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Iran et Grèce : pourquoi ces deux accords ont mécaniquement des effets positifs sur les marchés
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Iran et Grèce : pourquoi ces deux accords ont mécaniquement des effets positifs sur les marchés

Le "risque" des marchés a mécaniquement baissé grâce à ces négociations. La volatilité et l’or, indicateurs classiques permettant de chiffrer le degré de risque estimé par les opérateurs, ont nettement reculé depuis quelques jours.

Alain Pitous

Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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Iran …Grèce : deux négociations extrêmement difficiles ont été conclues cette semaine. Les avis divergent sur la durabilité de tout cela. Nous nous concentrerons ici uniquement sur l’aspect lié aux marchés financiers. La première chose à avoir en tête est que le "risque" des marchés a mécaniquement baissé grâce à ces deux accords. La volatilité et l’or, deux indicateurs classiques permettant de chiffrer le degré de risque estimé par les opérateurs, ont nettement reculé depuis quelques jours.

Suite à l’accord sur la Grèce : force est de constater que les réactions de marchés à très court-terme ont une nouvelle fois largement donné tort aux commentateurs éternellement négatifs sur la zone Euro. Depuis les plus bas, à vendredi soir, le marché a rebondi de près de 10% sur les actions européennes.

Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises nous avions délibérément décidé de ne pas modifier nos positions depuis quelques semaines malgré les tensions croissantes au sujet de la Grèce.  Et ce, pour 2 raisons : Avec toutes ces mauvaises nouvelles, le recul du marché a été limité à 10% par rapport à ses plus hauts récents, ce qui traduisait un signe de vigueur.  Autre signe de capacité de résistance : l’excellente tenue des petites et moyennes entreprises. D’habitude lorsque le marché est incertain le  segment des petites et moyennes valeurs recule plus que celui des grandes valeurs. Depuis avril il n’en n’a rien été : les investisseurs ne voulaient pas vendre des valeurs en train de se redresser sur le plan des résultats.

Justement, dorénavant ce qui va primer est ce que nous appelons "la micro" c’est-à-dire les nouvelles provenant des entreprises. Si l’on en juge par les discours et en regardant quelques grands paramètres tels les taux, le niveau de l’Euro ou celui des matières premières, on peut s’attendre à ce que les résultats des entreprises européennes soient en net progrès par rapport à l’an passé.

Même si beaucoup d’aspects de la situation grecque ne sont pas réglé sur le fond, le marché considère que l’incertitude lié à  un éventuel Grexit est éloignée.  Il ne reste plus que l’aspect "dettes" à régler….on connaît le montant maximum de pertes que pourraient subir les créanciers.  Par conséquent, c’est une situation que l’on retrouve fréquemment sur les marchés : les investisseurs préfèrent une situation claire avec au pire une perte à prendre à des incertitudes prolongées !

Autre cas d’école : la situation du marché du pétrole suite à l’accord sur le nucléaire iranien. Beaucoup d’études sont sorties indiquant avec certitude que le pétrole allait reprendre le chemin de la baisse pour une longue période.

Ce n’est pas notre avis.

En effet, l’accord finalement signé cette semaine avec l’Iran est tout sauf une surprise et le pétrole a déjà fortement baissé depuis les points hauts de l’été 2014 : 100 dollars le baril à l’époque… 52 dollars maintenant.

Nous attendons, pour notre part, une exagération du marché pour reprendre des positions sur des valeurs pétrolières pour profiter de cours que nous trouvons trop bas s’ils venaient à passer sous les 50 dollars le baril.  En effet nous restons persuadés la croissance mondiale devrait rester au-dessus des 3% tirée par les pays développés… la consommation de pétrole devrait donc continuer de progresser à moyen-terme, ce qui devrait empêcher une trop fortebaisse des cours.

Par ailleurs l’ouverture du marché Iranien va offrir un potentiel de débouchés à de nombreuses entreprises : Total en premier lieu qui était un partenaire historique de l’Iran avant les sanctions mais aussi des entreprises de consommation comme dans l’automobile (sur toute la chaine de valeur, en partant des équipementiers jusqu’au constructeur comme Peugeot) dans l’électroménager avec Seb ou dans l’agro-alimentaire avec des entreprises comme Danone.

La construction aéronautique pourrait également à un peu plus long terme bénéficier de l’ouverture du marché Iranien, Airbus en tête !

Ces dernières semaines auront une fois encore montré que les agitations à court-terme, les commentaires extrêmes ou les conclusions hâtives suite à un événement largement anticipé par les marchés doivent être absolument analysés avec circonspection et en gardant une optique longue pour choisir ses investissements.

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