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Paris Match publie un reportage sur les incendies en Gironde. L'Express enquête sur l'Académie française. La polémique Uber Files est aussi au coeur de l'actualité des hebdomadaires.
Paris Match publie un reportage sur les incendies en Gironde. L'Express enquête sur l'Académie française. La polémique Uber Files est aussi au coeur de l'actualité des hebdomadaires.
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Revue de presse des hebdos

L’Obs s’inquiète de la guerre de l’eau qui est déclarée en France, Le Point des dérives de Greenpeace; Marianne et L’Express ont des avis opposés sur les Uber Files; Les ex RN ralliés à Zemmour ont le blues

Et aussi : Abus sexuels dans l’Eglise, les victimes attendent.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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« Bien manger : le guide » à la Une du Point. « Sécheresse en France La guerre de l’eau est déclarée » constate l’Obs. « Tempêtes sous la Coupole » l’Express s’intéresse aux petits secrets de l’Académie française. « Dr Macron & Mr Lobby » Marianne  revient sur l’affaire des « Uber Files » et évoque les réseaux qui entourent le président. Paris Match montre « un été en enfer » avec les incendies de forêt.

Uber Files : scandale ou pas ?

Pour l’Express, la polémique Uber Files n’est pas un  « scandale d’Etat : « La précision n'est pas forcément inutile, par les temps qui courent : les auteurs de ces lignes ne sont pas rémunérés par Uber. Il leur arrive de réserver une voiture sur l'application du géant californien, mais aussi de monter à bord de taxis "plus traditionnels". Nul militantisme à L'Express, donc. Simplement l'envie de réagir à ce qui a été qualifié de "scandale d'Etat" par une grande partie de l'opposition : la fameuse affaire des "Uber files" révélée par un consortium de journaux européens dont Le Monde, qui relate les conditions dans lesquelles Uber s'est implanté en France et le soutien apporté par le patron de Bercy de l'époque, un certain Emmanuel Macron. »  

« Un scandale, vraiment ? S'il en est un, c'est ce penchant collectif à réécrire l'histoire, en oubliant à quoi ressemblait le monde merveilleux des taxis avant l'arrivée de l'épouvantail américain. Le déploiement d'Uber dans l'Hexagone a révolutionné un secteur claquemuré derrière un numerus clausus hors d'âge, pas toujours sensibilisé à la qualité du service et qui a découvert sur le tard l'utilité de la carte bancaire... Il faut également rappeler qu'Uber a offert un job à des milliers de jeunes souvent issus de quartiers difficiles. » 

Marianne a une vision opposée à celle de l’Express et dénonce l’attitude d’Emmanuel Macron. Marianne liste les entreprises qui ont dépensé le plus en France en 2021 pour faire du lobbying. En tête, Google (entre 1,5 et 1,75 M€) suivi par TotalEnergies (entre 1,25 et 1,50 M€), Sanofi-Aventis (entre 1,25 et 1,50 M€), EDF (entre 1 et 1,25 M€), Veolia (entre 1 et 1,25 M€).

Marianne recense les secteurs où les lobbyistes sont « à la manoeuvre ». A commencer par l’énergie avec TotalEnergies qui exerce le lobbying le plus influent du CAC 40 avec dix « lobbyistes » à l’Assemblée nationale et l’entreprise est représentée dans 128 associations. Marianne évoque aussi les »bataillons » de lobbyistes qui défendent les intérêts des géants du numérique à Bruxelles.

Edouard Philippe en tête

Paris Match remarque que « La popularité d’Edouard Philippe bat des records dans le tableau de bord ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio. Il apparaît comme une alternative au macronisme ».

En effet, dans le classement des personnalités politiques, Edouard Philippe apparaît largement en tête avec 62% de « bonne opinion » soit 9% de plus que le second, Jean Castex à 53%. Le troisième est Bruno Le Maire avec 46%. Emmanuel Macron n’est que septième avec 43%.

