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Le bleu est un reflet de la lumière.
Le bleu est un reflet de la lumière.
©Wikimedia Commons

Lumière trompeuse

Vous croyez que ces animaux sont bleus ? Ca n’est pas le cas et voilà pourquoi

La couleur bleue n'existe pas naturellement chez la plupart des animaux. Ils ont trouvé une parade grâce à un effet d'optique.

De quelles couleurs sont les plumes du  paon ? Bleues, vertes ? Non, tout simplement brunes. Pour tromper son monde, cet animal utilise un stratagème issu de millions d'années d'évolution. Il s'agit d'une surface microscopique sur ses plumes, appelée couleur structurelle. En s'y réfléchissant, la lumière naturelle lui donne la couleur bleue. En fait, le bleu est très difficile à produire chez les animaux, comme l'explique une récente étude d'Andrew  Parker, biologiste au musée d'histoire naturelle de Londres.  

L'histoire remonte à 600 millions d'années. A l'époque, les animaux ne perçoivent pas encore les couleurs. L'un deux va développer des yeux capables de percevoir les premières nuances et la couleur va devenir primordiale. Pour se cacher ou  pour alerter, le rouge ou le jaune vont apparaitre. Pour y parvenir, les animaux vont puiser dans des pigments naturellement présents dans la nature. Par exemple, le flamant rose se nourrit d'algues et de petits crustacés riches en caroténoïdes. Ainsi de gris à la naissance, il obtient rapidement sa couleur définitive de rose-orange.

Les variantes de rouge ou de jaune s'acquièrent facilement par la nutrition. On parle alors de couleurs pigmentaires. Evidemment, le phénomène n'est pas universel. Une personne au teint pâle pourra garder une peau claire, même gavée de carotène. En revanche, les pigments se retrouveront probablement ailleurs, par exemple dans les excréments. Mais chez de nombreux animaux, le résultat est spectaculaire.

En revanche, certaines couleurs comme le bleu résistent totalement à ce processus naturel. "Inutile de donner des bleuets à un flamant rose, il ne deviendra pas bleu pour autant" explique Sara Hallager, biologiste au parc zoologique de Washington, interrogée par  la radio américaine NPR. La raison de cette résistance au bleu est encore un mystère. Alors comment expliquer les couleurs vives des perroquets ou du paon ?



Les animaux ont trouvé une parade. Plutôt que de produire cette couleur par des pigments naturels, ils vont se doter d'une surface très fine qui réfléchit la lumière naturelle pour faire apparaître le bleu. Il s'agit donc d'une couleur structurelle. L'intensité va ainsi varier en fonction de la lumière et de son orientation. Plusieurs animaux ont réussi à créer cette variation sans pour autant utiliser exactement le même procédé. Par exemple, le papillon bleu de Singapour a une pellicule poudreuse sur les ailes. Il suffit de froisser les ailes pour faire tomber cette poudre. Elles redeviennent grises. "La poudre que l'on a sur les doigts n'est pas du pigment", explique l'entomologiste Mathieu Joron au Figaro. "Mais un empilement très structuré d'écailles minuscules  à la fois creuses, cylindriques et striées, qui diffracte la lumière."

Cette capacité à tricher pour faire apparaitre le bleu a permis aussi la création d'une nouvelle couleur : le vert. Là aussi, pas facile de produire une telle variation. Il faut donc mélanger les nuances.  Ainsi, la couleuvre verte a mêlé le bleu, couleur artificielle, à des pigments jaunes naturels. Quand il meurt, le jaune disparait doucement tandis que le bleu persiste. Le serpent prend donc une couleur bleutée.
De cette façon, les animaux ont réussi à obtenir tout un nuancier de couleurs, ce qui n' a pas fini de fasciner les chercheurs.



Les scientifiques se penchent désormais sur ce processus incroyable avec des applications au niveau nano (infiniment petit). D'abord dans le domaine du maquillage qui peut, par exemple, donner du relief et du brillant à un rouge à lèvres. Ou encore proposer des couleurs pour cheveux sans utiliser de pigments. Surtout, les variations complexes de ses couleurs structurelles pourraient représenter une méthode anti-contrefaçon pour les billets de banque ou pour les cartes de crédit qui deviendrait pratiquement infalsifiables. Pour obtenir ce résultat, il s'agirait d'alterner des couches d'alumine et d'oxydes de titane pour obtenir un résultat similaire à une couleur structurelle. De très faibles modifications dans le la production de ces nanotechnologies changeraient irrémédiablement la couleur de l'antivol et se verraient immédiatement. La recherche avance mais il faudra encore de nombreuses années avant d'arriver à la complexité d'une simple aile de papillon.

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