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L'Obs et Le Point enquêtent sur Vladimir Poutine et la crise en Ukraine. L'Express revient sur le bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron.
L'Obs et Le Point enquêtent sur Vladimir Poutine et la crise en Ukraine. L'Express revient sur le bilan du quinquennat d'Emmanuel Macron.
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Revue de presse des hebdos

Pécresse résiste à ceux qui veulent lui faire fendre l’armure, L’Express et L’Obs jugent sévèrement le bilan Macron; Vraies fausses inspections dans les Ehpad, faux débat sur les dividendes du CAC40

Et aussi : Contre l'islamisme, la méthode Al Capone.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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“Le sentier de la guerre” à la Une de l’Obs avec une photo de Vladimir Poutine. “Sécurité, laïcité, immigration, diplomatie”. “Les temps sauvages” “L’Occident est-il prêt” à la Une du Point. “Le vrai bilan” Emmanuel Macron à la Une de l’Express, avec un regard sévère.

Un livre sur Valérie Pécresse

Le Point souligne qu’ “Ils sont nombreux à s’épuiser pour que Valérie Pécresse « fende l’armure », mais pour l’instant l’intéressée, alors même que de telles confidences pourraient calmer les vents mauvais, tient sa ligne de pudeur. Elle s’est livrée à la journaliste Marion Van Renterghem, dans un livre d’entretiens paru en 2019, Et c’est cela qui changea tout (Robert Laffont). Depuis, elle préserve jalousement sa vie privée. D’où l’intérêt de cette biographie écrite par le patron du Télégramme, Hubert Coudurier : Valérie Pécresse. La Guerrière (L’Archipel), à paraître le 3 mars.”

“Coudurier a eu accès à son entourage immédiat, dont un « clan » familial très soudé, et en particulier son père, Dominique Roux, universitaire reconnu et haut en couleur. C’est le portrait d’une combattante, ancrée dans ses racines mais toujours en mouvement, que dresse le journaliste.”

Martine Vassal dans le camp de Macron ?

Selon Le Point, Les Républicains soupçonnent “la présidente d’Aix-Marseille-Provence Métropole et du conseil départemental des Bouches-du-Rhône de vouloir rejoindre Emmanuel Macron”. Ils ont " beaucoup commenté l’absence de Martine Vassal au meeting de Valérie Pécresse au Zénith de Paris, le 13 février.

Emmanuel Macron candidat 

“Promettre aux Français qu'on fera mieux que la fois d'avant et que cinq ans de plus sont nécessaires pour mener à bien ce qui n'a pu l'être ? Osé.” estime l’Express.

“Tout président candidat à sa réélection a été confronté à cette interrogation : comment convaincre qu'un second mandat est nécessaire sans admettre que le premier n'a pas été aussi efficace, fructueux, puissant qu'annoncé ? Quand en plus vous avez, comme Emmanuel Macron en 2017, fait campagne sur le thème de "l'audace réformatrice" et juré que rien ni personne - pas même le système - ne vous arrêterait dans votre épopée de transformations radicales du pays, il y a un peu de travail pour ciseler une argumentation justifiant vos renoncements ou vos échecs.”

Valérie Pécresse peu à l’aise

Pour l’Express, la candidate LR est “Peu à l'aise avec les codes de la Ve République, tiraillée entre des sensibilités différentes, Valérie Pécresse traverse une séquence délicate. A droite, on l'appelle à reprendre la main.”

“Etre soi-même. Une démarche complexe, alors que le scrutin est empli de codes qui ne sont pas les siens. Une mission divine, tant son parti est pris en étau entre Emmanuel Macron et Eric Zemmour. Séduire tel ou tel électorat est érigé en nécessité, selon les stratégies et convictions de chacun. Ainsi va la vie de Valérie Pécresse. L'ancienne ministre subit des injonctions contradictoires dans tous les pans de sa campagne. Le mystère Pécresse les renforce. A droite, on a tous une vision subjective de l'identité politique de la patronne d’Ile-de-France.”

