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"Le jour qui vient" de Christian Giudicelli : pour la mise en scène et l'interprétation
©Théâtre Les Déchargeurs

Atlanti-Culture

"Le jour qui vient" de Christian Giudicelli : pour la mise en scène et l'interprétation

THEATRE 
Le jour qui vient

De Christian Giudicelli

Mise en scène: Jacques Nerson

Avec (les prénoms sont ceux des personnages et des comédiens, dont les noms figurent entre parenthèses) : Léa (Dauvergne), Mélik (Dridi), Marlène (Génissel), Muriel (Gaudin), Marie (Nègre), Adamo (Angelo Pattacini), Roman (Touminet).

INFORMATIONS

Théâtre des Déchargeurs

Jusqu’au 29 juin 

 du mardi au samedi 19h30

Réservations : 01 42 36 00 50 / www.lesdechargeurs.fr


RECOMMANDATION

BON

THÈME

 • Une propriété dans une station balnéaire méditerranéenne plongée dans la chaleur d’une fin d’août sert de cadre à la rencontre plus ou moins fortuite entre des personnages majoritairement jeunes et d’horizons fort différents. S’installe une sorte de marivaudage, où espoirs fous et désirs crus se télescopent.

• Le propos est cependant plus ambitieux, puisqu’il s’agit de savoir « comment se situer dans un monde flottant » (Chr. Giudicelli).

POINTS FORTS

 • De belles “trouvailles“ de mise en scène : l’utilisation des marionnettes est pertinente, les fonctionnalités du tableau noir intéressantes, les modèles réduits (vélo et surtout villa aux chambres éclairées successivement) ne le sont pas au rang d’artifice.

• La disposition des comédiens assis le long des parois scéniques les rend immédiatement disponibles pour l’enchaînement des situations, ce qui est bien plus efficace que les traditionnelles portes qui claquent ou les arrivées fracassantes depuis le fond de la scène.

POINTS FAIBLES 

• La pièce a été écrite en trois semaines, au contact d’une troupe et d’un cours de l’atelier des Déchargeurs, c’est à dire en milieu relativement clos, ce qui se ressent.

• En effet, le texte eût beaucoup gagné en densité dans la construction des situations et des personnages, car presque tous frôlent la caricature. D’un côté gesticulent et copulent (« Elle, chèvre bêlante. Lui, matou en rut... ») les figures d’une jeunesse insouciante, avec une tête à claques dorée sur tranche (un apprenti-journaliste...) - interprétée de manière assez déliée et jubilatoire par un Roman Touminet qui n’a jamais si bien porté son nom - et Marlène, une aide-soignante en quête de décompression. En contrepoint viennent prendre place divers laissés-pour-compte, soit de l’amour (la mère, pourtant campée avec une grande finesse expressive par Muriel Gaudin), soit de l’intégration, avec son cortège d’immigrés (ou supposés tels), où se rencontrent une fille d’Europe de l’Est et un beau Maghrebin habité par une révolte aux accents rimbaldiens contre cette-société-pourrie... Entre les deux naviguent une apprentie-comédienne – ce qui lieu tient lieu de vocation laisse à désirer - et un gentil garçon sensible (Mélik), convoité par la mère et amoureux transi du fils à la bisexualité aussi désinvolte qu’expéditive (on comprend mal ce qui attire l’un vers l’autre, si ce n’est une éphémère séance de sexe fugitif).

• On peut objecter que cette schématisation est délibérée, mais cela ne la dispense pas d’éviter les poncifs (la métaphore passablement téléphonée du bateau qui accompagne toute la pièce est emblématique à cet égard). Le talent des interprètes n’est pas en cause, c’est la galerie des personnages et les situations qui devaient être brossées avec plus de finesse pour émouvoir, exprimer et retrouver une réalité sensible, plus globale.

EN DEUX MOTS 

Une sorte de « Mensonge d’une nuit d’été » honorable, mais pas mémorable. En effet, outre les personnages qui ont du mal à « se situer dans un monde flottant », c’est la pièce elle-même qui flotte, mais ne coule pas, grâce à la mise en scène et à l’interprétation des comédiens.

UN EXTRAIT

«  Les mots sont des traîtres. Le silence ne ment pas. »

L’AUTEUR 

Christian Giudicelli, né en 1942, est à la fois écrivain (Station balnéaire, 1986, prix Renaudot), critique littéraire (de Combat au Figaro magazine, en passant par La Quinzaine littéraire) et dramaturge. À ce titre, on lui doit La Reine de la nuit (1977), Le Chant du bouc (1981), Karamel (2003) et Tour de piste (2012). Il a écrit Le jour qui vient en s’inspirant des élèves comédiens dont il suivait les cours à l’Atelier des Déchargeurs.

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