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©Mauro PIMENTEL / AFP

Bonnes feuilles

Voyage au pays de Bolsonaro : la violence endémique de la société brésilienne au coeur des favelas

Virginie Jacoberger-Lavoué publie "Brésil, voyage au pays de Bolsonaro" aux éditions du Rocher. Malgré la gestion désastreuse de la crise sanitaire liée à l'épidémie de la Covid-19, des inégalités aggravées par une économie qui patine, un chômage qui grimpe, l'escalade de la déforestation, la popularité de Jair Bolsonaro ne faiblit pas. Quel est donc le mystère Bolsonaro ? Cette vaste enquête plonge dans les coulisses du pouvoir. Extrait 2/2.

Virginie  Jacoberger-Lavoué

Virginie Jacoberger-Lavoué

Journaliste, Virginie Jacoberger-Lavoué a commencé sa carrière par le reportage de guerre en Afghanistan. Rédactrice en chef (Art de vivre) chez Valeurs Actuelles, elle couvre l'actualité politique du Brésil depuis dix ans. Elle a signé en 2016 Ils sont fous, ces Brésiliens !

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Balles perdues ou bavures. Tomber au champ des balles du crime organisé ou des milices corrompues, les Brésiliens des favelas vivent entre ces deux feux. Cette peur latente les accompagne, pas une journée, pas un mois, pas une ou plusieurs années, mais une vie. Dans certains quartiers hors la loi, la peur est permanente, similaire à celle de la population civile en zones de guerre. À Rio de Janeiro, « bande de Gaza » est le nom qui a été donné il y a des années à la ligne de démarcation entre deux zones contrôlées par des gangs rivaux connus pour leur ultra-violence. Les favelas de la zone Nord paupérisée sont redevenues des villes dans la ville contrôlées par les trafiquants. Les hommes qui tombent le corps criblé de balles sont généralement des dealers. Mais parmi les gens qui meurent sous le coup des balles dans les favelas de Rio comme dans celles de São Paulo ou Salvador, il y a des enfants, beaucoup d’enfants, trop d’enfants, tels en 2020 Maria-Vittoria, 8 ans, Katia, 11 ans, ou Joao Pedro, ado noir de 14 ans. Le 18 mai 2020, cet adolescent qui a le même âge que Matheus lorsque nous l’avons rencontré, a été tué lors d’une opération de la police fédérale dans sa favela ; abattu à l’arme automatique dans la maison de son grand-père. Poursuivant des trafiquants, des agents de la police fédérale y étaient intervenus avec des agents d’élite de la police civile à Sao Gonçalo, banlieue pauvre et violente de Rio de Janeiro. Selon les proches de l’adolescent, tous ont fait irruption dans la maison du grand-père où Joao Pedro Mattos Pinto se trouvait avec ses cousins. Plus de soixantedix impacts de balles ont été retrouvés dans la maison sur les murs, les meubles, le frigidaire. La police a assuré plus tard avoir pris en charge immédiatement Joao Pedro, blessé grièvement au thorax, et avoir tenté de le secourir aussitôt en le faisant transporter en hélicoptère médical. La famille n’a pas été alertée. Elle n’a été tenue informée de rien. Ses voisins ne se souviennent pas du vrombissement d’un hélicoptère ce soir-là ; mais ils ont peur, ils ne diront rien. La famille de l’adolescent a fait le tour des hôpitaux, elle n’a retrouvé son corps que 17 heures plus tard, à la morgue d’un des établissements. « J’aimerais que l’on amène ici les électeurs de Bolsonaro et de Witzel (gouverneur de Rio) qui ne se disent pas floués par leur vote; nous, nous vivons depuis toujours au cœur du danger, mais maintenant, c’est l’escalade », dit un habitant de la favela qui a participé à une manifestation contre ces incursions meurtrières impliquant de plus en plus de civils sans rapport avec les trafics. Parfois le danger vient du ciel, la police intervient en hélicoptère et « quand elle pense être au-dessus d’un nid de trafiquants, elle lance des grenades ».

A favela nao se cala (« la favela ne se tait pas ») est un mouvement créé pour dénoncer la violence policière qui ne fait aujourd’hui pas dans la demi-mesure, et évoque « un génocide du peuple noir » dont l’opinion publique doit prendre conscience, selon elle.

En juin 2020, les habitants de São Paulo étaient sortis dans la rue pour demander « justice pour Guilherme », un ado de 15 ans de la favela d’Americanopolis, qui ne ressemble en rien à l’Amérique hors la profusion des armes à feu, et encore moins au rêve américain. Guilherme, ado sans histoire, au lieu d’être protégé par les forces de l’ordre a été tué par un policier depuis arrêté. Le corps de Guilherme avait été jeté comme un sac-poubelle dans une rue sans passage, sans même une couverture dessus. Un gamin mort pour rien, sinon sans doute le refus du racket; une enquête a été ouverte. Aboutira-t-elle? On peut l’espérer. On peut aussi en douter.