Autour de Zemmour, la déception des ex-RN 

L’Express cite un ancien RN passé chez Eric Zemmour :  »Et dire qu'à l'heure qu'il est, on aurait pu être à l'Assemblée...". "Ils n'avaient qu'à faire le bon choix", sourit, depuis le café Bourbon, un zemmouriste repenti, élu sous l'étiquette RN. L'extrême droite reste un petit milieu, et au RN comme ailleurs, certains regrettent que des amis aient pris "la mauvaise décision". Un nom, particulièrement, revient dans les discussions : celui de Marion Maréchal, dont beaucoup de proches ne comprennent pas le choix. "Quel gâchis, assure l'un d'entre eux. Elle s'est complètement démonétisée et se retrouve piégée dans une organisation dont elle n'a rien à tirer." 

« Au-delà de la déception d'avoir choisi le mauvais camp, plusieurs ralliés dénoncent une mauvaise gestion de la fin de l’aventure. (…)  une partie du comité politique dénonce la mainmise d'une petite équipe, composée notamment de Guillaume Peltier et Sarah Knafo, sur le fonctionnement du parti. "On a quitté le RN parce que c'était une autocratie, et on se retrouve aujourd'hui avec un fonctionnement qui est pire", assure un ex-frontiste. La question financière, aussi, cristallise les tensions. Plusieurs déçus jurent que Reconquête relèverait désormais du fonctionnement entrepreneurial, et l'on pointe du doigt tous les artisans de la campagne qui ont conservé leurs places de salariés. Parmi eux, Sarah Knafo, Guillaume Peltier, Samuel Laffont, Damien Rieu ou Stanislas Rigault. »

Le dernier mandat de Macron

Selon l’Express, Emmanuel Macron n’apprécie pas : « Maudit soit Nicolas Sarkozy. En 2008, il modifie la Constitution, rendant impossible plus de deux mandats présidentiels consécutifs. Dix ans plus tard, Emmanuel Macron fulmine et rumine. Dès 2018, un an après son accession à l'Elysée, il lâche devant des visiteurs : "Le seul élu à qui on impose cela, c'est ma pomme." Le sujet le taraude, "le bornage temporel pèse sur sa conscience car il est interdit de destin par une norme", remarque un proche. En 2027, il aura 49 ans et celui qui n'aime rien tant que la liberté est ligoté, privé du choix d'être ou de ne pas être de nouveau candidat. Est-ce pour cela qu'Emmanuel Macron patine à ce point, que depuis sa réélection, il donne l'impression de ne pas savoir où il veut aller, où il veut emmener le pays ? Comme si un ressort était cassé. »

Abus sexuels dans l’Eglise, les victimes attendent

« Abus sexuels dans l'Eglise : neuf mois après le rapport Sauvé, les victimes attendent toujours. Seules six victimes de prêtres ont reçu une réparation financière. Un chiffre bien faible au regard de l'électrochoc provoqué par la commission Sauvé fin 2021. (…) Neuf mois après, le mécanisme de réparation mis en place par la Conférence des Evêques de France paraît bien lent au regard de l'électrochoc provoqué et des 6200 témoignages recueillis. » 

 Pourtant, l'argent est là : le Selam dispose de 20 millions d'euros pour remplir sa mission. Les blocages sont ailleurs. Pour traiter les demandes, l'Eglise a, en effet, décidé de mettre en place une Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), présidée par Marie Derain de Vaucresson, juriste et ancienne défenseure des enfants. Au début du mois de juillet, celle-ci avait reçu 893 demandes, mais seules 25 d'entre elles avaient fait l'objet d'une décision et une dizaine avaient été transmises au fond Selam pour paiement effectif. »  

France : la guerre de l’eau

L’Obs s’inquiète : « Conséquence du changement climatique, des sécheresses plus précoces et plus intenses frappent désormais plusieurs régions, du Sud-Ouest jusqu’à la Bretagne. La raréfaction de l’eau provoque déjà des conflits. (…) Sous l’effet du dérèglement climatique, le cycle de l’eau est en train d’être bouleversé en profondeur : la chaleur accroît l’évaporation, les cours d’eau s’assèchent, les nappes phréatiques peinent à se recharger. Selon de récents chiffres publiés par le ministère de la Transition écologique, la ressource en eau a chuté de 14 % au cours des deux dernières décennies. De larges pans du territoire oscillent désormais entre des épisodes de pluie diluvienne, qui provoquent des inondations, et des sécheresses de plus en plus précoces, longues et intenses.

