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Des journalistes sont postés devant la maison de Dominique Strauss Kahn.
Des journalistes sont postés devant la maison de Dominique Strauss Kahn.
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Affaire DSK : le ping-pong transatlantique

Divergences médiatiques entre la France et les Etats-Unis. Les scandales dénoncés dans le traitement réservé à Dominique Strauss Kahn ne sont pas les mêmes.

Depuis le début de l'affaire Strauss-Kahn, deux visions s'affrontent. Celles de la presse américaine, qui, en gros, défend son système judiciaire, et celle de la presse française qui s'étonne de la rapidité de l'arrestation de DSK, et du traitement que lui ont réservé certains médias américains.

"Pas d'excuses à propos de DSK" titre un article du site The Daily Beast. "Tout d'un coup nous devrions nous frapper la poitrine à propos du cas DSK. Nous sommes supposés nous excuser" écrit Peter Beinart qui rappelle que le témoignage de la femme de chambre a commencé par émouvoir toute la presse, y compris le New York Times, détails à l'appui. Puis il souligne que DSK était dans l'avion vers un pays qui n'extrade pas, la police l'a donc arrêté. Il n'y avait pas d'autre option.

En fait, il y avait une autre option ajoute The Daily Beast : laisser partir un des hommes les plus puissants du monde, éventuel futur président d'un pays allié des USA, accusé par une noire immigrante, musulmane, à qui il aurait fallu dire de se taire ? Pour l'auteur, ce qui s'est passé le 14 mai, c'est simplement un exemple de l'égalité de tous devant la loi.

Beinart souligne que les quotidiens tabloïds ont fait leur travail habituel en s'en prenant à un homme à terre de manière sensationnaliste et vulgaire. Mais il constate aussi que c'est l'accusation qui a révélé le manque de crédibilité de l'accusatrice sur certains points.

Voir tout cela comme une mauvaise opération d'image pour les Etats-Unis lui paraît erroné. A ses yeux, les nationalistes français, particulièrement les hommes, qui croient qu'attaquer DSK, c'est attaquer l'honneur de leur pays ont tort.  Et il conclut, presque lyrique :"Une femme noire pauvre dit qu'un riche blanc a abusé d'elle, les policiers et le procureur l'ont crue, je n'y vois aucune raison de s'excuser".

Même tonalité pour Joe Nocera dans une tribune du New York Times : "Le procureur a fait ce qu'il fallait faire." en évoquant la présence de taches de sperme sur les vêtements de l'accusatrice. Nocera ajoute que c'est la France, le pays de DSK qui a aidé Polanski à échapper à la justice américaine. Et il conclut "Si DSK n'a eu qu'à marcher avec des menottes, et passer quelques jours en prison à Rikers, plus quelques titres de journaux désagréables, on ne va pas pleurer."

Mais sur le même site The Daily Beast, BHL persiste et signe (après avoir vigoureusement, et maladroitement aux yeux de certains, défendu DSK), en énonçant les cinq leçons qu'il faut tirer de cette affaire à son avis. Il dénonce d'abord "La cannibalisation de la justice" par l'image tout en reconnaissant que ce n'est pas seulement un phénomène américain. BHL s'en prend à une de ces images, celle des femmes de ménage criant "Honte à vous" à l'entrée du tribunal, sans oublier la sortie du commissariat de DSK menotté, largement diffusée en France.

Dans le Guardian, une tribune concilie peut-être deux points de vue antagonistes : l'auteur estime que l'affaire DSK met en lumière certains aspects troublants de la société française et et de la justice américaine. Mais il remarque aussi, au passage, que les hommes de pouvoir, où qu'ils soient, sont prévenus.

Au delà de ces positions de matamore, on s'interroge des deux côtés de l'Atlantique. En France sur le machisme des politiques, aux Etats-Unis sur le bien fondé du "perp walk", ce défilé du menotté sous l’œil des caméras comme le signale une dépêche de l'agence Reuters.

L'affaire DSK n'est pas terminée, mais il en sortira peut-être quelque chose de positif.

G.K.

Lu sur The Daily Beast

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