Affaire Adrien Quatennens : Jean-Luc Mélenchon est-il vraiment féministe ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
La France insoumise est confrontée aux révélations dans l'affaire Adrien Quatennens en cette rentrée politique d'octobre 2022.
La France insoumise est confrontée aux révélations dans l'affaire Adrien Quatennens en cette rentrée politique d'octobre 2022.
©FRANCOIS LO PRESTI / AFP

La France insoumise

Affaire Adrien Quatennens : Jean-Luc Mélenchon est-il vraiment féministe ?

Le parti de Jean-Luc Mélenchon est dans la tourmente depuis les révélations de l’affaire Adrien Quatennens et après les accusations envers Eric Coquerel. Le sujet des violences faites aux femmes fragilise et divise au sein de La France insoumise. Selon des informations de Marianne, les représentants LFI et les militants commencent à douter des positions de Jean-Luc Mélenchon et de sa vision du féminisme.

Avant la rentrée parlementaire de ce lundi 3 octobre, le mois de septembre aura été marquée par des révélations dans la presse sur des soupçons de violences conjugales et de pression psychologiques exercées par des membres de la NUPES, de La France insoumise et des Verts. Les affaires Adrien Quatennens et Julien Bayou ainsi que les déclarations de Sandrine Rousseau font couler beaucoup d’encre et suscitent des divisions internes. Selon des informations de Marianne, des membres de LFI et des sympathisants doutent de plus en plus des positions de Jean-Luc Mélenchon sur ces enjeux et de sa vision du féminisme.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon est dans la tourmente depuis les révélations de l’affaire Adrien Quatennens et après les accusations envers Eric Coquerel. Le sujet des violences faites aux femmes fragilise la gauche en cette rentrée politique.

D’un point de vue personnel, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais souhaité parler de sa vie privée comme le confirme sa fille, Maryline, auprès de Marianne :

« Mon père ne veut pas parler de sa vie privée. Ma mère encore moins ».

Depuis qu’il fait de la politique, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais évoqué les femmes de sa vie.

Jean-Luc Mélenchon avait fait une exception en 2016 dans le cadre de l’émission de Karine Lemarchand, « Une ambition intime », sur M6. Le leader de La France insoumise avait alors confié :

« J’appartiens à une culture où on ne parle pas de soi. Cela ne se fait pas. Et, si on parle de soi, on ne parle pas des siens ».

La protection de sa vie privée est d’abord une forme de protection politique, selon Marianne.

Il y a quelques années, Jean-Luc Mélenchon avait été interrogé par la rédaction du magazine Elle sur le féminisme et le machisme en France :

« Le patriarcat touche tous les pays et toutes les familles. Il n’est pas réservé à certains quartiers. C’est un produit culturel. Je fais partie de ceux qui sont tombés de l’arbre quand on m’a annoncé le nombre de femmes battues à mort. Je me suis demandé pourquoi, il ne me viendrait jamais à l’idée de lever la main sur une femme. Je pense que ça doit tenir à l’éducation que j’ai reçue et en particulier celle que m’a donnée ma mère ».

A l’occasion de cet entretien, il avait donné sa vision du féminisme :

« C’est la vieille formule de Condorcet : ou tous les êtres humains ont les mêmes droits, ou personne n’en a aucun en particulier. Le droit de base pour un partisan des droits de l’Homme, c’est le droit de disposer de soi, de sortir de la main du maître. Cette émancipation, elle est sociale, elle est culturelle, elle est humaine mais, le point de départ et le point d’arriver c’est de se rendre maître de soi-même. Une aptitude ne peut pas devenir un destin, mais une inaptitude non plus. L’aptitude à engendrer n’est pas un destin ni une identité. L’événement de ma vie a été la rencontre avec Colette Audry, [Militante socialiste, auteure, fondatrice du Mouvement démocratique féminin], qui m’a expliqué comment on arrive à articuler universalisme, paritarisme et bataille pour les droits des femmes. Avant elle, je pensais que c’était une lutte de plus. Je ne me rendais pas compte qu’il y a un certain maniement de l’universalisme qui, niant le patriarcat en tant que structure antérieure à la société politique, ne le voit pas et du coup le cache et donc peut le protéger ».

Marianne

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !