucune prise. On ne peut que s’en féliciter pour la démocratie. Cela ne signifie pas que la qualité de l’information soit supérieure. Elle se révèle plus périlleuse en raison de l’intrusion des professionnels de la désinformation qui sont aujourd’hui en plein essor. C’est pourquoi il est urgent d’à ajuster la relation entre le citoyen et l’information gouvernementale dans un contexte démocratique. La tâche est immense, qui sollicite une classe politique très gravement en retard dans ce domaine. Elle met aussi au défi les « services » de l’Etat, épinglés par les retombées de l’action de M. Snowden.

Propos recueillis par Théophile Sourdille

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