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Manuel Valls veut faire assumer les idées de nation et de frontière à la gauche ; Charlie Hebdo, ce qu'il s'y passait avant le drame ; Fillon : "Je suis le seul à offrir une vraie rupture"
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Revue de presse des hebdos

Manuel Valls veut faire assumer les idées de nation et de frontière à la gauche ; Charlie Hebdo, ce qu'il s'y passait avant le drame ; Fillon : "Je suis le seul à offrir une vraie rupture"

7 janvier 2016 - Un an après ! La presse hebdomadaire entre dans cette nouvelle année avec un hommage aux victimes des tueries de janvier 2015 à Charlie Hebdo et à l’Hypercacher, mais avec une volonté générale d’être lucide sur notre monde qui a changé. Perspectives 2016 ? Si on ne peut pas miser sur la croissance économique, certains s’attachent à la sagesse. D’autres à l’humour. Le Premier ministre, lui, compte sur le "Patriotisme".

Sandra Freeman

Sandra Freeman

Sandra Freeman est journaliste et productrice.

 

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Fillon : "Je suis le seul à offrir une vraie rupture" 

François Fillon est de retour ! et « L'ex-premier ministre tranche dans le vif » affirme « Le Point » qui obtient une interview exclusive et en longueur dans laquelle il répond à des sujets majeurs comme la déchéance de nationalité, la Syrie, Schengen, le chômage, les primaires… 

Mais surtout, il se démarque de ses concurrents à la primaire !

Au sujet d’Alain Juppé, pour Fillon, « il propose une stratégie de rassemblement sans rupture. C'est tout à fait respectable, mais ça me paraît pas adapté aux problèmes brûlant de notre pays ». Quant à Nicolas Sarkozy, il incarnerait moins la fameuse « rupture » : « Si on veut redonner aux Français de la fierté nationale, il faut commencer par le rendre l'espoir ; l'espoir passe par l'emploi des jeunes et l'égalité des chances. Qui peut imaginer que trois discours sur l'identité nationale et le recrutement de quelques policiers supplémentaires vont profondément changer la vie quotidienne des Français qui galèrent ? »

Fillon l’affirme donc sans détour pour son grand retour :« Je reste le seul à offrir une vraie rupture avec un projet complet de transformation de mon pays autour d'un concept puissant qui est la liberté ».

Et concrètement ce que pense François Fillon candidat, qu’est ce donc ?

Point par point, il aborde les thématiques nécessaires.

Sur la déchéance de nationalité : « ce débat est typique du mal qui ronge notre pays. Les politiques s'agitent et se divisent (…). C'est une question symbolique, et je ne méconnais pas la force des symboles, mais c'est une réforme anecdotique dans la lutte contre le totalitarisme islamique. C'est un écran de fumée ». Votera-t-il cette mesure ? Non. « Je ne me satisfait pas de cette réforme bancal qui marque une forme d'impuissance ». Et concernant « l'état d’urgence », il pense que « cette mesure constitutionnel n'est pas indispensable.

Sur le front international. Il évoque l’alliance avec la Russie en Syrie (« Depuis deux ans, j'appelle François Hollande à conclure une alliance avec la Russie dans la guerre contre l’Etat Islamique »). Et quant à la Libye ?  « Déjà il faudrait détruire l'État islamique en Irak et en Syrie (…) La France ne peut pas tout faire en l'état de ses capacités militaires ». Rétrospectivement, est-ce que l’intervention contre Khadafi a été une erreur ? un peu oui… l’erreur « c'est de ne pas avoir assurer le suivi de ces opérations » et il rajoute pour l'avenir,« faire la guerre sans stratégie politique, c'est assurer le chaos ».

Quant à l’Europe, il y croit dur comme fer ! « Nous avons plus que jamais besoin d'une solidarité européenne (…) avec une Europe pragmatique et réactive. Schengen est un échec parce que Schengen n'a pas été taillée pour résister à des millions de réfugiés arrivant en Europe à flot continu. Au lieu de se lancer dans un débat théologique, il faut dire que le traité n'est plus adapté à la situation géopolitique actuelle et il faut le réviser ».

Donc pour François Fillon, pas de retour aux frontières nationales. « Si j'avais la conviction qu'un retour aux frontières nationales favorisent notre sécurité et notre prospérité très, je le prônerais ! Il se trouve que ce n'est pas le cas. Le nationalisme étroit est une très mauvaise réponse qui ne peut que hâter le déclin de notre continent » !