Pécresse s’énerve

La candidate LR s’épanche rarement auprès des journalistes. souligne l’Obs. “Mais, remontée par la tempête de critiques que lui a value son meeting du Zénith – des reproches qui portaient tant sur la forme que sur l’usage de la formule « grand remplacement », empruntée au champ lexical de l’extrême droite –, elle a dérogé à la règle. « C’est absurde, je fais un discours programmatique. Je parle écologie, culture, décentralisation, ruralité… Et merde ! Ne sort qu’une phrase, peut-être un peu trop ramassée, qui a été totalement détournée de son sens ! » a fulminé Valérie Pécresse en petit comité, le 17 février”

Castex attend la candidature de Macron

Selon l’Obs, “Pour créer le vide avant l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron, Matignon a strictement limité les interventions médiatiques des ministres. Une cure que Jean Castex s’impose d’abord à lui-même. A l’abri des micros et des caméras, le Premier ministre ne chôme pourtant pas. « D’abord parce que la gestion de la crise sanitaire n’est pas terminée et que les travaux parlementaires ne s’achèveront que fin février », dit-on dans son entourage”.

Macron et le casse-tête du pouvoir d’achat

 Chômage au plus bas, croissance forte : Emmanuel Macron espérait se présenter auréolé de succès économiques. Raté. constate l’Obs. 

La forte hausse des prix ces derniers mois plombe son bilan et inquiète les Français, qui en font une priorité de la campagne présidentielle. Tandis que les prétendants multiplient les promesses, les lieutenants d’Emmanuel Macron – resté silencieux jusqu’au bout – parlent pour leur héros. « Le candidat du pouvoir d’achat, c’est le président ! », entonne le député MoDem Jean-Noël Barrot, qui dresse la liste des mesures mises en œuvre par l’exécutif depuis l’automne : « chèque énergie » pour 5,8 millions de ménages, bouclier tarifaire sur le prix du gaz, indemnité inflation de 100 euros, revalorisation du barème kilométrique…

Présidentielle : les comptes des candidats impossibles à vérifier

La Commission nationale des Comptes de Campagne et des Financements politiques (CNCCFP) est-elle bien armée pour s’assurer du respect des règles lors de la présidentielle ?  se demande l’Obs :

« Les textes ne sont pas adaptés et tant qu’ils ne changeront pas, je pense que tous les bidouillages seront possibles », affirme Jean-Guy de Chalvron, recruté par la CNCCFP en 2017 comme rapporteur pour suivre le candidat Mélenchon. Convaincu de ne pas pouvoir faire son travail de vérification correctement, cet ancien inspecteur général de l’administration avait préféré démissionner plutôt que de valider des comptes qu’il estimait frauduleux. La suite lui a plutôt donné raison : en mai 2018, la justice ouvrait une enquête préliminaire sur les comptes de La France insoumise soupçonnée d’avoir gonflé ses factures en 2017, notamment en matière de main-d’œuvre, afin d’augmenter le montant des remboursements. Et donc, in fine, de se constituer une cagnotte. « La ventilation des dépenses des candidats est en réalité presque impossible à vérifier, poursuit Jean-Guy de Chalvron. Quand on reçoit les factures, il y en a des centaines, des milliers, tout est flou. Ce travail est infaisable. »

Comment Macron a évolué

Le livre, La nuit tombe deux fois, écrit par Corinne Lhaïk (hier à L'Express, aujourd'hui à L'Opinion) et Eric Mandonnet (rédacteur en chef des pages politiques de L'Express). “Publié chez Fayard le 24 février, l'ouvrage ressemble à un récit d'apprentissage. On y découvre la façon dont Emmanuel Macron, ex-banquier devenu candidat à la présidentielle en 2017 obsédé par les questions économiques, convaincu que l'émancipation par le travail est la clef de tout, finit par apprendre, comprendre que dans la vie d'un président les sujets régaliens s'imposent et ne peuvent être balayés d'un revers de main.”

