Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Sport
Les joueurs français et allemands à l'issue de la rencontre France - Allemagne le 15 juin 2021 dans le cadre de l'Euro.
Les joueurs français et allemands à l'issue de la rencontre France - Allemagne le 15 juin 2021 dans le cadre de l'Euro.
©Matthias Hangst / POOL / AFP

Euro

Allemagne / France : les Bleus s’imposent en costauds

Grâce à une victoire probante sur nos voisins Allemands, l'équipe de France a parfaitement lancé son Euro. Supérieurs physiquement et plus efficaces dans les deux surfaces, les Bleus ont remporté un succès mérité qui leur permet de pointer ce matin à la deuxième place du groupe F, derrière le Portugal à la différence de buts.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
Voir la bio »
Cela pourra en étonner beaucoup mais quand l'époque est incertaine, quand la vie passe comme elle peut, l'espoir du jour peut parfois résider dans un match de football. Surtout lorsqu'il s'agit d'un choc entre deux grandes nations. Et il n'est pas rare que dans les sillons de nos âmes, un peu grises par les temps qui courent, un tel match y sème de belles émotions. Pour cela quoi de mieux que d'affronter les Allemands, pour vibrer à nouveau et faire rappliquer les souvenirs d'enfance autant que les souvenirs d'en face ?
 
Au-delà de la charge symbolique et du romantisme inévitablement rattachés à cette affiche, cette rencontre était surtout l'occasion d'espérer obtenir quelques éclaircissements. Histoire de savoir si nous serions plus forts avec Benzema que sans... Histoire de savoir si cette addition unique de talents offensifs pouvait rendre l'équipe plus séduisante sans la fragiliser... Histoire enfin de se demander si cette équipe en quête d'un doublé mémorable pouvait marcher sur les traces de la bande à Zizou, championne du monde en 1998 et championne d'Europe en 2000...
 
S'il faudra attendre encore un peu, c'est-à-dire quelques matchs, pour en savoir davantage, il faut admettre que nos champions du monde, au terme d'un match de haut niveau particulièrement intense, ont rendu hier soir une copie plus qu'acceptable. Et même si l'enjeu de ce premier match était relatif (puisque seulement huit équipes seront éliminées à l'issue des phases de groupes), il y avait tout de même un rang à tenir face à un adversaire au prestige égaré mais particulièrement remonté. Car nos amis Allemands, nos flous alliés, par la bouche de Rüdiger, nous avaient annoncé la couleur et une soirée très engagée... C'est-à-dire une version plutôt virile du football... en sale donc. 
 
Mais s'il y a eu des coups, des rudesses, un engagement parfois excessif (ce n'est pas Benjamin Pavard, sonné à la 58e, qui dira le contraire) et même une morsure qui pourrait coûter cher à notre ami Rüdiger, on peut considérer qu'il n'y avait pas dans tout cela de quoi déterrer la vache de guerre. 
 
Amis lecteurs, de cette rencontre, vous devrez surtout retenir que ce sont la discipline et la grande solidité défensive des bleus qui ont rendu leur victoire méritée. Bien sûr, les grincheux pourront toujours ergoter sur les 38% de possession, le seul tir cadré ou encore la discrétion offensive de Griezmann... Mais qu'importe, puisqu'il se dégage inéluctablement de cette équipe l'idée qu'elle peut tout faire :  être efficace dans les deux surfaces, subir, souffrir, construire et même assumer son statut de favori de la compétition. Hier soir, c'est par sa densité physique, son hermétisme (un tir cadré pour les Allemands) et sa capacité à pousser l'adversaire à la faute qu'elle a forcé la décision. À ce sujet, je vous suggère de revoir le but marqué contre son camp par Hummels (20e), le bourreau des bleus en 2014. Un but aussi involontaire qu'un lapsus, donc éminemment symbolique. 
 
Au niveau des individualités, il faut commencer par relever la belle partie de Pogba. Avec ses compas immenses, sa grande technique et la justesse de ses choix, il a tout simplement régné sur le milieu de terrain. Hier soir, le Panzer de Rodin, c'était lui. C'est à ce genre de prestation que l'on reconnait les joueurs de grandes compétitions. La plupart des autres méritent aussi quelques lauriers... Comme d'habitude, Kanté s'est montré terriblement influent en ratissant tout ce qui passait à portée de godasses et en avalant les kilomètres cul-sec. De son côté, et parce qu'il a toujours de la fuite dans les idées, Mbappé aura été une menace constante. En s'armant d'un chouïa de patience, il aurait pu inscrire un but splendide. Pour finir, il faut évoquer la grande autorité d'un Varane toujours bien placé, la défense en chêne massif de Kimpembé, la grinta et les jambes d'Hernandez, la présence de Rabiot ou encore la disponibilité altruiste d'un Benzema qui semble faire du bien à tout le monde dès lors qu'il touche le ballon. Avec un poil de justesse ou de réussite, c'est-à-dire un poteau pour l'un et un hors-jeu pour quelques centimètres pour l'autre, les deux derniers cités auraient même pu donner au score une autre ampleur. Je sais ça fait beaucoup, mais que voulez-vous, il y avait beaucoup à dire...
 
Pour s'être montrée supérieure athlétiquement à l'adversaire, pour avoir su ne pas répondre aux provocations adverses et surtout pour avoir étalé dès son entrée en lice les qualités qui l'ont placée sur le toit du monde, l'équipe de France a remporté un combat attendu et une victoire méritée. Pour le dire autrement, c'est lorsque cette équipe est fidèle à ses valeurs qu'elle ressemble vraiment à ce qu'elle est.  Avec déjà trois points en poche dans le groupe dit "de la mort", on peut dire que cette démonstration de puissance lui ouvre les portes des huitièmes de finale. Ce matin, et avant d'affronter la Hongrie samedi prochain, la France occupe donc la seconde place du groupe F, seulement devancée par le Portugal, à la différence de buts.
 
Il y a longtemps, François Mauriac a déclaré : "J'aime tellement l'Allemagne que je suis ravi qu'il y en ait deux..." Si l'on veut bien admettre l'idée un peu saugrenue qu'une telle chose aurait inévitablement affaibli l'adversité, la préférence du grand écrivain n'aurait même pas été utile hier soir. Pourquoi ? Parce que pour son entrée en lice dans la compétition, et même face à une Allemagne unifiée, la France était clairement un cran au-dessus.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !