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Marianne enquête sur le vote Zemmour, Elisabeth Badinter est à la une de L'Express.
Marianne enquête sur le vote Zemmour, Elisabeth Badinter est à la une de L'Express.
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Revue de presse des hebdos

Les macronistes voient Macron gagnant ; Mélenchon aussi, il se voit président ; Hidalgo se croit mal vue par les journalistes politiques ; Macron-Philippe : une défiance réciproque ; les ténors de la droite rêvent du RPR

Et aussi : Zemmour vu depuis Versailles.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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« Élisabeth Badinter sur la laïcité : Un an après Samuel Paty, son cri d'alarme » à la Une de l’Express. « Jean-Luc Mélenchon  s’explique » son visage s’affiche à la Une de l’Obs. « De quoi le vote Zemmour est-il le non ? » s’interroge Marianne. « France- Algérie, Guerres secrètes » à la Une du Point « De Zemmour à Plenel, le poids du passé algérien sur la politique française »

Les macronistes optimistes

L’optimisme est de mise dans les rangs macronistes selon l’Obs : « A moins de deux cents jours de l’élection présidentielle, pléthore de voyants sont, il est vrai, au vert : les manifestations anti-passe sanitaire s’essoufflent, le chômage descend à 7,6 % et les prévisions de croissance sont revues à la hausse (+ 6,25%). Quant aux enquêtes d’opinion, elles parviennent à la même conclusion : donné entre 24 et 28 %, Emmanuel Macron vire systématiquement en tête au premier tour. »

Reste que cet excès de confiance peut se révéler dangereux. Les stratèges de la macronie en sont conscients.

Mélenchon se voit président

La citation ouvre le dossier de l’Obs consacré à une longue  interview de Jean-Luc Mélenchon : « Je ne plaisante pas, je vais être élu ».

En attendant, Mélenchon estime que la dynamique Zemmour dans les sondages n’est pas une bulle : « Il siphonne Le Pen et Bertrand ».

Quand l’Obs lui dit qu’il fait peur à une partie de la gauche, Mélenchon répond : « Pour les socialistes, je suis un accident de l’histoire. Ils n’ont pas compris les raisons de leur effondrement. Ils ont mis leur échec sur le dos de ce pauvre Benoît Hamon quand c’était le bilan des années Hollande qui était en cause. »

Il ajoute : « Leur stratégie était de corriger les inégalités par la répartition inégalitaire des fruits de la croissance. Cela suppose une croissance sans fin. Ça ne peut pas marcher, tout le monde l’a compris ! Moi aussi, j’étais productiviste : béton, électricité ! J’ai tellement récité ça dans ma vie ! Et à un moment la réalité vous interpelle : si on continue ça, c’est la catastrophe… ».

Et à ceux qui disent que sa personnalité inquiète, il répond : « Je l’entends dans un milieu petit-bourgeois. On m’a fait cinquante fois le coup : « Votre image est abîmée. » C’est vrai que trois secondes de hurlement tous les soirs dans le générique d’une émission de télé, ça n’arrange rien. » faisant allusion à l’émission Quotidien et Yann Barthès.

Au passage, Mélenchon égratigne Anne Hidalgo qui propose de doubler le salaire des enseignants : « Cela coûterait 60 milliards la premèire année. Où les trouve-t-elle ? Promettons ce qui est tenable. D’ailleurs elle commence à revenir dessus.

Hidalgo mal vue par les journalistes

À la mairie de Paris, « on a une explication aux critiques dont Anne Hidalgo est l’objet, surtout depuis sa déclaration de candidature à l’Élysée : les journalistes politiques sont pour la plupart parisiens. Ils subissent donc les désagréments de la capitale comme les bouchons, les blocs de béton posés un peu partout ou la saleté. » raconte Le Point.

Macron-Philippe : une défiance réciproque

Cité par l’Express « Comme le décrypte un des "Mormons" qui constituaient le premier cercle d'Emmanuel Macron, "Edouard a parfaitement intégré que le président ne se situait que dans des relations politiques, darwiniennes, utilitaristes, dans lesquelles il n'y a pas d'affect. Pourquoi ? Parce qu'Edouard est exactement pareil ». 

« Pendant longtemps, une partie de l'entourage du chef de l'Etat a acheté sans réserve le mythe de cette "feuille de papier à cigarette" qui n'existait pas entre le président et son Premier ministre (…). Une autre frange, en revanche, assure avoir saisi très tôt que Philippe et son équipe travaillaient également pour eux-mêmes... "Ce côté enfoiré, pardon, mais beaucoup de gens l'ont vu à ciel ouvert, rétorque un ancien conseiller élyséen. Dans cette histoire, la naïveté est plutôt chez eux : lui et ses proches utilisaient la presse contre nous, utilisaient les instituts de sondages pour tester Edouard, utilisaient le président comme bouclier, multipliaient les coups par-derrière, et ils pensaient vraiment qu'on ne le voyait pas ? » ajoute l’Express.