Résultat, l’accès à l’eau n’est pas garanti partout et toute l’année. Et le risque est grand que la situation empire. (…) Au total, 76 départements font aujourd’hui l’objet de mesures de restriction de l’usage de l’eau. »

Résultat, sous la pression du lobby agricole : « « Nous sommes en train d’entrer dans une logique à l’espagnole, déplore la juriste de FNE Florence Denier-Pasquier, spécialisée dans le droit de l’eau. Pour irriguer toujours plus, nos voisins ont multiplié les infrastructures de stockage et les barrages. Ils se retrouvent dans une impasse, avec un taux moyen de remplissage des retenues qui ne fait que baisser. C’est là où se trouvent les plus grands ouvrages que les sécheresses sont les plus intenses. »

L’Obs a été voir sur place un exemple parlant : « A Saint-Pierre-de-Caubel, la chambre d’agriculture a construit, sans la moindre autorisation, un barrage pour irriguer des cultures. Selon les défenseurs de l’environnement, ce lac de Caussade pourrait aggraver le problème de sécheresse. » « Un plan d’eau de 920 000 mètres cubes, sorti de terre à l’issue d’un surprenant bras de fer engagé contre l’Etat »

« Il y a déjà 600 retenues dans le bassin versant du Tolzac. Développer encore un peu plus l’irrigation, alors qu’il y aura demain de moins en moins d’eau ici, c’est un non-sens, fustige un écologiste. Cette retenue va aggraver les sécheresses qu’elle est censée combattre. »

Pour l’écologiste, « l’inquiétante répétition des sécheresses devrait plutôt inciter le monde agricole à « réduire ses besoins en eau », en développant des cultures moins gourmandes que le maïs − omniprésent dans les environs − ou que la noisette, en plein essor ».

Greenpeace : marketing et écologie

Le Point critique Greenpeace dans un dossier de dix pages : « Depuis sa création en 1971 par un groupe de hippies et d’opposants à la guerre du Vietnam protestant contre des essais nucléaires américains prévus au large de l’Alaska, la mythique ONG n’a pas seulement changé de dimensions, avec ses 410 millions d’euros de budget pour l’année 2020. Elle a aussi changé de nature… « Ils sont devenus des boulets du climat », tacle l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire (2018-2019) François de Rugy, »

« Le premier objectif de Greenpeace aujourd’hui est de répandre la peur – du nucléaire, des OGM, de la technologie –, car la peur leur permet de récolter des dons », éreinte Patrick Moore, qui fut l’un des premiers présidents de l’organisation. En 1986, il claque la porte lorsque Greenpeace décide d’organiser une campagne mondiale pour faire bannir le chlore, l’un des éléments du tableau de Mendeleïev. « J’étais sidéré. La science nous montre que la présence de chlore dans l’eau potable est un des progrès majeurs de l’histoire de la santé. Elle a permis d’éliminer le choléra ! explique-t-il au Point.À partir de cette date, Greenpeace a cessé de s’appuyer sur la science et sur la logique pour devenir une sorte de religion… »

« Aujourd’hui, notre première priorité est la lutte contre le dérèglement climatique. » Ce qui n’empêche pas les grincements de dents de nombreux observateurs : « Les campagnes consistent essentiellement à faire du lobbying et à diffuser mails et rapports alarmistes pour récolter des dons. C’est une grosse machine qui s’autoalimente », s’agace un membre du groupe des Verts au Parlement européen ».

