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Des ingénieurs étudient la possibilité de remplacer les barrières des champs en équipant les bêtes d'un collier électronique.
Des ingénieurs étudient la possibilité de remplacer les barrières des champs en équipant les bêtes d'un collier électronique.
©Reuters

Minute tech

Quand la tech investit dans le monde agricole

Clôtures virtuelles, drones d'assistance aux moissons, hackerspaces ruraux... La tech commence à s'intéresser au monde rural. Les perspectives de retour sur investissement sont pour l'instant modestes, mais l'agriculture reste un secteur clé et d'avenir.

Réseaux sociaux et tech sont ce qui se fait de plus urbain et international. Il est rare qu'un tour de table d'investisseurs concerne des besoins ruraux terre-à-terre, et surtout pas agricoles. Le vent tourne : différents projets isolés s'intéressent à ce qui nous nourrit et nous oxygène. La campagne existe encore en vrai, et ses occupants ont différents besoins pour y vivre et y travailler, semble avoir décidé les chercheurs et investisseurs en innovations.

Des clôtures virtuelles

L'Usine Nouvelle signale une "expérience de bergers 2.0", "e-pasto", dont certains tests commencent cet été dans les Pyrénées, à Prat-d'Albis. Différents pôles de compétitivité, fonds technologiques européens et écoles d’ingénieurs travaillent avec la Fédération pastorale de l'Ariège pour déterminer comment des colliers à puce portés par les moutons ou les vaches peuvent remplacer les barrières durant l'estive des troupeaux (ce qui représente des centaines de milliers de bêtes) et fournir par la même occasion d'autres informations à distance, comme le repérage des bêtes malades, le comptage des troupeaux, le collier tech, de moins de 50 grammes donnera la position des bêtes etc. Et comment seront-elles arrêtées si elles franchissent la limite de leur prairie ? Par une vibration, un signal sonore, ou une impulsion électrique. C'est en août que les troupeaux ariégeois connaîtront les joies de la "courbe d'apprentissage" pour s'habituer à leur nouveau gardien invisible. Reste à déterminer, selon les chercheurs du projet, s'il faut équiper toutes les bêtes d'un collier à puce ou uniquement l'animal le plus âgé, ou le dominant du troupeau. 

Vidéo ETB, juin 2013

La Nappa Valley et les Smart Farms

Pendant ce temps, dans la Nappa Valley, non loin à vol de drone de la Silicon Valley, le Financial Time fait part de la naissance d'un nouveau fonds d'investissement situé dans la grande région agricole (vignes, fruits et légumes) de la côte ouest. Les deux vallées, la vallée tech et la vallée champs, s'ignoraient totalement jusque là, leurs clients et leurs retours sur investissement étant extrêmement différents. Le Steinbeck Innovation Cluster a l'intention d'intéresser des grands de la tech comme IBM et Cisco à la technologie des fermes et élevages. Ceux-ci ne les ont pas attendu, en particulier dans les immenses exploitations du Middle West  pour adopter des nouvelles technologies comme les observations par drones pour coordonner les récoltes, les traitements phytosanitaires, ou pour poser des capteurs dans le sol qui leur permettent de surveiller à distance les besoins en arrosage. Mais les contacts et les projets de recherche et d'innovation entre les deux mondes sont pratiquement inexistants, et le nouveau fonds espère, au vu des besoins alimentaires grandissants d'une planète toujours plus bondée, que la Silicon Valley va finir par investir et travailler sur les "smart farms" qui utiliseront capteurs, drones, et travail en réseau pour cultiver plus et mieux. 

L'observatoire météo hyperlocal et collaboratif

Des projets innovants naissent aussi sur de simples blogs, loin de la Silicon Valley. Dans le Colorado, une journaliste scientifique inquiète des changements climatiques qu'elle remarquait dans sa région très rurale, et des feux de forêts qui se multiplient, a créé il y a trois ans un "almanach" numérique et collaboratif, I See Change (je vois un changement), pour répertorier chaque jour des indices du réchauffement climatique et de son impact sur les activités agricoles et humaines. Chacun peut y ajouter, en ligne, des relevés de températures, d'hydrométrie, depuis son jardin ou son village, signaler des événements climatiques inhabituels à l'échelle micro-locale (migrations décalées des animaux, floraison précoce ou tardive etc) L’agrégation de toutes les données au niveau du Colorado produit déjà des masses d'informations qui pourront être étudiées, et intéresse d'autres Américains, des pêcheurs et récolteurs de fruits de mer de la cote Atlantique, qui ont eux aussi remarqué des micro-changements qui affectent leur activité.

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