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"Le Grand méchant renard" : pas belle la vie ?
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"Le Grand méchant renard" : pas belle la vie ?

Gilles Tourman pour Culture-Tops

Gilles Tourman pour Culture-Tops

Gilles Tourman est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA
LE GRAND MECHANT RENARD ET AUTRES CONTES 
France. Couleur. Animation de Benjamin Renner et Patrick Imbert. Avec Guillaume Darnault, Guillaume Bouchède, Boris Rehlinger.
RECOMMANDATION : EXCELLENT
THEME
La Compagnie de théâtre “Les Animaux de la ferme” joue trois saynètes de leur composition, d’une durée de 15 à 27 minutes chacune :
- Un bébé à livrer : une cigogne flemmarde parvient à faire livrer le bébé qu’elle avait en commande par le cochon, le lapin et le canard, ces deux derniers ayant plus de bonne volonté que de jugeote…
- Le grand méchant renard : un renard désireux de manger des poules et de passer pour un méchant demande des conseil à un loup jusqu’à ce que trois poussins le prennent pour leur mère à leur naissance…
- Il faut sauver Noël : un canard et un lapin, persuadés d’avoir tué le père Noël (qui n’était qu’un mannequin de décoration), décident, avec le cochon, d’aller trouver des jouets et de les distribuer à sa place.
POINTS FORTS
La première qualité du travail de Benjamin Renner, c’est son tracé. Précis pour bien définir les contours, sans être tout à fait réaliste, il laisse une grande plasticité aux mouvements, s’autorisant des déformations physiques absolument hilarantes que complète merveilleusement l’anthropomorphisme des psychologies.
En adaptant sa bande dessinée, Benjamin Renner a su réduire les dialogues à l’essentiel pour leur substituer chaque fois que possible des situations donnant un vrai rythme à l’ensemble.
Même les musiques participent de cet enchantement, associant les lignes mélodiques aux sonorités burlesques, donnant vie et mouvement à des images baignées de couleurs lumineuses, hiver comme été.
Mieux ! L’astucieux double niveau de lecture ravira petits et grands, chacun pour ce qui le concerne. Si les gags et la narration ont tout pour river nos progénitures à l’écran, le message sur la responsabilité est absolument enthousiasmant, entre insolence et “morale” mais sans aucune mièvrerie : responsabilité de l’image que l’on donne de soi, sur la nécessité d’être “vrai”, d’assumer les conséquences de ses actes. Autant de thèmes qu’on aura plaisir à approfondir en famille sitôt sortis de la salle.
Les voix, notamment celles des trois poussins, sont irrésistibles et en totale osmose.
Enfin, cerise sur le gâteau, en entremêlant théâtre et cinéma, l’acte dramatique et la “mise en action”, les auteurs nous offrent, sans y toucher, une mise en abyme de ces deux arts quasiment philosophique ! 
POINTS FAIBLES
Je n'en vois aucun.
EN DEUX MOTS
Benjamin Renner et Patrick Imbert sont, avec Vincent Patar, les papas créateurs d’Ernest et Célestine (2012). Ceux qui ont apprécié ce dernier film verront leur plaisir se confirmer avec celui-ci. Les autres découvriront cet univers à la fois intelligent et délicat et devraient, du coup, s’offrir le bonheur de le compléter en visionnant le premier.
Bien sûr, nous ne pouvons, dans la foulée, que recommander la lecture des BD éponymes.
UN EXTRAIT
“Oui, on peut changer quand on fait du beau boulot”. La cigogne
LES REALISATEURS
- Benjamin Renner : réalisateur français, Benjamin Renner intègre les Beaux-Arts d’Angoulême, bac S en poche. Il en ressort avec un DNAP de bande dessinée. Il suit les cours de l’école d’animation de La Poudrière à la Cartoucherie de Bourg-les-Valence (Drome). Il y réalise en 2007 son premier court métrage, La queue de la souris, dans lequel une souris doit plaider sa vie devant le lion qui l’a attrapée. 
A sa sortie d’école, il travaille comme directeur artistique sur un projet de long métrage d’animation tiré de la série Ernest et Célestine. Le producteur Didier Brunner lui propose alors de passer à la réalisation avec les expérimentés Vincent Patar et Stéphane Aubier. Ce sera Ernest et Célestine, succès public et critique dans le monde entier.      Parallèlement, il crée un blog en bande dessinée, en 2008, sous le pseudonyme de Reineke, dont sont tirées deux BD : Un bébé à livrer et Le grand méchant renard, repris dans le présent film.
- Patrick Imbert : malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucune information sur ce réalisateur français,  directeur artistique d’effets visuels sur Ernest et Célestine et animateur sur l’admirable Avril et le monde truqué (2015).

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