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Manifestation de gens du voyage à Seysses, dans la banlieue de Toulouse en 2013
Manifestation de gens du voyage à Seysses, dans la banlieue de Toulouse en 2013
©REMY GABALDA / AFP

Question

"Gens du voyage" contre "jeunes" : mais pourquoi ne désigne-t-on qu'une seule communauté ?

Il y a des personnes que l'on a le droit de nommer. D'autres pas

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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La scène se déroule dans le quartier Saint-Jacques de Beaune. "Un quartier populaire" comme disent les journaux. Avant on disait "quartier sensible" ou "quartier difficile". Aujourd'hui ces expressions sont prohibées.

Il est 2h du matin (l'heure a son importance). Un groupe de "jeunes" (c'est comme ça que les appellent les journaux) est en bas de la cité. Surgit une voiture.
 
Selon SOS Racisme, qui s'est emparé de l'affaire, "l'automobile roulait sur une aire de jeux réservée aux enfants". Indignation des "jeunes" qui somment les intrus - poliment on suppose - de déguerpir
 
Leur voiture part. Non sans qu'un de ses occupants ait lancé "sales bougnoules!". Ce qui était une façon, passablement vulgaire, de donner une identité aux "jeunes".
 
Mais que faisaient-ils dehors à 2 heures du matin ? Élémentaire : ils surveillaient l'ère de jeu ! A 4h20 du matin, la voiture revient. Les "jeunes" étaient toujours là. Que faisaient-ils à cette heure-ci ? Ils surveillaient, bien sûr, l'aire de jeu !
 
De la voiture on a tiré à la carabine. Plusieurs "jeunes" ont été blessés. La police a mis la main sur les auteurs des coups de feu. Identifiés et nommés comme appartenant à la "communauté des gens du voyage". Pour les victimes, on a continué à dire "jeunes"...
 
Il est patent et reconnu que "les gens du voyage" et les "jeunes" se détestent cordialement. Les incidents entre eux sont nombreux. Mais la justice a voulu y voir une affaire de racisme. Le racisme "anti jeunes"?
 
Si on dit "jeunes", c'est pour ne pas stigmatiser… mais les "gens du voyage", on peut les stigmatiser ?

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