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Jean Paul II : la béatification
d'un modèle de vie
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Jean Paul II : la béatification d'un modèle de vie

Elle était attendue depuis des années. La cérémonie de béatification du pape Jean-Paul II aura lieu ce 1er mai à Rome. Le dernier obstacle ayant été levé par Benoît XVI qui a validé un miracle attribué à son prédécesseur. Elle intervient six ans après sa mort.

Le Serviteur de Dieu, Jean-Paul II, est béatifié ce 1er mai : un événement planétaire comme il y en a peu puisqu’il concerne directement un milliard de catholiques répandus sur toute la surface du globe. Le moment est d’importance, il met en branle les pompes uniques et immémoriales de l’Église catholique romaine, lesquelles dépassent largement en moyens comme en visée celles de la Reine d’Angleterre : il s’agit d’offrir à la dévotion et à la vénération des fidèles un homme dont les vertus sont publiquement reconnues. Une méthode qui tranche avec les rituels contemporains, orchestrés par des médias qui se concentrent généralement sur des personnages que leurs frasques ou leurs performances élisent éphémèrement à la pipolisation. Jean-Paul le Grand est consacré, lui, comme modèle de vie pour l’éternité.

De Karol Wojtyla lui-même, on a tout dit : son existence de polonais, prêtre, évêque puis Souverain Pontife explorée, passée à la loupe et au crible, sa vie pesée, à l’aune des vertus chrétiennes comme au van de la modernité. Il se trouve que de cette trajectoire à travers des temps si troublés, de l’occupation nazie et de la botte communiste à la chute des murs et au 11 septembre, on a déduit peu de reproches : le plus lourd étant, pour le contemporain, son refus d’admettre une banalisation des rapports sexuels sous le voile du préservatif.

Jean Paul II : critiqué injustement

Pour le reste, les mêmes médias qui se sont entés sur son extraordinaire personnalité lui ont parfois fait grief d’être trop spectaculaire pour un Pape : critique deux fois malvenue si l’on se rappelle que sa démarche, son travail d’évangélisation et d’enseignement ont toujours été portés par des buts plus hauts et plus lointains que la gloire cathodique; et si l’on veut ne pas oublier que l'Église catholique, en tant qu’héritière de Rome, a su depuis deux mille ans, bien avant Jean-Paul II, porter la liturgie à un point d’incandescente esthétique qui consacrait la suprême dignité de la charge pontificale.

Ayant su ne jamais succomber aux sirènes de l’appareil spectaculaire, Jean-Paul II a au contraire réussi à se faire petit auprès des petits, fragile auprès des faibles, enfin totalement humain parce que totalement chrétien. Quel chef d'État saurait lui disputer cette palme de miséricorde et de compassion ? C’est lui qui condamne du même coup le totalitarisme communiste, participant à sa chute inattendue, et le néolibéralisme comme domination neuve. C’est lui qui réinvente le dialogue inter-religieux, à Assise notamment, lui qui parle en vérité, avec amour et compréhension, aux peuples asservis de ce que l’on nomme alors le Tiers-Monde, lui qui dépasse les fausses oppositions entre tradition et réforme nées d’un Concile Vatican II encore mal interprété.

Il redonne enfin à la charge pontificale toute son aura, non d’abord parce qu’il est un sportif, un grand voyageur, ou une star des écrans, mais parce qu’il crève vraiment ces mêmes écrans pour indiquer à ses ouailles comme aux gentils du monde entier le but véritable, la voie réelle, le dépassement supérieur. Il refait de la terre un chemin du ciel, sans mépriser l’une, sans oublier l’autre. Et il donne sinon une réponse au moins un visage à cette interrogation qu’avait Gandhi devant le zèle des missionnaires catholiques de son temps : « A quelle source s’alimente une telle charité ? »

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