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Portrait-robot de ce que devrait être aujourd'hui la politique industrielle de la France
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Portrait-robot de ce que devrait être aujourd'hui la politique industrielle de la France

Face à l'échec de la politique industrielle française depuis une vingtaine d'années, il est urgent de prendre une nouvelle voie en se recentrant autour de l'Europe, de la baisse du coût du travail et de l'Etat stratège.

Les Arvernes

Les Arvernes

Les Arvernes sont un groupe de hauts fonctionnaires, de professeurs, d’essayistes et d’entrepreneurs. Ils ont vocation à intervenir régulièrement, désormais, dans le débat public.

Composé de personnalités préférant rester anonymes, ce groupe se veut l'équivalent de droite aux Gracques qui s'étaient lancés lors de la campagne présidentielle de 2007 en signant un appel à une alliance PS-UDF. Les Arvernes, eux, souhaitent agir contre le déni de réalité dans lequel s'enferment trop souvent les élites françaises.

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Les longs soupirs et les envolées lyriques d’Arnaud Montebourg sur les dossiers industriels, au premier rang desquels celui de PSA en juillet dernier, ne doivent pas nous bercer d’illusions.

Loin d’être un événement isolé, les déboires de PSA et plus largement de l’automobile en France, illustrent le déclin industriel sans précédent de notre pays. L’emploi industriel s’est contracté de 15% depuis 2000, la part de l’industrie dans le PIB est à 12%, parmi les niveaux les plus faibles de la zone euro, notre déficit commercial a atteint le niveau historique de 70 milliards d’euros en 2011. Le roi est nu.

Mais au-delà de cette affaire, ce qui rejaillit, c’est la faillite de la vision industrielle de la Gauche, aussi prompte à s’émouvoir, aux frais du contribuable, qu’à s’enferrer dans ses erreurs originelles. L’analyse de ces erreurs augure mal des solutions que ce gouvernement et son « redresseur » de production pourrait imaginer.

Elles remontent à la fin des années 1990 et à une succession de choix économiques désastreux, impulsés par la gauche, et que la droite au pouvoir s’est contentée de singer.

D’abord, les 35 heures. Quand l’Allemagne, notre premier concurrent automobile, gelait courageusement les salaires, le poison de la réduction du temps de travail était inoculé à l’économie française. Tout à son idéologie, la gauche, oublieuse des dévaluations en chaîne du premier septennat de François Mitterrand, n’a pas compris qu’avec l’euro, la compétitivité perdue ne pouvait plus être rattrapée par une dévaluation. Alors que l’Allemagne comprenait que la compétitivité hors-prix exigeait une rapide montée en gamme, le piège se refermait sur l’industrie automobile française. Après dix ans, le bilan est sans appel : Volkswagen verse une prime exceptionnelle de 7 500 euros à ses 90 000 salariés alors que PSA licencie…

Ensuite, l’augmentation des charges sur les entreprises. Il faut le dire et le redire : les sempiternels débats sur l’évolution de la fiscalité (toujours à la hausse faut-il le souligner), sont l’arbre qui cache la forêt : l’indispensable réduction des charges pesant sur notre industrie exige une réduction de la dépense publique. Cette réduction, massive – et néanmoins stratégique – doit viser le niveau de prélèvements obligatoires de 2000, c'est-à-dire à celui de l’Allemagne aujourd’hui. On comprend que la gauche soit gênée de le faire, elle qui a cessé d’être le parti des ouvriers pour devenir celui des fonctionnaires, et qui tout en prétendant pleurer les industries encore syndiquées est dévisagée par son encombrant allié Vert. On comprend que la droite se sente mal à l’aise, alors qu’elle n’a fait que creuser les déficits.

 Face à cet immense gâchis collectif, une autre politique industrielle est urgente, resserrée autour des principes suivants.

Tout d’abord, baisser le coût du travail et ainsi rendre aux industriels la maîtrise de leurs coûts, de leurs investissements, en un mot, leur faire confiance. Qui oserait dire qu’une puissance publique qui prélèverait « seulement » 45% de la richesse nationale (10 points de moins qu’aujourd’hui) se désintéresserait de l’économie ?

Ensuite, mener une action stratégique, car c’est aussi le rôle de l’Etat de définir un cadre, voire de suppléer aux carences privées quant elles sont patentes ! Dans une économie globalisée, la France ne peut plus prétendre à l’excellence dans tous les domaines. Il revient à l’Etat stratège de définir des priorités. Parmi ces priorités, citons une action résolue en faveur des PMI, qui font la force de l’industrie allemande : véritable politique de la concurrence, stabilité du cadre fiscal et réglementaire, assouplissement du droit du travail, politique de filières, renforcement de l’apprentissage...

Enfin, une politique industrielle européenne est nécessaire. Une politique de la concurrence pour lutter contre les cartels, les abus qui empêchent les PME-PMI dynamiques d’aujourd’hui de devenir les géants de demain. Mais aussi, et l’Europe doit évoluer sur ce sujet, le lamentable échec d’ACTA l’a prouvé récemment, une Europe qui sache faire prévaloir les intérêts de son industrie dans les négociations internationales.

La France est plongée dans une économie ouverte qui le restera. Dans la compétition mondiale pour attirer les emplois et les talents, elle dispose d’atouts indiscutables qui ne demandent qu’à s’exprimer, dès lors que les règles de la mondialisation seront respectées. Nous appelons au réveil collectif indispensable pour sauver notre industrie, nos emplois et notre avenir.

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