Les inspections d’Ehpad

Un aide-soignant témoigne dans l’Express à propos des rares inspections dans son Ehpad : il regrette des inspections prévues de longue date, souvent biaisées. "Tout le monde était au courant à l'avance, et l'établissement était présenté sous son meilleur jour. On aurait dit que c'était le pays des merveilles, et ça arrangeait tout le monde", raconte-t-il. Lors des contrôles auxquels il a assisté, Jérôme tient à préciser qu'on ne lui a jamais directement demandé de mentir. "Mais tout cela se faisait de manière implicite : les locaux les plus vétustes étaient fermés à clef, on montrait les résidents les plus en forme, on répondait à chaque appel, à chaque sonnette de patient, ce qui n'était d'habitude pas le cas", illustre l'ancien soignant. Alors qu'il lui arrivait, dans l'un de ces établissements, de laver "dix résidents avec deux serviettes de toilette" et de ne pas avoir de draps disponibles pour changer les lits souillés de certains d'entre eux, il n'y avait "curieusement plus de pénurie de matériel le jour du contrôle", ajoute-t-il. Idem pour les équipes, habituellement réduites, et "bizarrement au complet le jour J”.

La question du pouvoir d’achat est mal posée

Selon Daniel Cohen le président de l’Ecole d’Economie de Paris, l’attente d’une hausse du niveau de vie nous renvoie à la défunte “société industrielle”.constate l’Obs.

“La promesse de l’augmentation indéfinie du pouvoir d’achat a caractérisé la société industrielle. Nous sommes entrés depuis plusieurs décennies déjà dans une société postindustrielle dont les traits sont différents. Le logement, les services publics, la consommation numérique ont remplacé le téléviseur et la machine à laver dans l’imaginaire social. C’est un changement complet de modèle. Le capitalisme productiviste a perdu sa boussole”

“Ce qui devrait être payant demeure gratuit : l’air qu’on respire, l’eau… Et les prestations qui comptent le plus pour nous sont financées par l’impôt : l’éducation, la santé, la sécurité et les services publics de notre environnement proche. Or la fiscalité est de plus en plus contestée. Il s’agit là d’un dérèglement intellectuel considérable. On entend encore, comme dans le mouvement des « gilets jaunes », des protestations contre l’impôt qui sont concomitantes de protestations contre la dégradation des services publics.”

Islamisme : dans les secrets de la "stratégie Al Capone

L’Express évoque une méthode anti-islamisme : “Qui a dit que seul le ministère de l'Intérieur luttait contre l'islamisme ? Ces derniers temps, même Olivier Dussopt, le ministre chargé des Comptes publics, s'est mis à employer une drôle d'expression devant ses interlocuteurs : "stratégie Al Capone". 

"C'est une stratégie de harcèlement administratif face à des organisations très habiles qui ne dépassent jamais la ligne rouge", décrit un conseiller de l'exécutif. En clair, il s'agit de mettre la pression, par tous les moyens à la disposition de l'Etat, sur des associations, des commerces, des sociétés qui, en apparence, respectent toutes les lois. En visant en priorité le portefeuille. Les chiffres évoqués par le gouvernement donnent le tournis : en deux ans, les services de l'Etat ont notifié quelque... 47 millions d'euros de redressement sur cette base. En tête des organismes de première ligne, les Urssaf, chargées entre autres de contrôler le travail dissimulé. "Avec les Urssaf, l'avantage, c'est que l'addition monte tout de suite très très haut", réagit un membre de la communauté du renseignement”

Supers profits du CAC 40, le risque du faux débat

Pour l’Express, “Plutôt que de déplorer le fait que les plus grandes entreprises fassent des super profits - un record de 137 milliards d'euros en 2021 selon les estimations de Bloomberg -, il faudrait plutôt s'en féliciter. C'est le signe que TotalEnergies, BNP Paribas, LVMH et les autres, qui comptent pour près de 50% de la richesse nationale annuelle, ont bien traversé la crise, qu'ils sont globalement en bonne santé - à part quelques-uns, comme Unibail."