Manuel Valls : « La patriotisme n’est pas le nationalisme »

Cette volonté d’affirmer sa lucidité, c’est cela qu’affirme avant tout notre Premier ministre en publiant cette semaine, dans « L’Obs », une tribune exclusive. Manuel Valls y est donc particulièrement clair et direct dès le début : « La menace du terrorisme islamiste, du djihadisme, est omniprésente : l'ennemi peut surgir n'importe où et n'importe quand. Nous l'avons encore vu, ces derniers jours, avec la tentative d'attentat déjoué à Orléans ou le projet d'action kamikaze à Montpellier. Face à cela, nous devons être forts, c'est-à-dire unis, soudés autour de ce que nous sommes ».

C’est autour de cette nécessité « d’union pour la force » que se déroule le texte du Premier ministre : « C'est ce sentiment d'appartenance que les Français ont exprimé le 11 janvier » 2015 et un an après, il le réaffirme, il y a « une exigence d'unité et de sécurité (…). L’unité, car les ferments de la division - l'antisémitisme, les actes anti-musulmans, mais aussi les replis identitaires de toutes sortes - sont là. Le plus grand péril qui nous guette, c'est la désunion. Pour le conjurer, une seule voie possible : la République, qui tous les jours, se traduit en actes ».

Il réaffirme aussi la valeur majeure de la Laïcité. « C'est elle qui nous permet, en remettant les croyances individuelles à leur juste place, de vivre ensemble. La laïcité n'est pas une arme contre la religion. Elle est aux côtés de tout ceux qui souhaitent vivre leur foi en paix », écrit-il.

Et face à ces constats, que propose donc le Premier ministre (aux manettes) de mener comme action ? Il apporte dans cette tribune une ambition au niveau de l’Europe : « Nous irons plus loin en 2016. D'abord au niveau européen : c'est la bonne échelle pour organiser notre réponse. Les frontières de l'Union doivent être mieux tenues, les déplacements aériens, mieux contrôlés. C'est la position de notre pays et nous ne relâcherons pas la pression tant que ces demandes n’entreront pas dans les faits ».

Et à l’échelle nationale, il redéfinit l’idée de nation ! « La gauche doit assumer cette idée de nation, et donc les piliers qui la fondent - la nationalité, le patriotisme, nos frontières. Une frontière - même si elle doit être contrôlée avec fermeté - n'est pas une barricade. Le patriotisme n'est pas le nationalisme. La nationalité n'est pas un enfermement. Notre conception de la nation - celle qui doit rassembler tous les républicains -, c'est ce sentiment d'appartenir à une même communauté de valeurs. »

Et puis, pour clore son analyse, Manuel Valls, décrypte l’évolution de notre société, de notre nation, et de son rapport à l’union : « Après le 13 novembre, un patriotisme nouveau s'est exprimé. Un patriotisme qui dit que nous sommes, au-delà des clivages, rassemblés (…) ».

Quand la lucidité glisse vers l’espérance…

« Charlie Hebdo » : 7 janvier 2015, 9h46 : que se passait-il dans la salle de rédaction avant le drame ? 

Pourtant, « un an après, l’assassin court toujours » ! Dans son Numéro Spécial N° 1224 daté du 6 janvier 2016, « Charlie Hebdo » affiche sa couverture en Noir et Blanc. Riss y a dessiné un Dieu, yeux menaçants, mitraillette en bandoulière, et mains ensanglantées. A peine parue, la Une provoque bon nombre de réactions et déchire depuis quelques jours.

Si on lit au delà de cette première page, ce numéro nous présente en détail, minute par minute, le récit de la matinée du 7 janvier 2015  à Charlie, 10 rue Nicolas–Appart, dans le 11e arrondissement de Paris. On y rappelle que ce jour là, c’était l'anniversaire de Luz arrivé pour cela un peu en retard. On y apprend aussi qu’a eu lieu une « engueulade » entre Tignous et Bernard Maris : Tignous met « en cause la responsabilité de la société française qui aurait enfanté les jeunes islamistes. Bernard de son côté hurle qu'il en a marre et que la France a englouti des milliards dans les banlieues, sans résultats ».

