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©Odd ANDERSEN / AFP

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Clubhouse : faut-il s’inquiéter pour la sécurité de vos données sur l’appli qui fait tourner les têtes ?

Le réseau social vocal fait beaucoup parler de lui, mais des failles de sécurité pourrait porter les discussions dans les rooms sur le réseau lui même.

Anthony Poncier

Anthony Poncier

Anthony Poncier est Docteur en Histoire, membre du collectif Réenchanter Internet et expert en transformation digitale et en stratégies collaboratives. En cette qualité, il accompagne les entreprises dans la conception de leurs stratégies médias sociaux, ainsi que dans la création de leurs réseaux internes.

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Atlantico.fr : Clubhouse a été pointé du doigt pour sa faible sécurité. Est-ce une réalité ? 

Anthony Poncier : Au-delà de la question de sécurité, c’est surtout celle de la vie privée qui pose problème. Une partie des données de connexion sur Clubhouse est hébergée en Chine, mais surtout Clubhouse va à l’encontre de ce que demande le RGPD. En Europe, cela pourrait poser un problème à un moment ou à un autre et des plaintes peuvent être déposées. 

Il faut savoir que les conversations sont enregistrées sur Clubhouse. Ainsi, les équipes de modération accèdent aux conversations s’il y a un problème dans une room. Cela leur permet de vérifier si quelque chose va à l’encontre des règles d’usage sur Clubhouse pour pouvoir intervenir et potentiellement bannir du réseau les contrevenants. Dans les faits, l’enregistrement de conversation même si elles ne sont pas partagées peut être problématique. Un certain nombre de chose dans la façon dont fonctionne Clubhouse n’est donc pas conforme avec le RGPD. 

Il y a eu quelques questions de sécurité posées par une association américaine. Clubhouse dit avoir résolu les problèmes pointés par ce rapport autour de questions de cryptage entre autre. D’un point de vu sécurisation, Clubhouse assure avoir fait le travail, mais sur la question de vie privée et données oui il y a encore des choses à accomplir. L’application a le défaut de sa jeunesse. 

Atlantico.fr : À terme ces questions peuvent-elles poser un problème à son développement ? 

Anthony Poncier : Lorsque Clubhouse a ouvert en Chine, il y a eu des discussions sur ce qu’il s’était passé à Tian’anmen et autres sujets interdits là bas. Une semaine après, ils ont été fermés. Cela n’aura pas duré longtemps… Suite à cela, un clone identique est né en Chine, mais sous contrôle, mais certains chinois se connectent via VPN et contournent le grand firewall. 

Si Clubhouse n’est pas dans les clous duRGPD, les instances nationales peuvent être saisies et demander à régler le problème sous forme d’amende, s’il n’y a pas de réaction de leur part. La seconde étape peut aussi être le bannissement. De nombreux sites ne respectant pas le RGPD ne sont plus accessibles depuis l’Europe. À terme cela peut donc être un problème pour le développement de Clubhouse. 

Atlantico.fr : Comment cela va-t-il évoluer pour l’utilisateur ? 

Anthony Poncier : Des conditions générales doivent être validées pour l’utilisateur et à terme il va falloir qu’elles respectent le RGPD. Pour leur développement, il semble peu probable qu’ils aient envie de se passer d’un marché comme l’Europe. Le RGPD peut donc les obliger à réagir et à s’aligner. 

Clubhouse a été monté comme un lieu safe, qui a accueilli le mouvement Black Lives Matter. Toutes les semaines une discussion se fait avec les utilisateurs et les fondateurs, où ils répondent aux questions et annoncent ce qui va évoluer sur la plateforme. C’est quelque chose d’assez rare, pour être souligné, car cela n’est pas courant sur les médias sociaux. 

Un autre point important est la voix. Les discussions par enregistrements vocaux sont quelque chose de nouveau et il y a un peu plus de marge à ce propos, mais cela ne va pas durer éternellement. Les utilisateurs ne comprendraient pas que grâce à la nouveauté Clubhouse puisse se soustraire aux règles. Cela fait un an qu’ils existent et ils sont encore « dépassé par leur succès ». 

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