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Après les "illettrées", les "rien", les "qui feraient mieux de chercher un boulot", les "fainéants" voici maintenant les "jaloux" !
©AFP

Macron bête de scène

Après les "illettrées", les "rien", les "qui feraient mieux de chercher un boulot", les "fainéants" voici maintenant les "jaloux" !

Ce n'est pas sa faute au président de la République s'il connaît tellement de mots…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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De 2012 à 2017 nous avons eu un petit, tout petit, acteur. Du genre à se produire dans un théâtre ambulant comme ceux qui jadis faisaient le bonheur des péquenauds. Un répertoire unique et répété, "les sans-dents". Et en plus, sans doute par crainte de se faire huer, il réservait sa prestation à sa compagne du moment.

Aujourd'hui, que ce médiocre histrion a été écarté de la scène, nous avons à sa place un immense, immense acteur. Et lui il joue à guichets fermés devant des millions et des millions de spectateurs. Ils en redemandent. Et il leur en redonne.

Il avait commencé timidement avec les ouvrières "illettrées". Ce fut un succès. Il a continué avec ceux qui ne sont "rien" et ceux qui "feraient mieux de chercher un boulot plutôt que de foutre le bordel". L'enthousiasme des spectateurs fut au rendez-vous. Et quand il parla des "fainéants", ce fut du délire. Une interminable standing ovation.

Mais son répertoire est plus riche encore. Dans une interview au journal allemand Der Spiegel, il a annoncé qu'il mènerait sans relâche un "combat contre les jalousies françaises". Une phrase ponctuée d'un aristocratique "je fais ce que je veux". En effet, Macron fait ce qu'il veut, suivi au pas cadencé par la République En Marche. Et surtout il dit ce qu'il veut.

C'est ainsi qu'il vient de rajouter les "jaloux" à la remorque dans laquelle il a entassé les "rien", les "fainéants", etc. Et là pour le coup la remorque ne suffira pas. Car ça va en faire du monde.

Listons tous ceux qui sont jaloux de lui parce qu'il est devenu président de la République. Les chômeurs jaloux de ceux qui ont un emploi. Les petits patrons jaloux des grands patrons. Les femmes jalouses de. Brigitte. Ceux qui ne payent pas d'impôts jaloux de ceux qui en payent, car ils voient en eux des riches. Ceux qui payent beaucoup d'impôts jaloux de ceux qui en sont dispensés.

Les retraités jaloux des jeunes parce que les jeunes sont jeunes. Les jeunes jaloux des retraités dont ils pensent qu'ils se la coule douce sans bosser. À en croire Macron, la France entière est un pays de jaloux et d'envieux. Et lui, tout seul comme un grand, a entrepris de la changer. Et d'effacer le vilain rictus de l'envie qui déforme son visage.

Quel acteur ! Quel répertoire ! Mais le chef de l'État n'a pas encore donné toute la mesure de son talent. C'est sûr, il va venir sur les planches et reprendre la célèbre phrase de Gabin dans La Traversée de Paris : "Salauds de pauvres !". Ce qui sera beaucoup plus limpide que "fainéants" ou "rien". Dans cette attente, je me suis mis dimanche soir devant mon téléviseur. Eh bien, il ne l'a pas dit. Macron est encore un peu timoré.

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