Débats de fonds, mais aussi moments de vie ce matin là à Charlie, comme celui raconté par Cécile : « je n'avais pas encore enlevé ma veste ! Ils avaient apporté un jambon d'Auvergne à Cabu et devait ensuite déjeuner chez lui. La salle de rédaction était déjà pleine et quand j'ai vu Wolin sur sa chaise, je me suis penchée pour l'embrasser. C'était la nouvelle année, quand même ! Il en a profiter pour me toucher les seins, et je lui ai dit : « bas les pattes, Georges ! » »

Chacun, témoin, raconte de l’intérieur, instant après instant comment Charlie va basculer dans l'horreur. Quelques dessins, quelques citations, quelques interventions autour des attentats de Charlie. Retenons ici celle de Karin Viard : « c'est pas des trous de balle qui vont nous empêcher de vivre. D'ailleurs, j'en ai un et je vais très bien avec ! »

Riss : « Les Français doivent apprendre à vivre avec cette violence »

Blessé lors de l'attaque du 7 janvier 2015, « le directeur de Charlie hebdo refuse de céder à la peur ». C’est « L’express » qui l’écrit après l’avoir interviewé. Laurent Sourisseau, soit Riss, parle sur un autre ton que celui qu’on lui connaît dans le journal satirique. Ici pas de provoc’, pas de blague. Riss voit les choses en face : Il ne tourne en dérision ni le rôle de l'Etat, ni les politiques, ni le service militaire « qui lui a sans doute sauvé la vie » le 7 janvier 2015 lorsqu’il s’est jeté à terre. Il déclare « Je me suis souvent demandé si je ne dois pas la vie a des réminiscences de mon service militaire. Si quelqu'un criait : « Grenade ! », Vous ne vous interrogiez pas pour savoir où elle était et quand elle allait exploser, vous vous étiez parterre. C'est ce qu'ils appelaient des « actes réflexes ». À l'époque je trouverais ça vraiment con, surtout en temps de paix. Le 7 janvier 2015, j'ai agi sans réfléchir ! ».

Il déclare ne pas être surpris par ce qui s'est produit le 13 novembre.

" Je le crains, ce n'est pas terminé. Et chaque fois, ce sera différent, pour marquer davantage les esprits : ils imaginent déjà des procédés auxquels nous n'avons pas encore songé (…). Que voulez-vous faire, dans un pays de 70 millions d'habitants ? Il est impossible de tout surveiller la police est confrontée à un problème d'une ampleur inédite, et elle essaie, avec les moyens dont elle dispose, de faire face. Cette violence qui existe aujourd'hui, nous dépasse tous. Les Français doivent apprendre à vivre avec elle. »

Concernant l’Etat d’urgence, il pense que les français n’ont vraiment réalisé le changement qu’en novembre : « Il fallait une énorme catastrophe pour que l'opinion comprenne que le pays avait basculé dans un autre chose. L’État d'urgence aurait il été accepté par les Français après le 7 janvier ? Les mesures restrictives auraient-elles été admises ? Je n'en suis pas certain. La lutte antiterroriste a commencé bien avant janvier 2015, mais les politiques ne peuvent pas aller plus vite que ce à quoi  l'opinion est en mesure d'adhérer ».

Enfin, sur le regard que porte les Français sur l’hebdomadaire « Charlie Hebdo » aujourd’hui : « Beaucoup de gens nous ont découvert au lendemain des attentats. Certains apprécient, d'autres non. Les ventes en kiosque se sont stabilisées à 80 000, les abonnements à 180 000. On va voir ce mois-ci si ces abonnements d'un an sont renouvelés ou pas ! ».

« L’Express » donne aussi la parole à Maryse Wolinski. qui a perdu son époux Georges le 7 janvier, ou à Yohann dorai qui a fait partie des otages réfugié dans la chambre froide de l'hyperCasher de la porte de Vincennes à Paris, dans les griffes de Coulibaly.

« Ne pas céder à la peur »… c’est ce qui ressort de chaque témoignage.

Le terrorisme est devenu un produit « low cost », « Made In France »

« De Charlie au Bataclan : le Djihad « made in France ». « L’Obs » explique de son côté que ce monstre qui nous fait tant peur, c’est nous qui l’avons enfanté. « En un an, y écrit-on, le terrorisme est entré dans notre quotidien. Il ne vient pas que de l'étranger. Il prospère sur un terreau franco-français ».

Dans son dossier « L’Obs » abordent plusieurs questions : « Comment ils se rendent invisibles », « Les échecs de la des radicalisations », mais aussi « quel est le coût d’un attentat ».

… Et bien, on s’aperçoit que ce n’est pas le manque d’argent qui peut dissuéder :

« Les services Français estiment que les attentats du 13 novembre ont dû coûter entre 20 000 et 30 1000 €. À peine plus cher qu'une voiture neuve.

Le terrorisme est devenu un produit low cost et de proximité. Les attentats du 11 septembre 2001 avaient nécessité un demi-million de dollars acheminés par Al Qaïda via des flux financiers complexes. Le coût (…) des attaques contre Charlie hebdo et contre l’hyperCasher en janvier 2015 est évalué à moins de 40 000 €. La tendance est aux opérations bon marché qui peuvent être autofinancées. Facile à monter, mais difficile à contrer ».

France qui crée, France qui divise, France qui se projette : 3 portraits de France en 2016

Mais la France produit bien plus que cela et « Télérama » ouvre ses pages à la diversité de profils de te points de vue : « 2016 : ils racontent leur France », c’est le titre. Un jeune élu FN, des apprentis designers, un médecin engagé…

La France qui créé ? « Symbole d'une réussite éclatante après-guerre, la cité ouvrière des chaussures Bata, en Moselle, était un rêve et d'harmonie. Elle a fermé ses portes en 2001. Un homme tente de faire revivre autrement Cette utopie collective ». Le magazine raconte le combat de

Ghilain Gad , « fonctionnaires nonchalant, à la carrure massive mais aux manières prévenantes » qui se bat pour transformer cette usine désaffectée en « un musée à l'image de l'ancienne verrerie, une résidence d'artistes, Un laboratoire pour le design et l'innovation, ou un studio de cinéma (…). Finalement, il ouvre l'ancienne fabrique à un collectif artistique et invite une architecte des bâtiments de France qui parvient à inscrire une partie du site au monument historique. La renaissance est proche ».

La France qui divise ? « Féru d’Histoire de France, élégant, poli, Gilles Parmentier, 22 ans, est conseiller municipal en région parisienne, sous la bannière du Front National, Maniant parfaitement l'argumentaire du Parti, il est fier de représenter la génération Marine ».

La France qui se projette ? « Dans la poussière et le bruit des machines outils de l'ENSCI - les Ateliers, 350 étudiants " de la meilleure école de design industriel au monde "imaginent les objets de demain. Nous futurs mode de vie ».

Les juifs de France - 770 000 personnes : « Le syndrome du canari »

« L’Express » présente en exclusivité une enquête approfondie « L’an prochain à Jérusalem » sur la communauté juive de France. On y apprend que les juifs y sont « de plus en plus nombreux à voter à droite, ou même pour le FN, et à partir en Israël ».

Mais d'abord : comment dire qui est juif ?

Les auteurs ont suivi une méthodologie spécifique détaillée dans le journal avec une double approche statistique et sociologique de terrain. L’Express livre ensuite quelques extraits de l’enquête. On y apprend que les personnes se déclarant de confession juive, pratiquantes, représentent 0,6 % de la population française,. Ceux  qui ne se déclarent pas de confession juive mais comme ayant au moins un parent juif  représentent 1 % . Donc on compte au total « 1,6 % de la population, soit environ 770 000 personnes ». Quant à sa représentativité : "La communauté juive apparaît sociologiquement diverses, ce qui vient de démentir bon nombre de clichés et de préjugés ».

Concernant l’antisémitisme et le conflit israélo-palestinien, les auteurs constatent « la flambée des actes, passés de 82 en 1999 à 744 en 2000 et à 851 en 2014, selon le service de protection de la communauté juive ». Ils s'interrogent sur le lien avec le conflit israélo-palestinien.

A cela, la « multiplication des actes antisémites concernent l'ensemble du territoire mais c'est dans certaines communes de banlieue où communautés arabo-musulmanes et juives cohabitent qu’ elle a été la plus forte, engendrant un sentiment d'insécurité très prégnant ».

Enfin, l’enquête va au delà de la seule communauté et fait cas du «  syndrome du canari », une expression anglaise, qui fait référence aux Canaris dans la mine de charbon, qui détectaient avant les autres la présence du danger : « Dans ce cas, l’abandon de certains quartiers par les familles juives, le développement des écoles communautaires pour mettre les enfants à l'abri et la hausse spectaculaire des alyas et des départs vers d'autres pays sont autant de signes inquiétants émis par ces « vigies démocratiques » concernant l'état de santé actuelle de la société française ».