« Officiellement, « Greenpeace est uniquement financée par des dons privés et refuse catégoriquement tout financement public ou d’entreprises », clame l’organisation sur ses sites Internet, assurant tirer ses revenus de la générosité de plus de 3 millions de donateurs particuliers. Mais la réalité est plus nuancée… D’abord parce que Greenpeace agit désormais rarement seule, mais en partenariat avec d’autres ONG (en France : le WWF, Les Amis de la Terre, etc.), qui, elles, reçoivent les subsides de grandes entreprises… Ainsi, en juin 2020, le WWF compte 45 partenaires privés (dont la fondation Coca-Cola, le groupe Bell, Carrefour, Sodexo, Bouygues, Michelin…).

Tempêtes sous la Coupole

L'Express commence à raconter, dans les premiers articles de sa série d’été les petits secrets de l’Académie française, et des Immortels du Quai Conti, mousquetaires de la langue française depuis près de quatre siècles. Certains découvriront au passage que le 15 décembre 2021 à l’initiative du Parquet national financier, « une dizaine de gendarmes accompagnés de trois magistrats ont investi le bureau du chancelier de 8 heures à 16 heures, dans le cadre d'une enquête portant aussi sur les conditions d'un appel d'offres concernant le château de Chantilly, propriété de l'Institut de France. Une perquisition chez les immortels, inédit en 386 ans d’existence". Affaire à suivre…

Les cinémas face à la crise

L’Obs rappelle que « La France compte un réseau exceptionnel de salles obscures et, bien que 30 % de leurs spectateurs aient disparu depuis le Covid, aucune n’a fermé. La récompense d’une longue fréquentation des politiques, qui ne leur refusent jamais une faveur (…) Circuits d’art et d’essai ou itinérants, multiplexes, propriétés municipales ou privées, ce réseau culturel de 6 193 écrans devant lequel les politiques se pâment est encore là, intact.  (.)… Pourtant, la récente Fête du Cinéma, au succès revigorant, n’occulte pas la réalité : un tiers du public s’est volatilisé avec le Covid. Personne ne sait s’il reviendra. La mise en vente du réseau CGR, deuxième derrière Pathé Gaumont, crée l’incertitude. Et voilà que le Disney de Noël, « Avalonia, l’étrange voyage », sortira en France exclusivement sur la plateforme de streaming du groupe. Rima Abdul-Malak, la nouvelle ministre de la Culture, se serait bien passée d’un tel oukase qui privera les familles d’une fête et fragilisera les salles.»

Bien manger

Le Point parle de l’alimentation avec optimisme (dossier de 14 pages). Exemple avec le fameux slogan : « Manger cinq fruits et légumes par jour. » Tout le monde le connaît. Et pour cause, il est martelé depuis quinze ans dans des publicités, des campagnes de sensibilisation ou sur le site mangerbouger.fr de Santé publique France. Pourtant, aujourd’hui encore, 72 % des Français n’atteignent pas cette recommandation. « 

 « Ce n’est pas si grave, assure Serge Hercberg, professeur émérite de nutrition à l’université Sorbonne Paris Nord. Le message important qu’il faut faire passer est simple : favoriser les aliments d’origine végétale par rapport à ceux d’origine animale. Évidemment, cinq fruits et légumes par jour, c’est bien, mais en passant de un à deux, il y a déjà un bénéfice pour la santé. » Et ces fruits et ces légumes peuvent être frais, industriels, en boîte, surgelés. Qu’importe la forme, ils auront toujours les qualités recherchées. « 

« Pour s’en assurer, il suffit de vérifier le Nutri-score sur l’emballage. Cette échelle graduée de A à E et colorée du vert au rouge indique de manière très intuitive la valeur nutritionnelle du produit. Mais son usage fait polémique, car certains produits dits « traditionnels », comme le roquefort, sont classés E. Alors que des produits dits « ultratransformés » peuvent être notés A. »

Bien sûr nous pouvons mieux faire : "72 % des Français mangent moins de cinq portions de fruits et légumes par jour. Et 87 % n’atteignent pas non plus les recommandations sur les légumes secs (lentilles, haricots rouges et pois chiches) – au moins deux fois par semaine –, alors que ce sont des sources de protéines végétales et de fibres très importantes. Ils sont 63 % à manger trop de charcuterie (plus de 150 grammes par semaine) et 69 % pas assez de poisson (moins de deux fois par semaine), etc."   

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