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Mais au fait, 
c'est quoi la Bourse ?
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Les mots pour le dire

Mais au fait, c'est quoi la Bourse ?

Le terme "bourse" renvoie à plusieurs définitions possibles, dont il n'est pas toujours évident de discerner les fonctions et les acteurs. Petite définition synthétique pour s'y retrouver.

Jean-François Lemettre

Jean-François Lemettre

Jean-François Lemettre est professeur émérite à l'université Paris 11, où il a enseigné la finance de marché, la gestion des risques et l'analyse économique des stratégies d'entreprises.

Il est l'auteur de Des bourses aux entreprises de marché (L'Harmattan 2011)

 

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Il faut partir de caractérisations courantes même si elles sont approximatives, celles de quelques dictionnaires qui se retrouvent ou se différencient en énumérant des constituants des bourses. La référence aux marchés financiers permet de les remettre en ordre.

Les éléments constitutifs

Un dictionnaire généraliste donne quatre sens pour le mot bourse :

- La réunion périodique de personnes qui s’assemblent soit pour conclure des opérations sur des valeurs mobilières ou des marchandises, soit pour constater leurs cours ;

- Le lieu où ces personnes se réunissent ;

- Le temps où se déroule cette réunion ;

- L’ensemble des opérations traitées à la bourse (les opérations de bourse).

Toute organisation de transactions sur des actifs en un lieu et un temps donnés pourrait donc recevoir cette qualification. Le marché aux légumes du dimanche matin ne la reçoit pourtant pas. Une telle définition est trop large au regard de ce qu’on entend habituellement et qui inclut l’existence de règles ordonnant les transactions entre l’ordre donné par les acheteurs et vendeurs de l’actif, la négociation proprement dite et l’exécution des transactions conclues. « Une bourse est un marché officiel et réglementé par opposition aux marchés libres ».

On reviendra sur le caractère officiel de la règlementation mais le principe est posé : la bourse est un marché réglementé. La pratique a également consacré les bourses de valeurs comme des marchés secondaires c'est-à-dire que s’y échangent des titres déjà émis : c’est un marché de l’occasion. Enfin la bourse est aussi l’organisme, l’entité juridique qui organise le marché, choisit ses orientations et en assure la gestion au quotidien.

Une bourse est un marché

Une bourse est un marché secondaire réglementé de marchandises, de titres financiers et de contrats standardisés.

En écrivant que la bourse est un marché on introduit les éléments suivants :

- Le marché est un lieu : les participants savent où les transactions nouées par ce marché peuvent être conclues, qu’il s’agisse d’un lieu géographique, d’un site internet ou par extension des bureaux d’un réseau d’intermédiaires qui reçoivent et transmettent les ordres d’achat ou de vente.

- La finalité du marché est de permettre les transactions et de faciliter leur dénouement. C’est par ce rôle de facilitation qu’il attire les acteurs. La bourse est un marché organisé :

- Les transactions ont une certaine régularité, à des périodes préétablies et connues d’un nombre suffisant de participants potentiels. Il dispose de moyens matériels et techniques propres et de services permanents accompagnant les transactions.

- Ce marché est une forme institutionnelle. Les participants doivent respecter un certain nombre de dispositions légales ou réglementaires publiques, de règles privées, écrites ou non, d’usages pour permettre son fonctionnement ou simplement pour y être admis. Enfin la bourse est un marché réglementé.

- Les procédures sont validées par l’autorité publique : accès au marché, à la cotation, organisation des transactions, information sur les titres, enregistrement des transactions, contrôle des opérations et régulation du marché.

- Il est doté d’une chambre de compensation qui garantit la bonne exécution des négociations abouties.

Les bourses de titres financiers

Elles font appel au moins à trois constituants de base.

Les acteurs

Ce sont en premier lieu les émetteurs de titres : actions et obligations primaires, titres adossés à d’autre titres ou créances (dérivés), etc.

Ce sont ensuite les donneurs d’ordres d’achat et de vente, les investisseurs de toutes sortes, détenteurs de portefeuilles ou spéculateurs au jour le jour.

Quand les transactions ne mettent en présence que vendeurs et acheteurs, le marché est non-intermédié. La plupart des marchés financiers sont intermédiés. Le rôle de ces intermédiaires est de faciliter les transactions et leur dénouement par un échange. Les bourses organisent les prestations de services de diverses sortes d’acteurs agissant par exemple :

- Soit comme courtiers – les brokers – qui mettent en relation des émetteurs d’ordres d’achat ou de vente.

- Soit comme négociants – les dealers qui sont des sortes de traders – qui achètent et vendent pour leur propre compte (ou celui de l’établissement financier qui les emploie) auprès de leurs clients ou du marché.

Les marchés peuvent être ouverts : tout candidat à l’achat et à la vente participe alors directement à l’enchère. L’accès aux marchés financiers organisés – donc aux bourses – est au contraire réservé à des acteurs agréés – les membres du marché – agissant comme intermédiaires.

Les titres échangés

Les titres échangés sur les marchés financiers représentent une grande variété. On peut les regrouper en trois grandes catégories qui renvoient grosso modo aux trois catégories de marchés :

- Les titres de dette et les monnaies qui s’échangent en général dans le cadre de marchés entre intermédiaires financiers (marchés « interbancaires », marché des changes).

- Les valeurs mobilières – actions, obligations (titres de dette négociables) qui s’échangent de gré à gré ou dans le cadre de bourses de valeurs.

- Les titres de couverture de risque (contrats à terme, swaps et options) qui s’échangent selon les cas de gré à gré ou sur des marchés boursiers.

Les titres échangés à la bourse sont standardisés alors que les marchés de gré à gré traitent également d’actifs singuliers. Les actions ou les obligations, les options ou contrats à terme d’une même ligne de cotation sont tous semblables. Pour que des actifs singuliers deviennent négociables en bourse ils doivent être regroupés dans des titres standardisés (on dit « titrisés »).

Les règles régissant la bourse : la microstructure

Elles combinent des règles fondées sur les usages et les habitudes et celles qui font l’objet de règlements. Elles visent plusieurs buts :

- Définir les modalités des transactions : dates et durées, lieux, procédures et forme des offres d’achat et de vente, méthode de sélection des propositions qui réalisent les transactions...

- Mettre en place des procédures conduisant à la fixation de prix des titres échangés.

- Assurer la sécurité des transactions et de la bonne exécution des engagements pris par les uns et les autres. La possibilité existe d’autant plus que le marché est plus organisé et fermé. Le marché peut alors s’engager à se substituer à un acteur défaillant par la compensation.

- Rendre les marchés « liquides », c’est-à-dire tels que la probabilité qu’une offre d’achat ou de vente trouve une contrepartie soit très élevée. Les gestionnaires du marché peuvent avoir à assurer eux-mêmes la « contrepartie » de l’offre si les preneurs sont insuffisants.

Dans le cas des bourses ces règles font l’objet d’une approbation, puis leur respect d’un contrôle, par le gouvernement ou une autorité constituée sous son égide. C’est en ce sens que la bourse est un marché réglementé.

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Extrait de Des bourses aux entreprises de marché de Jean-François Lemettre (L'Harmattan)

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