Les favelas, les villes de banlieues pauvres sont des lieux abandonnés par l’État. Dans certaines zones contrôlées par les gangs, la police ne rentre pas autrement qu’en déclenchant une hécatombe de part et d’autre. Dans les zones de non-droit, les souvent très jeunes caïds règnent et font comprendre à tous qu’il faut les éviter, raser les murs et ne pas s’incruster. De passage dans la communauté Pereira da Silva, pour voir le projet artistique Morrinho, on a croisé un jour, dans une partie sous tension de la favela où ne passait âme qui vive, des guetteurs d’un gang qu’il ne fallait pas trop chatouiller. Puis deux trafiquants accomplis qui n’étaient que deux gamins travaillant dans un passage de la chaussée. Ils étaient bien installés devant l’entrée d’une maison aux volets fermés, assis côte à côte, derrière une vulgaire table de camping en plexi orange; sur celle-ci était exposé un gros sac rempli de doses de cocaïne ou crack. Ils avaient deux revolvers devant eux et l’un d’eux avait la main posée sur la crosse. Nous étions deux femmes journalistes et un habitant de la favela qui nous avait recommandé de passer vite. Ils rigolaient, conscients de la peur qu’ils inspiraient. L’un d’eux, le seul que l’on osa regarder furtivement car il n’avait pas sa main sur l’arme, nous a laissé la même impression à toutes les deux. Il avait le regard froid et perçant, et en même temps une façon de regarder désabusée comme s’il savait que sa vie serait courte, sans doute même très courte.

En 2019, cinq personnes ont été tuées chaque jour par la police nationale. À l’échelle nationale, cette année-là, la police a tué six fois plus qu’aux États-Unis, majoritairement des Noirs. « Ce qui émane de la violence policière au Brésil, c’est une manière d’opérer où certaines vies ont plus de valeur que d’autres. Certains citoyens n’ont en outre absolument aucune protection, quelles que soient les circonstances », note Ilona Szabo, directrice exécutive de l’institut Igaparé, à Rio de Janeiro, que nous avions également rencontrée en Suisse, à Davos, lors du World Economica Forum. Elle a animé sur place, en 2019, une conférence avec Sergio Moro, ex-ministre et surtout ex-juge anti-corruption. L’experte brésilienne, reconnue pour ses compétences et des études chiffrées rares sur la question sécuritaire, devait être nommée collaboratrice de Moro. La rumeur de sa candidature a déclenché un tel torrent d’insultes, y compris sexistes, des pro-Bolsonaro que sa nomination n’a pas vu le jour. Que lui reprochait-on? Un engagement politique? Plutôt juste quelques prises de parole sur l’injustice, l’inégalité au Brésil. « Le problème au Brésil, c’est une violence endémique qui s’est accrue, des caïds qui en deux générations n’ont plus aucun code d’honneur; alors les affrontements dérapent tout le temps. Statistiquement, les Noirs sont parmi les plus pauvres; qu’ils soient surreprésentés parmi les criminels est une réalité, pas seulement un stéréotype; mais dès que l’on dit cela, on passe pour un raciste », explique un professeur d’économie universitaire à Rio de Janeiro qui ne souhaite pas être cité. Les Brésiliens plébiscitent plus de sécurité, pas moins, y compris dans les favelas où ceux qui manifestent veulent seulement éviter la double peine, la criminalité et les bavures policières ou des milices corrompues, surtout reconnues à l’international depuis la sortie en 2007 du film à succès ultra-violent Tropa de Elite de José Padilha. Ce long-métrage montre très bien la problématique de la lutte sans fin contre les trafiquants du BOPE (Bataillon des opérations spéciales de la police) et leurs dérives, comme l’ont fait quelques enquêtes de la presse écrite, mais peu de documentaires filmés. On racontait à Rio, avant le mouvement de la « pacification » des favelas, qu’un journaliste brésilien avait tenté de l’infiltrer et qu’il avait craqué en moins de vingt-quatre heures. Comme toutes les histoires concernant le BOPE, c’est invérifiable. « Si on se réfère à la période avant son élection, on constate qu’à un moment donné, les provocations de Jair Bolsonaro sont devenues un atout. Être politiquement incorrect le distinguait des autres. À ceci s’est ajouté le rejet de la corruption, au point qu’il est apparu comme un chevalier blanc. Et puis Jair Bolsonaro a compris qu’un discours fortement sécuritaire correspondait aux attentes des Brésiliens au-delà de leurs convictions politiques, qu’ils soient riches ou pauvres », analyse Matias Spektor, professeur associé à la Fondation Getúlio Vargas.

