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La brutale chute des cours de la bourse chinoise a fait paniquer les marchés.
©Reuters

Le Nettoyeur

La Chine et la folie des marchés : explications

La brutale chute des cours de la bourse chinoise a entraîné avec elle toutes les places financières du monde, qui n'arrivent pas à se stabiliser depuis, alternant sans cesse des hauts et des bas vertigineux. Dans ce contexte, les investisseurs sont de plus en plus nerveux.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Depuis une semaine, les marchés financiers du monde entiers font des tours, avec d'énormes baisses, ensuite remontées, ou pas.

Que se passe-t-il ?

Cela a commencé en Chine. Depuis des décennies, la Chine pompe de l'argent dans son économie pour financer la croissance - dévaluations compétitives, prêts encouragés par les banques publiques, etc. Tout le monde sait que ça ne peut pas durer indéfiniment. La question n'est pas : est-ce que ça va finir, mais comment ? Est-ce que le gouvernement chinois va pouvoir orchestrer un passage à un autre modèle économique et un ralentissement ordonné, ou est-ce que le château de cartes va s'effondrer ?

Cette tension explique que le moindre mouvement du gouvernement chinois soit sur-analysé et puisse mener à des grands mouvements dans les marchés chinois, qui sont particulièrement susceptibles à l'action du gouvernement chinois. Et ainsi, lorsque la Banque centrale chinoise n'a pas annoncé une baisse de taux attendue, la panique a commencé.

Comment cette panique s'est-elle répandue au reste du monde ?

Il y a une raison évidente : la Chine est une très grande économie, intégrée dans la mondialisation, et donc si l'économie chinoise va mal, les conséquences pour le reste de l'économie mondiale sont mauvaises.

Mais ça n'explique pas tout.

Aux Etats-Unis, aussi, on attend un ralentissement. La Banque centrale américaine a dit qu'elle comptait bientôt remonter ses taux d'intérêts, mais nul ne sait quand et comment. Puisqu'on sait qu'il va y avoir un dos-d'âne, mais pas où ou de quelle taille, il y a forcément de la nervosité.

Mais ça va plus loin. Depuis la crise financière, les marchés financiers ont connu une montée considérable. Pourtant, les économies qui sous-tendent ces marchés financiers, même si elles ont dans l'ensemble renoué avec la croissance, ne vont pas aussi bien que les indices boursiers l'indiqueraient.

Cette hausse des indices boursiers se justifie en partie : les grandes entreprises mondiales ont connu une explosion de leurs profits depuis le début de la crise. Mais le problème est que cette explosion de profits est due, principalement, non à la découverte de nouveaux marchés ou au de nouvelles innovations, mais à la capacité de ces entreprises à maîtriser et baisser leurs coûts tout en produisant autant.

Le problème fondamental sous-jacent est celui-là : au-delà des chiffres du PIB trimestre après trimestre, l'économie mondiale, si elle ne stagne pas vraiment, n'est pas non plus entrain de découvrir de grands et nouveaux sommets d'innovation. Même sept ans après la crise, la reprise semble toujours fragile.

Comment régler ce problème, comment avoir une vraie croissance durable ? Cela, justement, personne ne le sait.

Normal, ensuite, que les investisseurs soient nerveux.

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