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78% des Français estiment être déjà suffisamment informés pour faire leur choix le 22 avril mais 1 sur 3
n'a pas d'avis définitif
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Politique

78% des Français estiment être déjà suffisamment informés pour faire leur choix le 22 avril mais 1 sur 3 n'a pas d'avis définitif

Enquête Mediaprism Atlantico sur les attentes des électeurs vis à vis des medias au moment de l'ouverture de la campagne officielle. 81% des Français veulent moins de petites phrases et 74% plus de détails sur les programmes.

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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Si les électeurs sont encore indécis, comme le mesurent régulièrement les enquêtes, ils sont toutefois déjà bien avertis : 78% se déclarent suffisamment informés pour choisir leur candidat le 22 avril. Une information qui passe – encore – majoritairement par les grands médias que sont la télévision (84%) et la radio (65%), mais aussi par les programmes des candidats (66%) ou encore par les sites internet d’information (43%).

De façon un peu schizophrénique, les médias sont à la fois sources d’informations et objets de critiques : les Français estiment qu’ils accordent trop de place aux polémiques entre candidats (83%), aux « petites phrases » (81%), ou encore aux sondages (74%), et pas assez de place au détail des programmes (74%) ou aux « petits candidats » (63%). Pour ces raisons, les électeurs attendent surtout des échanges et des débats directs, et non par l’intermédiaire de commentateurs ou de bons mots. Pour se faire une opinion, ils attendent des interviews des candidats (c’est important pour 86% des personnes interrogées), des débats entre candidats ou entre candidats et citoyens (important respectivement pour 79% et 77%).

En complément de ces exercices d’explication et de démonstration, le jugement sur les actes est aussi primordial, et pas uniquement sur les décisions passées ou les bilans, mais en réaction à l’actualité : pour 85% des Français, la façon qu’à le candidat de se comporter et de réagir à l’actualité est un élément important pour se faire une opinion. Il y a donc à la fois une attente d’idées et de comportement, de programme et de personnalité. Ces résultats expliquent donc les bons scores d’audience des émissions politiques des mois de février et mars qui s’inscrivaient dans ces formats, et la grande importance des actualités de campagne, comme les drames de Montauban et de Toulouse, à travers lesquelles les candidats sont scrutés, et pas uniquement par les commentateurs.

Du point de vue des débats, des programmes et du rétablissement de l’équité démocratique (53% des Français estiment que les médias accordent trop d’importance aux seuls candidats susceptibles de se retrouver au second tour), nous devrions donc être servis avec le strict cadre de la campagne officielle et avec les émissions spéciales qui s’annoncent.

 

Attente d’équité démocratique, mais aussi d’équité médiatique dans le traitement, car si les Français critiquent le type de contenu trop souvent relayé par les médias, ils leur reprochent aussi leur manque de neutralité : 70% des Français estiment qu’ils ne sont pas impartiaux (surtout certes les sympathisants UMP qui le pensent à hauteur de 75%, convaincus sans doute d’anti-sarkozisme ambiant, mais également 62% des sympathisants PS). Une critique toutefois qu’il faut rappeler comme récurrente dans les études d’opinion sur les médias, qu’il ne faut donc pas considérer comme un « effet campagne ».

Une campagne que l’on suit dans les médias (même si on les critique), mais que l’on relaie aussi beaucoup : 89% des Français parlent de la campagne présidentielle avec leur entourage (dont 55% souvent). Pour une opinion publique qui déclare par ailleurs être « déçue » par cette campagne, c’est quand même un sujet de conversation fréquent (surement pour parler des programmes davantage que des fameuses petites phrases tant décriées !). Quoi qu’il en soit, des discussions qui restent encore assez tabou avec l’entourage professionnel: on parle deux fois moins de la campagne avec ses collègues qu’avec ses proches (47% vs 89% ; 19% « souvent » versus 55% avec son entourage personnel). « Ecoutes-moi et tais-toi », car si on en parle, on écoute peu : « les avis de votre entourage » sont d’ailleurs considérés comme importants pour 17% des Français, qui ne sont que 4% à les considérer comme « très importants ».

La campagne officielle s’ouvre donc face à un public déjà bien informé, mais encore en attente de programme et de débats, téléspectateurs, auditeurs et lecteurs demandeurs, mais d’emblée critiques aussi, à la fois sur les candidats et les médias.
 


Note méthodologique : cette étude a été réalisée sur un échantillon de 957 personnes, représentatif de la population Française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas), interrogés en ligne les 5 et 6 avril 2012.

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