Alors comment vieux vivre : par la sagesse ? par l’humour ? par la croissance économique ? Chacun a sa réponse

Challenges : La croissance mondiale pour mieux vivre en 2016 ?

A lire « Challenges » cette semaine, ce n’est pas gagné. « Le plongeon des matières premières redistribue les cartes. Mais les principales économies ne seront pas à la fête cette année ! ». Le postulat de base est posé et les exemples nombreux : « Il y a le terrorisme international. L’Europe qui se languit dans une croissance molle sur fond de divisions. La locomotive chinoise qui ralentit. Le Japon qui est toujours à l'arrêt. Les matières premières - et en particulier le pétrole - qui s'effondrent, minant les économies des pays producteurs comme la Russie et le Brésil. Les planches à billets qui tournent à plein régime sans effet majeur sur les grandes économies développées ou croissent les inégalités ».

Dans ce décor peut avenant, le magazine interroge Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères. Comment va l'Europe ? Réponse : « pas très bien, et 2016 pourrait bien être pour l'union européenne l’année de tous les dangers. Croissance économique languissante, mouvements migratoires massif qui posent des défis politiques considérables (…)  Tout cela crée une situation instable alors qu'une Europe forte, unie, avec un projet clair, serait indispensable dans notre monde incertain et dangereux ». On serait tenté de conclure que « c’est pas gagné ». Fabius préfère cette formule : « Beaucoup de travail reste à accomplir ».

« Le Point » : La sagesse pour mieux vivre en 2016

Puisque ce n’est pas par la reprise économique que nous allons vivre mieux, « Le Point » mise sur une autre voie : « le grand livre de la sagesse » avec le philosophe Alexandre Jollien, le psychiatre Christophe André, et le moine Mathieu Ricard, « trois ténors de la sérénité au chevet de 2016 ».

Ils publient ensemble un guide pour mieux vivre. « Une affiche qui a tout du blockbuster de librairie, rayon psychologie et développement personnel » mais dont le magazine cherche à percer la sincérité et la prouve. Ces trois là semblent être de vrais amis. Et surtout, ils paraissent sincères aussi. Avant chaque session, un moment de silence pour, disent-ils, dégonfler la baudruche des ego. Une coquetterie de sage ? « Cet instant de silence servait à vérifier notre motivation. On voulait voir si on faisait ça pour se faire mousser, ou si on pensait vraiment que ce livre aller apporter un bien à autrui. Ça permet de maintenir un esprit intègre » assure Mathieu Ricard.

Le magazine l’affirme, on recueille là « un traité de sagesse qui apporte de vraies réponses aux questions que tout le monde se pose : comment surmonter les épreuves, retrouver l'estime de soi, en finir avec la culpabilité, de venir plus libre… Rien de moins qu'un mode d'emploi pour mieux vivre. Alors suivons les guides en espérant que 2016 s'inspire  aussi de leur ouvrage » conclue le journal.

« Les Inrock » : L’Humour pour supporter 2016 ! de Charlie à Charline

« La femme la plus drôle de France est belge ». c’est Charline Vanhoenacker journaliste, humoriste, « humeuriste » de France Inter. En une du magazine, pancarte « Je suis Charlie » au poing, sourire aux lèvres, elle ne lâche rien pour 2016. « La liberté d'expression est son cheval de bataille ». Les Inrocks en font un nouveau symbole : « Vous étiez Charlie en 2015 ; Vous serez Charline 2016 ».

« Biberonnée aux Guignols de l'Info est au bébête show, Charline s’est passionnée pour la politique française. Ado, elle se rend chaque semaine chez son kiosquier pour acheter le Canard enchaîné et Charlie hebdo quand ses copines dévorent « OK ! », « Podium » et fantasment sur Patrick Bruel. »

Pendant une dizaine d'années avec 1200 € par mois, elle va vivre longtemps en cité universitaire. A France inter, son ascension est fulgurante. « L'humour ultra corrosif n’est plus trop supportable, l'époque est trop violente » explique Patrick Cohen. Trois jours après les événements du 13 novembre, « Charline boit une bière à l'antenne de la matinale ». Sa première chronique de 2016 commence pas cette phrase : « si vous êtes là, c'est que vous avez survécu à 2015 ».

C’est un bon début.

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