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Comment détecter quand une crampe est en fait le symptôme d'un caillot de sang
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Jambe en l'air

Comment détecter quand une crampe est en fait le symptôme d'un caillot de sang

La crampe est une contraction involontaire douloureuse, survenant brusquement, d'un muscle, durant quelques minutes. Les causes sont multiples : infectieuses, neuromusculaires, carentielles, respiratoires, médicamenteuses, mais sont surtout d'origine circulatoire artérielle ou liées à l'insuffisance veineuse.

Gérard Dine

Gérard Dine

Gérard Dine est professeur de biotechnologies à l’École Centrale de Paris, président de l'Institut Biotechnologique de Troyes et chef du service d'Hématologie et d'Immunologie de l'Hôpital des Hauts-Clos de Troyes.

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Atlantico : On se préoccupe rarement de ressentir une crampe. La sensation de connaître une crampe est-elle toujours la manifestation d'une simple crampe ou peut-elle être la conséquence d'un problème plus grave ? Lesquels ?

Gérard Dine : Une crampe au sens biologique du terme est une contraction musculaire brutale et aigue qui peut correspondre à plusieurs pathologies différentes. Cela peut provenir d’un problème strictement biologique, par une carence en calcium ou en magnésium : un processus de carences ou un processus de dysfonctionnement neuromusculaire, c'est-à-dire d’origine neurologique, mettant en cause ce calcium ou ce magnésium qui sont des éléments indispensables à la contraction du muscle. Cela peut-être également un problème métabolique, c'est le cas par exemple pour les gens qui ont du diabète. Cela peut être lié à un problème vasculaire. Le caillot de sang vient généralement d’un problème artériel, c'est-à-dire que l’artère qui amène le sang oxygéné au niveau du muscle. Il y a un bouchage des vaisseaux en amont de ce muscle, dans ce cas la crampe musculaire périphérique est l’effet d’une cause qui ne met pas en cause le muscle, mais perturbe l’oxygénation vasculaire. Il s’agit généralement d’une artérite.

 

Comment savoir si la sensation de crampe cache justement un problème plus grave ? A partir de quel moment et dans quelles circonstances s'inquiéter ?

Si vous avez des crampes au niveau des membres inférieurs qui surviennent pendant une marche, il faut systématique suspecter l’origine vasculaire, et l’éliminer en faisant un bilan angiologique, pour voir si la circulation du sang dans les membres est satisfaisante. Si elle ne l’est pas, sur le versent artériel, cela peut expliquer la crampe brutale. Si elle ne l’est pas sur le plan veineux, cela peut expliquer une insuffisance circulatoire, dans ce cas les crampes sont moins brutales. S’il n’y a pas de pathologie vasculaire, il faut penser à la pathologie neurologique, ce qui est peu fréquent. Le neurologue fait un électromyogramme, c’est une étude des muscles au niveau électrique. Et enfin si ce n’est pas neurologique, il faut penser à des pathologies métaboliques, la principale étant le diabète. Les crampes peuvent survenir en fonction de l’activité, notamment quand on fait du sport, il peut s’agir de problèmes biologiques : sur utilisation musculaire, manque de calcium et de magnésium.

Si on n'y prend pas garde, à quelles complications peut-on s'exposer ?

Dans le cas d’un problème vasculaire, le patient risque l’oblitération aigue des membres inférieurs : une ischémie aigue. C’est une rupture de la continuité de l’approvisionnement qui provoque une nécrose tissulaire, sans geste médical voire chirurgical, vous risquez une destruction des tissus.  

A quel âge est-on le plus susceptible de rencontrer ce type de problème ? Quel type de population ? Les sportifs du dimanche sont-ils plus exposés ? Certains médicaments traitements encouragent-ils la survenue de ce type de problèmes ?

Les jeunes sportifs ont des crampes quand ils sont en exercice, essentiellement biologiques, ce sont des crampes d’effort. Par contre, les personnes plus âgées ont plus de pathologies vasculaires, souvent parce qu'ils sont fumeurs, il développent des troubles artériels comme les ischémies aigues, très dangereuses. Quant aux pathologies neurologiques, elles touchent des individus encore plus âgés, moins douloureux mais plus chronique. Il y a des traitements médicaux dont on connaît le risque vasculaire, comme l’ergotamine, mais ce ne sont pas des traitements systématiques. Par contre les deux produits qui peuvent entrainer des pathologies périphériques, c’est le tabac, sur le plan vasculaire et l’alcool, sur le plan neurologique.

Comment se prémunir contre ce genre de problème ?

Quand vous n’avez pas de pathologies, si vous êtes quelqu’un qui fait du sport régulièrement et qui est en bonne santé, il ne faut pas faire d’excès, bien s’hydrater, manger équilibrer, et vérifier que vous ne manquez pas de calcium et de magnésium, qui sont les deux éléments importants de la contraction musculaire. Si vous êtes dans une situation de pathologies décrites ci-dessus, il faut bien sûr les traiter, en sachant que l’activité sportive n’est pas contre indiquée, au contraire elle fait partie de la rééducation après une intervention ou un traitement. 

 

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