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2C-x, MXE, 4-MMC : les nouvelles drogues de synthèse (ou "designer drugs") déferlent sur la France
©Flickr/Nightlife Of Revelry

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2C-x, MXE, 4-MMC : les nouvelles drogues de synthèse (ou "designer drugs") déferlent sur la France

2C-x, MXE et 4-MMC : voilà les trois nouveaux produits de synthèse (NPS) les plus prisés en France. Des produits qui ne sont pas sans effets dangereux sur ceux qui les consomment : paranoïa, peur, crampes, accélération du rythme cardiaque ou encore nausées et vomissements.

Muriel  Grégoire

Muriel Grégoire

Muriel Grégoire est addictologue et psychiatre. Elle est responsable du CSAPA la ville Floreal à Aix-En-Provence. 

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Atlantico : 2C-x, MXE, 4-MMC... Pouvez-vous expliquer les effets de ces nouvelles drogues qui font fureur en France, tant en termes d'impacts "positifs" quand on les prend qu'en termes d'effets négatifs qu'elles peuvent avoir sur la santé ?

Muriel Grégoire : Nous ne pouvons pas parler de drogues qui font fureur mais effectivement, on assiste à l'émergence de l'usage de NPS (nouveaux produits de synthèse) qui tend à augmenter depuis quelques années. Ce sont des substances qui imitent les effets d'autres produits illicites (cannabis, MDMA, cocaïne, LSD, etc.) avec des structures moléculaires proches. 

Les principaux NPS sont les cannabinoides de synthèse, proches du cannabis. Les effets sont comparables mais souvent plus intenses, avec des complications psychiques et somatiques plus fréquentes que le cannabis. 

Pour ce qui est des cathinones (4mmc, 3mmc, 4mec...), les principaux effets recherchés sont l'euphorie, la désinhibition, l'empathie, l'endurance et le plaisir sexuel. Les risques principaux sont les troubles psychiques tels que descente très forte, agitation, délire, humeur dépressive et risques somatiques cardio-vasculaires. Ils dépendent de la dose et de la fréquence d'usage. Le risque addictif est important. 

En ce qui concerne les 2C-x, nous avons affaire à des molécules proches de la mescaline (produit actif du peyotl). Les principaux effets recherchés principaux sont l'euphorie, l'altération des sens et des visions déformées. Les risques principaux sont l'anxiété et l'agitation. Les effets hallucinogènes sont modérés. Il y a très peu de risques addictifs. 

Enfin, la MXe (methoxetamine, proche de la kétamine) est recherchée pour ses effets euphorisants, dissociatifs et d'altération des sens. Il y a plus d'effets secondaires que pour la kétamine : mauvais trip, confusion, perte de conscience. Il y a un risque de dépendance. 

Pourquoi les drogues de synthèse traditionnelles (ecstasy, cocaïne, amphétamines) sont-elles concurrencées par ces nouvelles drogues de synthèses (prix plus bas, effets plus puissants, autres... ) ?

Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer cela. 

La première, c'est la baisse de qualité de certains produits (notamment la cocaïne) et les difficultés d'approvisionnement des drogues classiques.

Une autre raison est toute simple et concerne le prix : elles sont beaucoup moins chères.

Ensuite, les NPS sont très accessibles sur Internet. Il y a donc moins de risques légaux et d'illusion de produits de meilleure qualité. 

Enfin, on peut rajouter ici le désir de nouvelles sensations avec de nouveaux produits.

Qui consomme ces nouvelles drogues de synthèse en France (profils types) ? Ont-ils des objectifs ou des pratiques particulières ?

Les usagers de ces nouvelles drogues sont plutôt jeunes et bien insérés. On peut retrouver toutefois des usagers de plus de 50 ans. Il ressort plus particulièrement quatre types d'usagers :

- les psychonautes (explorateurs de l'esprit) 

- les adeptes de l'espace festif gay en contexte sexuel (ils utilisent principalement les cathinones et recherchent surtout des effets sur la sexualité, avec un risque addictif présent) 

- les jeunes adultes, par ailleurs usagers d'autres produits dans un contexte festif de nouvelles sensations

- un public plus jeune, non averti, moins informé et cible de sites commerciaux

Comment se les procurent-ils ?

Les achats se font principalement sur Internet, ce qui explique l'émergence de nouveaux publics et un risque de diffusion large. Il commence à apparaître des revendeurs qui peuvent couper ces produits ou les vendre pour d'autres. Il y a un risque accru de complications du fait de la méconnaissance des produits par les usagers et les professionnels par rapport aux produits plus classiques.

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