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L'UMP peine à se reconstruire depuis la défaite de Nicolas Sarkozy.
L'UMP peine à se reconstruire depuis la défaite de Nicolas Sarkozy.
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Renaissance

3 chantiers pour la droite si elle veut revenir au pouvoir en 2017

Si de nombreux observateurs constatent un "mouvement dextrogyre" de l'opinion politique française, la droite peine à se reconstruire depuis la défaite de Nicolas Sarkozy.

Alexandre Melnik

Alexandre Melnik

Alexandre Melnik, né à Moscou, est professeur associé de géopolitique et responsable académique à l'ICN Business School Nancy - Metz. Ancien diplomate et speach writer à l'ambassade de Russie à Pairs, il est aussi conférencier international sur les enjeux clés de la globalisation au XXI siècle, et vient de publier sur Atlantico éditions son premier A-book : Reconnecter la France au monde - Globalisation, mode d'emploi. 

 

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En ce début de nouveau millénaire, où l’humanité toute entière vit un véritable changement de monde (à ne pas confondre avec un changement du monde, qui se produit régulièrement), la droite doit, en toute priorité, bâtir un nouveau socle conceptuel, au diapason des plus profondes attentes des Français et de la France, interconnecté avec son temps.

Dans cet esprit, trois « disruptive » postulats composent une vision stratégique, au confluent de la politique et de l’économie, pour exploser les habitudes et les certitudes du présent et ouvrir l’avenir.

  1. Premier conseil

  2. Résolument, ouvertement inscrire la France dans le XXIème siècle, qui marque une rupture avec le passé dont l’ampleur n’est comparable qu’avec la Renaissance de la fin du XVème siècle.


Pour cela, il faut, d’abord, redonner le sens initial au terme globalisation (trop souvent décrié mais jamais compris en France) : « nexus (à savoir - interconnexion, interaction et interdépendance) des places, des gens et des idées ». Autrement dit, la quintessence de notre époque. L’air que tous les individus de notre planète respirent à tout instant et partout. Une sorte de prose de Monsieur Jourdan, version 2013 : on fait de la globalisation naturellement, spontanément, même sans le savoir.

Reléguer donc aux dictionnaires de mauvaises traductions le mot « mondialisation », réducteur de la dimension planétaire de ce phénomène qu’il est censé exprimer. Cependant, cloîtrée dans la prétendue spécificité franco-française, avec ses joutes idéologiques absconses, cette « mondialisation » est absolument incompréhensible en dehors de l’Hexagone et sans doute d’un certain périmètre francophone qui se rétrécit comme peau de chagrin dans le monde réel d’aujourd’hui.

Au lieu de tourner le dos aux nouveaux impératifs de ce monde global, comme si la France était un îlot miraculeusement protégé des tempêtes environnantes – posture actuelle des dirigeants français – il faut relancer ce pays dans la course à la performance globalisée, en valorisant ses atouts, d’ailleurs universellement appréciés. Toujours gardant à l’esprit et soulignant que penser monde et penser France, ce n’est pas antinomique, mais complémentaire, et que l’histoire de chaque Français est désormais connectée à l’Histoire globale, dans une communauté de destins, où tout est lié et chacun dépend de chacun.

Bref, en finir avec le dénigrement de la « mondialisation » qui débouche sur le fantasme de la « démondialisation » (découplage de la France avec le monde, qui trahit le manque de confiance en soi et le rejet de l’Autre) et mettre clairement, audacieusement le cap sur le succès de la France dans la globalisation du XXIème siècle, synonyme de confiance en soi et d’un espoir qui donne des ailes à l’Autre.

  1. Deuxième conseil

  2. A travers les médias, initier un large débat sur l’ADN du communisme qui a « kidnappé » (selon le mot de Milan Kundera), au siècle passé, la moitié de la planète. En substance, la question se pose de la façon suivante : le communisme fut-il une « belle utopie », comme le prétendent les socialistes qui situent l’année 1917 (coup d’état bolchevique) dans la suite de 1789 (révolution française), ou un crime contre l’Humanité, assimilable au nazisme ? Un élément de réponse pourrait provenir de l’interrogation simple : qu’est-ce qui distingue, devant l’éternel, sur le plan de la barbarie humaine, Goulag et Auschwitz, étant donné, de surcroît, que le premier était antérieur au second ?


Certes, ce débat est important à l’échelle globale, mais il est particulièrement vital et urgent en France, avec un impact politique direct. Car si le communisme est un crime, le FN – dont l’ostracisme est largement dû à l’insidieuse concurrence victimaire entre la Shoah et le Goulag – devrait être un élément du champ républicain, comme l’est depuis longtemps l’extrême gauche qui se réclame ouvertement de l’avatar trotskiste du communisme. Si le communisme était reconnu, aux yeux de l’opinion publique, comme un crime, pourquoi le vote extrême gauche en France serait-t-il toujours politiquement correct (et parfois même « dans l’air du temps »), alors que le vote extrême droite resterait-il un outrage aux bonnes mœurs, couvert d’opprobre ?  Cette « réinitialisation » de la genèse du communisme, qui émane par ailleurs de l’indispensable devoir de mémoire, serait une terrible nouvelle pour l’ensemble de la gauche française qui, en intégrant en son sein ses extrêmes, réussit la prouesse d’être au pouvoir dans un pays ayant, intrinsèquement, tendance à voter à droite.

  1. Troisième conseil

  2. Opérer la véritable relève générationnelle, en libérant les énergies des jeunes. Propulser aux premières loges du pouvoir les « Millennials », les plus brillants éléments de la génération Y - ces enfants du nouveau millénaire, déjà nés et formés dans le monde global, interconnecté et « plat ».


En d’autres termes - créer une nouvelle façon de faire de la politique. Cela veut dire, au fond, ne pas considérer son poste au sein de l’establishment comme une rente à vie, mais comme un CDD de confiance avec les Français. Rester toujours libre, fidèle à ses convictions.  Pouvoir naviguer entre public et privé au gré des circonstances qui évoluent. Bref, cheminer vers son épanouissement, en redonnant à la politique sa conception mobile, transparente, noble et altruiste, au service de la société. Le désir, souvent enfoui, des meilleurs éléments des jeunes générations, futurs « global decision makers », parmi lesquels se situent mes étudiants.

Voilà mes trois suggestions programmatiques à la droite française pour son retour au pouvoir dans les années à venir, et ce, non comme un « has been », qui ressasse le passé et lasse ses fidèles, mais comme un « born again » qui réinitialise son identité et décloisonne un nouvel horizon, porteur d’espoir et d’inspiration.

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