En réalité, le véritable point d'interrogation concerne l'année en cours. Après le rattrapage de 2021, les groupes cotés auront davantage de mal à justifier le traitement privilégié de leurs actionnaires. Face à la montée des revendications salariales, face aux investissements colossaux qui se profilent du fait de la transition climatique, le débat sur la répartition des profits ne manquera pas de resurgir. 

La mégalomanie de Poutine

“Paranoïaque », lâchait dans un jugement lapidaire, le 21 février au soir, une source de l’Élysée. Vladimir Poutine venait de traiter l’Ukraine de « colonie américaine » dirigée par un « régime fantoche ». Elle ne devrait son existence sur des « terres historiques russes » qu’à une mauvaise manière faite au peuple russe, il y a un siècle, par le dirigeant bolchevique Lénine”

“Puisque l’Occident ne fait pas droit à son exigence d’un Yalta 2.0 – un nouveau partage de l’Europe entre l’Est, sous domination russe, et l’Ouest, sous influence américaine –, il prend des gages.”

“Tous ceux, y compris en France, qui pensaient que Vladimir Poutine bluffait, qu’il saurait ne pas aller trop loin, que les mises en garde de la CIA étaient « hystériques » se sont abusés. Metteur en scène de sa propre mégalomanie, le président russe a redessiné de manière autoritaire, une fois de plus, les frontières en Europe. La pax americana a-t-elle vécu ? “

Pour l’Express, la situation est claire, et les faits semblent lui donner raison : “ Tout porte à croire que l'entrée des chars russes dans les territoires de Lougansk et de Donetsk n'est qu'une étape vers le but obsessionnel du chef du Kremlin : reprendre le contrôle de l'ancienne république soviétique.“

Poutine, l’Otan, et la promesse américaine de 1991

Dans Le Point, Pascal Marchand professeur honoraire en géopolitique à l’université Lyon-2, auteur de l’« Atlas géopolitique de la Russie » (Autrement) estime que pour comprendre la crise actuelle “il est nécessaire de revenir à la promesse orale faite par les États-Unis aux Russes en 1991, à la chute de l’Union soviétique. Les Américains se sont alors verbalement engagés vis-à-vis de Mikhaïl Gorbatchev à ne jamais étendre l’Otan vers l’est. Cela n’était de toute façon pas prévu au début des années 1990. Pourtant, c’est bien arrivé en 1999, avec l’adhésion de la Pologne, de la République tchèque et de la Hongrie. Puis en 2004, avec l’arrivée de la Bulgarie, de l’Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la Roumanie et de la Slovaquie.”

Poutine historien

Dans l’Obs, selon Thomas Gomart, directeur de l’Institut français des Relations internationales “Poutine se présente comme un président historien : il s’agit pour lui de récrire le passé en fonction de ses objectifs stratégiques. L’été dernier, il a publié un long texte « Sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens », dans lequel il remonte au haut Moyen Age pour détailler ces origines communes. Ce texte sert de justification au principe « deux pays, un seul peuple » qu’il défend ouvertement depuis 2011. C’est dans cette vision « historique » que s’enracine son action actuelle à l’encontre de l’Ukraine, dont il ne reconnaît ni la souveraineté ni l’identité nationale. Dans son discours du 21 février, il a franchi une étape supplémentaire en indiquant que l’Ukraine a été entièrement créée par la Russie, « ou plus exactement par la Russie bolchevique ». Lénine est ainsi présenté comme le père de la nation ukrainienne. De ce point de vue, l’éloignement du petit frère ukrainien, son « occidentalisation » accélérée, sa « révolution orange » en 2004 et son mouvement Euromaïdan en 2014 sont lus dans un rapport conflictuel avec l’Occident, accusé de tous les maux.”

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