À Rio, les policiers ont la gâchette facile avec l’assentiment du nouveau gouverneur Witzel qui, sur ce terrain, a été bien plus incisif que le président. En avril 2020, les forces de l’ordre y ont tué 117 individus, soit une augmentation de 43 % par rapport à l’année précédente.

Le 15 mai 2020, ce sont 13 personnes du complexo do Alemao (plus de 70 000 habitants) à Rio qui ont été abattues en une opération de police; et celle-ci a expliqué qu’elle avait des criminels en chasse sans répondre sur l’implication des personnes supprimées. Trois jours après, il y eut l’attaque qui enleva la vie à Joao Pedro et la colère gronda tant que le gouverneur Witzel fit une déclaration pour annoncer qu’il « regrettait profondément son décès ». Au Brésil, histoire d’une bavure ordinaire.

Selon l’Institut de sécurité publique du gouvernement de Rio, lors d’opérations policières, 588 personnes ont été tuées entre janvier et avril, une hausse 19% par rapport à l’année précédente; un record depuis 1998.

« Arrêtez de nous tuer » ont scandé des manifestants, dénonçant les violences policières à Ipanema en juin 2020 alors que des manifestants pro-Bolsonaro réclamaient, à seulement quelques centaines de mètres, plus d’ordre, plus de sécurité; voilà bien une image qui témoigne d’un Brésil qui n’a jamais autant paru divisé et irréconciliable. Cela laissera des séquelles au-delà même de la gestion de la crise de la Covid-19 par un président qui s’en est tenu au laisser-faire, hors quelques mesures telle la campagne nationale pour la vaccination contre la grippe menée dans tout le pays au début de l’épidémie.

Selon plusieurs organisations locales, la police brésilienne serait la plus meurtrière au monde; mais le classement est-il si clairement établi? Quid d’Haïti, du Yemen, de l’Angola ? Disons qu’assurément le Brésil fait partie de la top list des pays qui ont un problème avec l’ultra-violence depuis des décennies et qui, faute de moyens financiers, a une police qui vire bien souvent en milices corrompues pratiquant le racket comme parfois des viols en toute impunité.

Il n’empêche que, derrière les électeurs de Jair Bolsonaro, il y a des Brésiliens motivés par un vote sécuritaire de toutes les classes sociales, chez les très riches ainsi que dans la classe moyenne et chez les plus exposés, les pauvres qui se disent au quotidien « otages des trafiquants ». Ce ne sont pas que les hauts quartiers qui ont voté en 2018 pour Bolsonaro avec le sentiment de vivre toujours plus en danger. Le vote massif dans certaines grandes favelas ne s’explique pas seulement par le prêche sur place des évangéliques donnant des consignes de vote. Celles-ci ont été suivies en raison du mécontentement qui y était grand et de la peur vécue au quotidien. Dans une gigantesque « communauté » tel que le complexo do Alemao, treize favelas rassemblant 80 000 habitants à Rio, le vote en 2018 est allé à 55% à Bolsonaro. « Quand vous vivez la violence au quotidien, vous n’avez pas de problème à céder à la tentation autoritaire. Le problème du racisme, de l’inégalité existait déjà de manière exacerbée au Brésil avant Bolsonaro et je crains qu’il existe après », estime Paola, une habitante.

Pour lutter contre les réseaux de la criminalité efficacement, il faudrait bien davantage de vastes opérations qui ne ressemblent pas à un carnage, et des moyens alloués à une police de proximité bien rémunérée pour éviter ces dérapages. Globalement, les chiffres de l’insécurité ont baissé sensiblement depuis 2018 au Brésil, soit avant l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro et avant même la prise de fonction du gouverneur ultra-conservateur de Rio de Janeiro, Wilson Witzel, visé depuis le 28 août 2020 par une procédure de destitution pour corruption et qui crie au complot. Adoubé par Bolsonaro, il est en froid avec le président depuis qu’il s’est déclaré candidat à l’élection de 2022. Élu en 2018 sur la promesse d’en finir avec la délinquance, il est soupçonné d’avoir détourné, en participant au blanchiment avec son entourage, plus de 100 000 euros. Dans les favelas, Witzel a encouragé les policiers à « viser la tête des trafiquants », mais le bilan du gouverneur est lourd en bavures et « balles dans le dos »; après le record de 558 tués par la police entre janvier et avril 2019, les habitants ont multiplié les manifestations contre les violences policières, avec la participation d’un certain nombre de cariocas partisans précédemment d’une « manière forte » pour assurer la paix.

2017 fut une année de guerre effroyable entre gangs qui n’ont pas dit leurs derniers mots. Ceux-ci ont repris du terrain dans les favelas et la périphérie pauvre; les routes de certains États qui sont des passages des trafiquants sont aussi des zones à forts risques. La guerre contre le narcotrafic est en échec depuis des décennies. Ce combat n’a absolument pas été gagné par le gouvernement Bolsonaro, même si des opérations policières d’envergure ont été multipliées, et des saisies de drogue plus importantes ont été orchestrées à la fin août 2020.

Toutes les vingt-trois minutes, un Brésilien noir est tué dans le pays. Ce qui fait dire à certaines organisations telle que A favela nao sa cala que 77% des homicides concernent les Noirs; mais il faut nuancer ces chiffres, qui ne sont pas seulement le fait de la police : l’étude porte sur tous les assassinats. Pour beaucoup, sur le volet sécuritaire, l’annonce d’un assouplissement du port d’arme a été un fait marquant. Quelles en sont les conséquences? On le mesurera lorsque les études menées par plusieurs instituts en 2020 seront révélées.

Bolsonaro a promis une guerre contre les trafiquants, mais le bilan est en août 2020 maigre; il est encore difficile de juger de l’action dans ce domaine où les effets d’annonce ont été nombreux.

Cette guerre ne se joue pas à armes égales et la stratégie d’un maillage des favelas qui fut opéré avec une vraie stratégie et des moyens d’action considérables avant les Jeux olympiques de 2016, et fut relativement efficace sur le court terme, est très différente des opérations menées depuis 2018. Faute d’encadrement et de moyens, la recrudescence des violences policières inquiète autant les riverains de zones sensibles que les règlements de compte entre gangs.

Sur les murs des favelas figurent souvent les sigles des gangs les plus violents et puissants : le CV de Commando Vermelho (commando rouge) et TCP pour Terceiro Comando Puro, dit commando pur.

Leur combativité à toute épreuve, la force de leur réseau, on ne les voit pas amoindries dans le Brésil de Bolsonaro.

Le 26 août 2020, les trafiquants mènent une opération phénoménale pour tenter d’envahir à Rio de Janeiro le complexo Sao Carlos, s’étendant sur plusieurs collines, impliquant les criminels de dix favelas! La police n’en revenait pas d’une telle prise d’assaut et était dépassée par l’ampleur de la mobilisation et de la forte mobilité des gangs. Pendant vingt-quatre heures, le complexo situé dans la région centrale de Rio fut le théâtre de toutes les violences, fusillades, invasions avec prise d’otages d’une famille dans un quartier résidentiel, enlèvements… Les criminels viennent des favelas de Rocinha, Nova Hollanda dans le complexo da Maré, complexo do Alemao, complexo da Penha, Pavão-Pavaozinho, Moro da Providencia… Peur sur la ville.

Pour trouver de la drogue, pas besoin bien sûr de se rendre dans les favelas, elle circule dans les beaux quartiers, elle pullule chez les artistes et les politiques, comme partout dans le monde; sauf qu’ici au Brésil, on s’inscrit toujours sous le signe du gigantisme. Pour trouver 39 kg de cocaïne emballée dans 37 paquets, on peut même rester dans l’entourage présidentiel ! C’est la drogue qui a été saisie dans l’avion de l’équipe de Bolsonaro, dans les bagages d’un militaire! C’était le 26 juin 2019… La prise a été faite dans un avion de réserve qui devançait l’avion du président lors d’un voyage au Japon. Tout se passait bien. Jair Bolsonaro était en route pour Osaka au Japon où se déroulait le G20. Il est d’excellente humeur, pas tant pour les perspectives de la tenue du sommet que pour la destination attendue. Le président est un grand admirateur du Japon et de la Corée où il s’était rendu juste avant sa campagne présidentielle. Un arrêt technique est prévu en Espagne, à Séville. C’est là que les choses se gâtent. Parmi les bagages des vingt soldats des forces aériennes, la douane fait une découverte stupéfiante : il y a, dans une des valises, 39 kg de cocaïne! Ce stock de drogue n’a même pas été dissimulé dans le bagage, ce sont là trente-sept paquets de poudre! Un sergent de 38 ans qui n’en est pas à son premier voyage présidentiel, est écroué. L’affaire fait scandale. Jair Bolsonaro est obligé d’intervenir pour dénoncer la brebis galeuse. « Il sera jugé selon la loi », déclare-t-il. « C’est une mule! » dénonce le vice-président Mourão, en rappelant l’incroyable quantité de drogue saisie. Dans les archives de la diplomatie brésilienne, la « mule » du gouvernement Bolsonaro reste un épisode trébuchant.

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Extrait du livre de Virginie Jacoberger-Lavoué, « Brésil, voyage au pays de Bolsonaro » publié aux éditions du Rocher.

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