Le retour du RPR

De Bertrand à Zemmour, les ténors de la droite veulent retrouver l’inspiration – et l’électorat – du RPR, le parti chiraquien des années 1990, selon Le Point.

Éric Zemmour, par exemple, a récemment dit qu’il appartenait à cette droite, quand tout le monde l’imaginait plutôt proche du FN de Jean-Marie Le Pen. Henri Guaino, avant lui – et pour d’autres raisons –, avait déclaré regretter le RPR. Chez les LR aussi, certains réclament un retour aux fondamentaux. Mais lesquels ? En chœur, ils répondent, ceux issus de la convention des états généraux de l’opposition sur l’immigration, en 1990, qui avait retenu le principe d’un arrêt de l’immigration, d’une incompatibilité entre l’islam et les lois de la République, d’une préférence nationale pour les aides sociales et la fin du regroupement familial. 

Zemmour vu depuis Versailles

Devant l’église Saint-Symphorien  La défense des “racines” de la France séduit. En terre versaillaise, François Fillon avait su recruter de l’électeur. Marine Le Pen ? Sans façon pour eux selon Marianne.

« Zemmour, c’est mon maître à penser, depuis toujours », lâche Christine sur le parvis de l’église Saint-Symphorien de Versailles. Il est 12 h 30, ce 10 octobre, lorsque les paroissiens sortent de l’office dominical. Soixante-quinze ans et Versaillaise depuis toujours, Christine est très remontée contre les « médias gauchistes et menteurs » qui accablent « ce pauvre homme qui dit des choses honnêtes et vraies ». En 2017, comme 49,99 % des votants de la ville, elle a opté pour François Fillon, « qui portait les valeurs d’une France chrétienne ». Mais Christine, gourmette avec une médaille de la Vierge Marie s’agitant à son poignet, refuse de faire un choix au second tour, car elle a « horreur des extrêmes » comme Marine Le Pen. Et le « Z », comme l’appellent ses soutiens ? « C’est juste un homme plein de bon sens », s’exclame-t-elle citée par Marianne.

Selon Le Point,  Éric Zemmour séduit fortement à droite et à l’extrême droite, mais aussi parmi ceux, de plus en plus nombreux, qui n’arrivent plus à se positionner ; intermittents électoraux et autres « sans parti fixe ». Il coche de nombreuses cases pour ces électeurs : il est « indépendant », libéré des logiques de parti, « hors du sérail », issu de la société civile : le seul candidat « neuf ». Cette liberté se retrouve dans le ton du polémiste, qui les frappe par son « audace », sa « franchise », son « impertinence ». Dans une France que certains perçoivent comme muselée par la bien-pensance, où les mécontentements et la colère se cognent pour eux à la surdité des médias et des politiques, il apparaît comme le meilleur porte-voix, « celui qui ose »« va à contre-courant des autres », et surtout qui « dit tout haut ce que les Français vivent au quotidien ».

Selon l’Obs le livre de Zemmour « La France n’a pas dit son dernier mot » s’est écoulé à près de 200.000 exemplaires, et il en a recommandé 230.000 de plus.

Elisabeth Badinter face à l’idéologie woke

En juillet, une étude de la Fondation Jean-Jaurès montrait que les professeurs de moins de 30 ans sont moins attachés à la laïcité, plus imprégnés de relativisme culturel que leurs aînés. Y a-t-il une fracture générationnelle ?  demande l’Express à Elisabeth Badinter qui répond : « Oui, il y a une fracture. Il y a une inversion de la hiérarchie des principes : certains font désormais prévaloir la valeur de la "tolérance" sur la laïcité républicaine. Au point de penser qu'il faut être indulgents avec toutes les revendications religieuses. »

A propos de l’attitude des médias, la philosophe ajoute : « De grands journaux anglo-saxons, comme le New York Times, mais aussi français, comme Le Monde, ont de toute évidence adopté l'idéologie "woke" et intersectionnelle. Je peux imaginer que ces médias veulent s'allier une nouvelle génération très imprégnée de cette idéologie. Ils ont choisi leur camp, et probablement leurs jeunes lecteurs de demain aussi… ».

Le RN n’a pas peur de la droite

« Bertrand, Pécresse ou Barnier ? Cela ne changera pas grand-chose pour nous », estime le député RN Sébastien Chenu selon l’Obs « LR, c’est le seul parti où il faut payer pour être adhérent et voter pour un mec qui ne l’est pas, ce qui en dit long sur l’état de déliquescence de ce parti », ironise Chenu en rappelant que Pécresse et Bertrand ont rendu leur carte.

