"Les dieux de la steppe" : les charmes de l'esprit russe n'opèrent pas | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
"Les dieux de la steppe" : les charmes de l'esprit russe n'opèrent pas
©

Atlantico culture

"Les dieux de la steppe" : les charmes de l'esprit russe n'opèrent pas

Valérie de Menou pour Culture-Tops

Valérie de Menou pour Culture-Tops

Valérie de Menou est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.

Voir la bio »

LIVRE

Les dieux de la steppe
d'Andreï Guelassimov
Editions Actes Sud
352 pages

L'auteur

Andreï Guelassimov est un écrivain russe. Il a suivi des cours de mise en scène et a enseigné la littérature anglo-américaine.  Il a publié « Fox Mulder a une tête de cochon », en 2001; « La Soif », un récit sur la guerre de Tchétchénie, en 2002. Il a été la révélation des Belles Etrangères russes en France à l’automne 2004, et son roman « L’Année du mensonge » a été consacré par le Booker Prize des étudiants cette année-là également. 

Thème

1945, à la veille d’Hiroshima et de Nagasaki, la vie dans un village isolé aux confins de la Sibérie et de la Chine. Près de ce village se trouve un camp de prisonniers japonais. Se croisent Petka, un gamin va-nu-pieds  qui joue à la guerre avec les autres enfants et Hirotaro, un médecin, prisonnier du camp, resté volontairement pour ne pas abandonner les blessés.

Points forts

  • Un portrait d’enfant sensible mais non dépourvu de tempérament: Petka livré à lui-même dans une famille sans amour s’attache à un louveteau qu’il cache parmi les chèvres de sa grand –mère et s’inquiète pour son ami Valerka qui souffre d’un mal inconnu, touchant également  tous ceux qui travaillent à la mine.  Il est forcé de grandir vite pour s’en sortir et fraye avec « les grands »  en imaginant qu’il sera un héros de la guerre
  • Hirotaro, le prisonnier japonais,  est stoïque comme un vieux sage. Dans ce monde disloqué, il n’a de cesse de chercher des herbes médicinales dans la steppe pour soigner; il s’évade par l’écriture en tenant un journal caché, destiné à ses enfants qui malheureusement disparaitront dans la catastrophe d’Hiroshima.
  • Une improbable mais jolie rencontre entre ces deux héros


Points faibles

  • Une écriture hachée et désordonnée qui ne m’a pas permis de me laisser emporter, ni par le roman ni par l’esprit de la steppe.
  • Je n’ai pas été sensible à la galerie de personnages, tous violents et cyniques.
  • Le sang coule à chaque page sans que cela arrive à nous émouvoir, en dépit de cet univers de drames.


En deux mots

Ce roman est  planté dans un village misérable où le tragique vire souvent à la farce paysanne, une farce à laquelle, personnellement, je n’ai pas été réceptive. La guerre ne sert que de toile de fond mais révèle le patriotisme soviétique des protagonistes qui sont paradoxalement  hantés par les superstitions. Petka, le petit garçon est attachant par son instinct de survie et ses envolées rêveuses. On comprend que, surnommé « fils de pute », il cherche probablement un père auprès des officiers  russes- avec lesquels il discute et a instauré un trafic de gnôle- puis auprès du dévoué médecin japonais. Une lecture sans doute destinée à un public apte à se laisser imprégner par l’esprit russe, ce qui n’a pas été mon cas.

Recommandation : à la rigueur

 

 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !