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"Les mauvaises herbes" :  quand les Québécois nous donnent une joyeuse leçon de cinéma
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"Les mauvaises herbes" : quand les Québécois nous donnent une joyeuse leçon de cinéma

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA

« LES MAUVAISES HERBES » 

de  LOUIS BELANGER

avec  ALEXIS MARTIN, GILLES RENAUD, EMMANUELLE LUSSIER-MARTINEZ

RECOMMANDATION

         EN PRIORITE

THEME

Ça commence  par une cavale assez rocambolesque: Jacques  ( Alexis Martin),un acteur de second plan, est  obligé de se carapater à toute allure du théâtre où il joue  un classique pour échapper à un mafieux de Montréal (Luc Picard) qui le poursuit pour dette de jeu. Il n’a pas eu le temps de quitter son costume de scène (veste à basques et chemise à jabot), il fait un froid polaire et la neige est surabondante. 

Après quelques péripéties, le « joueur » malchanceux  (dans tous les sens du terme), finit par atterrir dans une maison isolée pour demander de l’aide. Un grand escogriffe prénommé Simon (Gilles Renaud) vient lui ouvrir la porte. Pas de chance : c’est un ermite plutôt costaud, d’un genre bizarre, qui cultive en douce du cannabis et qui a besoin d’un coup de main. Donnant-donnant : Jacques aura gîte et couvert, ne sera pas dénoncé, à une  condition :aider son nouvel hôte dans ses travaux de « jardinage »…

Mais voilà que bientôt, arrive un personnage inattendu ( Emmanuelle Lussier-Martinez), une jeune employée chargée de relever les compteurs d’électricité, qui découvre, par hasard, le  fructueux petit trafic. Impossible de la laisser  repartir…

Jusqu’au dénouement final, qu’on gardera secret, le film va enchainer des scènes d’une réjouissante cocasserie.

POINTS FORTS

 - Alexis Martin (qui joue aussi  le rôle de l’acteur), et Louis Bélanger ( qui est  aux manettes de la réalisation) ont fait la paire  pour nous  mitonner « aux petits oignons » ces «  Mauvaises herbes ». Ils ont construit  leur scénario sur un vrai suspense et ont mis  face à face  trois personnages singuliers (un rural rusé, un artiste brûlé par le jeu et une citadine bagarreuse)  qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Ensuite, ils ont inventé, à cet improbable mais chaleureux trio, des joutes verbales  qui  sont un régal d’intelligence, d’humour, et d’humanisme.

Et cela, sans précipitation, pour nous laisser le temps de savourer à la fois  le burlesque des situations et la subtilité des trouvailles langagières des dialogues.

- C’est  un formidable quatuor d’acteurs qui porte ce roboratif  « Mauvaises herbe ». Alexis Martin est impayable dans son rôle d’acteur à la fois  grande gueule et aux abois ; Emmanuelle Lussier-Martinez, pourtant pour la première fois au cinéma, crève l’écran  dans son personnage de fille frondeuse mais naïve.  Luc Picard n’aurait pas dépareillé dans la distribution  du  Parrain.

Quant à Gille Renaud il est tout simplement irrésistible dans les vêtements rustiques de Simon.  Physique, gouaille, voix, présence prestance, il évoque le Jean-Pierre Marielle de «  La Tournée des grands duc ».C’est dire si le bonheur est grand de le regarder jouer.

- Il faut ajouter à tous ces atouts le fait que les Mauvaises herbes a été tourné  dans une campagne québecoise  hivernale  et enneigée qui est de toute beauté.  

POINTS FAIBLES

Par ci, par là, de minuscules baisses de régime, et, en regard de  la fantaisie du scénario,  peut-être,  un  peu trop de conformisme  dans la réalisation.

EN DEUX MOTS

Quel plaisir cinéphilique, cette comédie à rebondissements qui nous vient du Grand Nord .Paysages, personnages, situations, accent, tout nous dépayse et  nous réjouit. Visiblement les comédiens s’amusent, et leur bonne humeur nous contamine. 

Paradoxalement, il n’y a pas mieux pour réchauffer les cœurs qu’un film tourné sous la neige par grand froid (entre -35° et -40). Le public du dernier festival d’Angoulême  ne s’y est pas trompé, qui a décerné à l’unanimité  son Grand Prix à ces  Mauvaises herbes.

UN EXTRAIT

« Alexis et moi sommes deux grandes gueules. Notre scénarisation passe par beaucoup de dialogues. Même s’il y a des moments plus loufoques, je tiens à ce que tout reste ancré dans une vraie réalité  pour que le récit reste plausible » ( Louis Bélanger, scénariste réalisateur).

LE RÉALISATEUR

Acteur, scénariste et réalisateur, né en 1964 à Beauport au Québec, Louis Bélanger est ,dans son pays, un homme de cinéma qui compte. Il s’est fait remarquer par la critique et le public dès son premier  long métrage,  Post Mortem , qui lui valut en 1999 de multiples récompenses dont le prix de la meilleure mise en scène au festival des Films du Monde. Il décrochera en 2003, à ce même festival, le prix du film canadien le plus populaire avec  Gaz Bar Blues . Après deux autres longs métrages, il tourne  en 2009 Route 132  qui marque le début de sa collaboration avec le scénariste réalisateur Alexis Martin, avec qui il  a co-écrit ce  LesMauvaises herbes

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