Le gouvernement Castex le plus coûteux depuis 1958

« Le rapprochement des gouvernements Castex de 2021 et Philippe de 2019 se caractérise par l’expression “toujours plus”. Plus de ministres (42 contre 34), plus de conseillers (559 contre 313), plus d’effectifs de cabinets ministériels (2 793 contre 2 338). »  estime René Dosière, président de l’Observatoire de l’éthique publique, cité par Le Point.

 Le coût du gouvernement Castex s’élève à 160 millions d’euros en 2021, contre 126 millions pour celui de son prédécesseur.

Hortefeux va soutenir Pécresse

Brice Hortefeux s’apprête à soutenir Valérie Pécresse car, selon Le Point, il voue depuis des années une haine tenace à Xavier Bertrand. Hortefeux le soupçonne d’avoir plaidé auprès de Nicolas Sarkozy durant son quinquennat pour que ce dernier le congédie du ministère de l’Intérieur qu’il occupait afin de prendre sa place. 

Mathieu Bock-Côté le chroniqueur qui monte

Mathieu Bock-Côté, l’essayiste canadien, qui multiplie les chroniques dans les médias, s’est installé à Paris.

« En plus de son émission hebdomadaire le samedi soir (Il faut en parler, à 20 heures, sur CNews), de sa présence au Grand Rendez-vous d’Europe 1 et CNews le dimanche matin et de ses chroniques matinales, l’auteur de L’Empire du politiquement correct (Éditions du Cerf) et de La Révolution racialiste (Presses de la Cité) succède désormais chaque soir à Éric Zemmour sur le plateau de Face à l’info, accompagné d’une poignée d’autres chroniqueurs, toujours sur CNews. Un choix payant : « L’émission rassemble 620 000 téléspectateurs en moyenne, à peine 60 000 de moins qu’avec Éric Zemmour », se rassure la chaîne citée par Le Point.

Assassinat de Samuel Paty

« Silences gênés, petits renoncements : un an après Paty, l'embarras persistant du monde scolaire » constate l’Express.

Exemple : « Pierre Bédier, le président (LR) du conseil départemental des Yvelines, qui avait proposé de donner le nom du professeur assassiné au collège du Bois-d'Aulne où il exerçait, s'était heurté à une levée de boucliers de la part des enseignants et des parents d'élèves. Trop tôt, trop sensible, trop dangereux, selon eux. L'élu avait promis de revenir à la charge. » Mais l'idée semble aujourd'hui avoir été abandonnée… souligne l’Express.

Un an après la décapitation de Samuel Paty, une enquête Ifop pour Marianne montre que  le regard des 18-30 ans sur cet attentat islamiste reste ambigu. Ils sont 85% à être choqués mais plus d’un sur cinq refuse de valider la démarche pédagogique du professeur :

22% pensent que Samuel Paty a eu tort de montrer des caricatures car cela constituait une provocation inutile.

9% condamnent l’auteur de l’attentat mais partagent ses motivations.

5%  ne condamnent pas l’auteur de l’attentat.

25 % considérent que les normes édictées par leur religion sont plus importantes que les lois de la République. Maigre consolation, sur ce sujet brûlant, le ratio est en baisse de six points depuis l’année dernière.

Sondage Ifop pour Marianne sur un panel de 1.014 personnes interrogées en ligne du 24 au 30 septembre.

Algérie : Macron écouterait les faucons de l’Elysée

Fin septembre, Emmanuel Macron choisit une rencontre avec des descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie pour pointer du doigt le « système politico-militaire » algérien, accuser ses dirigeants de cultiver une « rente mémorielle » et même douter de l’existence d’une nation algérienne avant la conquête française de 1830, cédant ainsi, selon plusieurs sources informées des jeux de pouvoir à Paris, aux « faucons de l’Élysée » qui préfèrent aller à l’affrontement avec l’Algérie ou avec le Mali. Ces mêmes sources assurent que le président n’a cependant fait qu’exprimer ses convictions écrit Le Point (dossier de 12 pages.

La France paierait-elle une trop grande proximité avec l’équipe du défunt Bouteflika ? Dans le milieu économique français, on répète à l’envi que « les freins mis aux investisseurs français » sont « depuis des années » bien plus importants que « pour n’importe quel autre investisseur étranger », en citant en exemple Total, Renault, Peugeot qui ont vu leurs ambitieux projets malmenés, et, plus récemment, Suez et la RATP, dont les contrats n’ont pas été renouvelés dans la gestion de l’eau et du métro d’Alger. « L’idée accompagnant un méticuleux French bashing est que la France aurait “trop’’ profité des réseaux du président Bouteflika », s’insurge-t-on côté français souligne Le Point.

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